‹ Le cabinet noir: Louis XVII, Napoléon, Marie-LouiseChapitre 22 sur 58 · BUREAU PARTICULIER · texte numérisé non relu

BUREAU PARTICULIER

No 3945 Monsieur le Directeur général,

Conformément à la lettre que vous m*avcz fait l'honneur de m'écrire le 15 avril dernier, en réponse à celle que je vous avais adressée le 5 dudit, je me suis abstenu de répondre aux communications du sieur Antinori.

Je reçois de lui une nouvelle lettre dont je m'empresse de vous adresser ci joint copie.

S. A. R. MK'f le duc d'Angoulême n'était plus à Lyon lorsque cette lettre m'est parvenue.

D'après vos instructions, je ne fais aucune réponse au sieur Antinori.

Toutefois, comme ces éveils qu'il donne ont quelque coïncidence avec divers rapports qui parviennent de plusieurs points, je suis attentivement sur mes gardes pour déjouer les tentatives de la malveillance.

Je suis, etc., etc.

PERMON

Pièce jointe,

Lausanne, le 8 mai 1820.

A Monsieur de Perhon.

Votre silence, Monsieur, après ma lettre du 4 avril, devrait me dispenser de vous écrire encore une fois; mais mes sentiments qui vous sont connus, et l'importance extrême d'une chose qui peut avoir les plus funestes conséquences pour votre tranquillité, me donnent la conviction que les révélations que Je pourrais faire directement à Son Altesse Royale

Monseigneur le duc d*Angouléme à son passage par Lyoo, ou ailleurs, s'il veut m'accorder Thonneur de m'admeltre en sa présence, lui seraient non seulement utiles, mais j'ose dire indispensables à la sûreté de son royaume et à la gloire et au bonheur de son auguste famille.

Je vous prie donc, Monsieur, de me faire connaître si Son Altesse Royale agrée mes offres, dans lequel cas je me rendrai immédiatement où ses ordres m'appelleront ; et dans le cas contraire, en m'abstenant de vous importuner, je me bornerai à faire des vœux peut-ôlre impuissans pour la tranquillilé et le bonheur de la France, et pour la gloire de la dynastie régnante.

Ma position et l'étendue immense de mes rapports me donnent la clef de bien des mystères, et la confiance de vous parler avec franchise. Agréez donc, Monsieur, etc.

ANTINORI.

Gomme plus tard M™*' de Rambaud et Marco de Saint-Hilaire, Tancien agent de Murât auquel Joseph Bonaparte a confié un secret dont, dit-il, dépend le bonheur de la France et la gloire de la famille royale,

— ce secret n'est autre que l'existence de Louis XVII,

— Antinori veut parler à la duchesse d'Angoulême; c'est à elle qu'il veut révéler Texistence de son frère, ou à son défaut, au duc lui-même. Mais l'ordre supérieur est de ne pas répondre à ses demandes.

Quoi qu'il en soit, on voudrait bien savoir aux Tuileries ce qu'il peut connaître, sans toutefois se compromettre; M. dePermon reçoit l'ordre de se remettre en communication avec lui.

Il n'y a plus à hésiter.

Le duc de Berry a été assassiné, la police était pré-

venue. Antinori a également annoncé le nouvel attentat qui (levait compromettre les jours de Tenfant que la duchesse de Berry portait dans son sein, et M. de Permon avise le Directeur général de Texécution de ses ordres.

DIRECTION GÉNÉRâLB de radmioistratlon DBPARTBMUMTALB Lyon, le 17 juin 1820.

0t de la Police

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