L. H. DÉ Bourbon
Peu de jours après, le Duc rassurait le roi Stanislas lui-même par ce billet * :
Le courrier que- m*a dépesché M. de Vauchoux m'a comblé de joyc et de satisfaction en m'apprenant que V. M, avoit approuvé la franchise avec laquelle je me suis adressé à elle, non pour apprendre la fausseté de ce dont je lui parlois dans ma lettre en étant bien convaincu d'avance, comme j'avois l'honneur de lui mander, mais pour être en état de confondre ceux qui ont osé avancer de tels mensonges. Le compte que m'a rendu Duphénix sur la princesse
* Nous rempruntons à une excellente étude publiée par M. S. Gauthier- Villars, dans la Revue Hebdomadaire. M. Henry Gauthier- Villars a réuni depuis en volume ses articles de la Revue hebdomadaire, en les complétant (Cf. Le mariage de Louis XV; Pion, éditeur).
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Marie est totalement conforme à tout ce qu'en disent tous ceux qui ont Thonneur de la connoitre.
Le mariage fut enfin décidé. La première entrevue des deux époux * eut lieu à Moret, aux environs de Fontainebleau ^ ; le Duc le manda aussitôt au roi Stanislas ^
* Le maréchal de Richelieu (Mémoires, t. IV, p. 5o-53) donne de singuliers détails sur les leçons qu*on leur avait données au préa> lable.
« La princesse polonaise étant en chemin, il falloit instruire le Roi. Le cardinal (de Fleury) lui avoit inspiré un si grand respect pour les mœurs^ dès l'enfance, qu'il avoit pleurésie jour même de Tarrivée de Tlnfante, étant alors âgé de onze ans, crainte d'être obligé de coucher ce soir-là avec elle .. Fleury imagina de lui faire voir des peintures lascives pour rcndoclrîner, et Bachelier (le valet, futur pourvoyeur des plaisirs du roi) chargea M"* R.., dont le ta-» lent était connu pour peindre de telles nudités, d'apporter des des* sins de la nature en action, la tableaux.
a M*"* de Prie était partie pour Strasbourg, pour apprendre la même chose à la princesse...»
* V. l'opuscule de M. Th. Lhuillier, Le mariage de Louis XV à t'ontaincbleaa.
8 Au Roi Stamslas
4 septembre 1726, à Pontaineblèari,
Monseigneur,
Je ne dois pas laisser apprendre à V. M., par d'autres que par moi, que l'entrevue du Roi et de la Reine vient de se faire aveo
COMMENT MAHIE LECZINSKA DEVINT R£1NB DE FRANCE a55
Le lendemain était célébré le mariage, dans la chapelle de Fontainebleau * avec la solennité accoutumée* Le Duc en fit part à son royal correspondant, et dans la lettre qu'il lui envoyait, il révélait même ce qui s'était passé dans l'alcôve du Roi, pendant la* première nuit de noces ; ce n'est pas la partie la tnoinS piquante de son récit.
Au Roi Stanislas
5 septembre 1725, à Fontainebleau.
Moiiseigneut*,
Je n'aurais pas manqué de dépêches un courrier à V. M."" aussitôt après la cérémonie du mariage qui se fit hier, si la Reine ne m'avait pas défendu d'en envoyer avant qu'elle eût écrit à V. M. Je ne répète pas à V. M. la joie et l'empresse-
toute la satisfaction de la part du Roi ; sa joie a éclaté en voyant toutes les perfections dont la Reine est ornée. Il a été longtemps avec elle d'une gaieté inexprimable, et tout m'annonce son parfait contentement.