Le cadavre et les roses
M. Saint-Georges de Bouhélier publie, dans Vers et Prose, un article enthousiaste »ur un poète très peu connu, Albert Fleury. Et son enthousiasme est justifié par les citations qu'il fait. Voici un assez long passage où l'on verra qu'Albert Fleury a écrit quelques-uns des plus beaux vers chrétiens dont notre enthologte puisse s'enrichir.
iMe voici donc, Seigmiar, eTiV'elopî)é de vous ! L*ainbre de votre main pèse sur ma pauvre âme ; Et conraio en une cagre ardente un lion fou, Mon ôtre est cerné par vos flammes,
A traders le buisson brûlant de mes douleurs, rai I'épauvant6n3€nt d'entrevoir votre race : Bien Qc peut dégragcr l'affre de mes terreurs De I'étrclnt€ qui me terrasse.
Je sens ma dôstinée close cl<! toutes parts Et qu'ont été murés les jours et les Issues, J« suis cowane auxj abois, traqué par vos regirdi^ Seul sous votre implacable vue.
Est-oc vraianent enfin la dure vérité ? Bst-ce par vous (Tu'e5t poursuivi mon cœur rebelle ? ]gst-ce l-à, sans erreur, qu'est votr« volonté ? j
Elst-cc votre voLx qui m'appelle ?
Lopscru'il ne resta plus de moi, de ma raison,
De mes, vouloirs inébranlables.
De mes vieux rév^es, rien, qu'un paquet de haillons,
Rien qu'une loque lamentable,
Alors mon déses<poir sentit tout près de lui Un souffle doux cohitik; une grlce.
Frais comme une caresse errante dans la nuit, Et je vis dans l'ombre une Face :
Cette Face pleurait nves larmes et mes pleurs.
Son regard. Ivre de t-endresse.
Me contemplait avec un immense bonheur ;
Et tout fondait de ma détresse.
Puis un soupir ,un chuchotement me seoïbla Monter comme un parfum de mousse.
« Enfin, tu m'as trouvé, cher enfant, je suis Là ; » Oui, c'est moi », dit une voix donoe...
Est-ce ainsi qu'il vous faut que je sois devenu : Hagrard, le cœur béant, malade et solitaire. Comme un enfant abandonné, sans force et nu, Hurlant pour appeler sa mère...
Al-^Je usé jusqu'au fond ma force de so^iffrlr. Et ne désirez- von s que ma seule faiblesse ? AfÛrmez- vous' ai u.-l le vouloir do fleurir Surtout parmi notre détresse ?
▼oos m'avez dépouillé de tous mes vains espoirs. Vous avez mis mon rêve en cendres,
St vous Tn'avey. voulu, i)antelant, dans le noir, Capable enfin de vous entendre ;
Voas avez agrandi mon désert, vous avez llendu sourd et noir mon abîme.
Et vous m'avez poussé, suffocant et noyé. Loin de n'importe quelle cime ;
Vons avez fait la nuit totale autour de mol
Ainsi qu'en moi la solitude ; Et Quand vous eûtes calciné mes vieux émois.
Affolé mes inquiétudes,
Lorsque ;> fus si loin de mon pauvre univers Que rien n'en pouvait plus m'entendrc,
honq^e, de mea appuis Ici pios forts, les phis cfljer*, uNol ne teo(« de M» 46fttKti«.
foiKjûnicat le iiiarcliaad de charnpaKiie vous mo rendez bie/i heureux, si vous j'royez (jue je suis puur quelque cliose dans le plaisM' que voiis avez pris.
La, reine tendit la main à ra.nii du roi et celui-ci )a baisn. Puis elle s'éloi^nia non sans avoir répété au njarchand de Champagne :
--- Merci encore ! Et encore, vous pouvez remercier pour moi la jolie Pompette !
Puis elle disparut.
Le marcliand de Champagne rejoiCTit alors lu pohto blanchisseuse. Il la trouva
rii)['in.il, n'est-ce pas ? Seulement, où ca u cuinnjeiicé k nj'embarrjLSser, <;a été quand clic a voulu que je lui parle dé Saint- Ou ern et de ce que... enfin, de ce qui s'est passé (•iitro h) roi et moi... Voua comprenez si c'était gênant !
— Je comprends ça î dit Marcel Baron.
Kt vous avez répondu à toutes ces quee-* tiuns ?
— Dame, expliqua naïvement la petite lilanchissease, il n'y avait pas mayoïi do faire autrement ! Elle me poussait, tîile ru© poussait !... Certainement que je ne voaiais pas tout lui raconter, seulement, n'estce pas ? elle avait une telle manière d'insister, et puis je lisais une telle volonbé dans sou regard... Ça été plus fort que moi^i je lui ai tout dit !
— Non? lit Marcel Baron; tout dit?
tout ?
— Tout, avoua Pompette. Je me sui« sentie tout d'un coup emballée et je lui aï lâehé le morceau. Et vous sarvez, m'siea Baron, je lui en ai fichu pour deux sous l
— Je vous crois sur parole !
— Oh ! j'ai bien vu qu'elle en était estomaquée! poursuivit la petite blanchisseuse. Elle me regardait avec des yeux, mais avec des yeux... Sûrement que c'est la première lois qu'on lui parlait comme ça ! C'est égal, je me doutais bien que les reines ce n'est pas des femmes à la coule... Ça ne connaît rien de la vie, pui>qu'on ne leur apperhd rien autre chose qu'à faire des salutaiioniï et à parler d'un tas de futilités... Mais de là à ne rien savoir !... Non, je vous le répète, m'sieu Baron, ça m'a autant épatié qu'elle I
— Mais à savoir quoi ?
(A suivre,)
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LE ÇflDflVRE ET LES ROSES