V^« DE RAMBAUD
Attachée au service du Dauphin, duc de Normandie, depuis le jour de sa naissance jusqu'au 10 août 1792.
Lettre de Madame Veuve de Rambaud à Son Altesse Royale Madame, duchesse d'Angoulême.
Madame,
Celle qui aurait donné sa vie pour vos illustres parents prend aujourd'hui, par devoir de conscience, la respectueuse liberté de vous écrire pour vous assurer de l'existence de votre auguste frère. Mes yeux l'ont vu, reconnu ; des heures passées avec lui m'en ont donné la plus entière conviction. Une si précieuse conservation vient de la toutepuissance de Dieu : c'est à genoux que je lui en rends grâces, en me disant sans cesse que s'il a bien voulu le conserver par sa volonté même, c'est pour en faire un être de pacification générale et de bonheur pour tous : cette conviction, comme l'espérance, vient de lui seul. Ses longs malheurs, sa résignation aux volontés de la Providence, et sa bonté sont au delà de tout.
Celle de Votre Altesse Royale ne m'est pas moins nécessaire pour m 'assurer que je n'ai point trop osé, en exprimant ce que mon cœur sent si bien pour ses souverains si légiti-
mement aimés de tous ceux qui ont conservé un cœur fidèie.
C'est avec respect que je suis.
De Votre Altesse Royale
La très humble et très obéissante servante^ \>e DE RAMÉAUD,
P. S. — Madame sait que j'ai eu l'honneur d'ôtre attachée au herceau de son auguste frère, depuis le jour de sa naissance jusqu'au 10 août 1792.