SCÈNE III
RÉSÉDA, seul.
Ah! mais!... ah! mais! ah' mais.! assez de cascades,
monsieur Cllâtenay. (il so croise les bras et 80 pose devant la porte do gauche.) Ah! pourquoi es-tu-venu, il y a dix-huit mois, à Montarais, demander la main de mademoiselle Amélie Girandard? pourquoi ce père ambitieux te l’a-t-il accordée? parce que tu étais un de ces 60 gentilshommes du 3°/o qui se disent de gros mots, en faisant de grands gestes, de midi a trois heures, autour d’une balustrade en fer; ils appellent ça la corbeille.
(il va, tout en parlant, prendre les assiettes et un verre et met un couvert sur le guéridon, du côté de la cheminée.) IVI O î 9 JG ÜC VOlll&iS pdS ( 1 g CG lïlâ*
riage, mais le beau-père me dit, avec émotion ; « Réséda, je te confie une mission ; veille sur le bonheur de ma fille... tu es mon cadeau de noces. Le jour du baptême, je te donne 300 francs de rente viagère... » Et je suivis les conjoints à Paris. Les premiers mois’, j’étais assez content de monsieur... nous avions une lune convenable... mais voilà que tout a coup, monsieur change ses allures; monsieur ne rentre qu’à six heures, quand il rentre... et après dîner, s’il nous fait l’honneur de dîner ici... il file... pour aller où?... (Tirant de sa poche une photographie représentai une femme trèsJécolletée.) Cette photographie, tombée de son habit, m’a tout révélé... Jolie femme, mais trop décolletée... J’ai pris des informations.... rue Labruyère, 65, au deuxième... mademoiselle Florentine, rentière... rentière!... Oui, elle vit de nos rentes... (Avec émotion et se retournant vers la porte de droite.) Voila le secret de tes soirees solitaires et de ton couvert isolé; pauvre victime !... Adroite, la chambre de madame, à gauche, la chambre, de monsieur, (il désigne tour à tour les deux portes.) Et le papa Girandard qui m’écrit