Scène XII
TOTON, GIVRAC.
toto* (entrant à droite) .
air : l'or est unejehimère.
C'est notre jour de recelte Allons bien vite toucher A la royale cassette Mes appoint'mens décocher.
Je ne manqu' pas d'importance, ^Etjc suis fier de mon emploi!..
Car c'est moi qui mène la [France En m'nant le ministre du roi C'est notre jour de recette, etc.
givrac, (à part.)
Le cocher du premier ministre. . . j'avais bien vu tout de suite, que c'était mieux qu'un inspecteur général (Il arrête 1 oton...) Monsieur...
- Est-ce à moi que vous vous adressez?..
GÎVRAC.
A vous même...
TOTON
Pardon!., je suis un peu pressé... c'est aujourd'hui le 31, et je vais toucher; vous le voyez, la quittance à la main.
givrac, à part.
Le cocher du premier ministre... oh i mais c'est qu'il me vient une idée excellente (haut), je n'ai qu'un mot à vous dire...
( 19 ) TOTON
Parlez (à part) ,.. un drôle de corps que ce grand pelit jeune homme! que diable peut-il me vouloir?
GIVRAC.
Vous me regardez avec étonnement, je vois ça... mais vous serez bien plus surpris , quand vous saurez que vous pouvez me rendre un service, pour lequel ma reconnaissance sans bornes vous est acquise.
TOTON
Avant d'aller plus loin... à qui ai-je affaire?
GIVRAC.
A un jeune cadet de Gascogne, arrivé depuis peu à Paris, où il est sans amis, sans protecteur.
TOTON
Vous avez déjà un litre à mon zèle; je suis aussi de la Gascogne moi.
Tant mieux, nous nous entendrons âmerveillt.
TOTON
Votre nom?
«IVRAC.
Givrac!..
TOTON
Givrac...
GIVRAC.
Givrac... Pierre-Eustache...
TOTON
Fils d'Hyacinthe-Isidore-Jean-Jacques-François Givrac , marquis et commandeur de Saint-Louis?
C'était mon père...
Un homme très grand.
Six pieds...
Très maigre...
Une allumette...
TOTON
Mort à Toulouse d'un coup de pied de cheval,..
GIVRAC
Dans ses écuries.
GIVRAC.
GIVRAC.
GIVRAC.
Ah ï ca dites-raoi doue aussi votre nom.
TOTOH .
Oh!., que je suis heureux de revoir sou fils... figurez vous que je vous ai vu pas plus haut que ça... vous aviez dix .mois à peine...
GIVRAC.
Je ne m'en souviens pas.
TOTON
Mais je m'en souviens, moi. C'est étonnant comme une vingtaine d'années vous changent un enfant ! et Robert , le jardinier de M. le marquis, qui était si jovial... si drôle?., si bon vivant?..
GIVRAC.
Vous êtes bien bon.., il est mort... i r j
TOTON. U C<L y»**^
Ah ! c'est dommage... il se portait si bien... rr\ M
TOTON. t I I
Je suis ïoton. /yKu4AJU^
GIVRAC. *^A..CM 4 'c*"Vs*
Ah! vous êtes Toton... comment vous êtes Tolon... mon père m'a ^souvent parlé de vous (à pari) , il ne m'en a jamais dit un mot."
toto.n .
Oui je suis ïoton , ancien cocher de M. le marquis votre père, toujours attaché à sa famille qui m'a fait tant de bien... et je vous aime déjà comme un fils... aussi soyez tranquille ;
air : de Julie,
Si le destin ne vous fut point prospère
Je vais tâcher devons servir...
N'est-ce donc pas chez votre père
Que j'susd'abord gentiment m'arrondir, (6ù)
On doit s'aider entre compatriotes
Et pour mon cœur c'est un besoin
Avec le fils de partager le foin
Que l'père avait mis dans mes bottes.
GIVRAC.
Dieu soit loué... voici donc un ami. .
TOTON
Oui, ami dévoué... voyons, qu'exigez-yous de moi?
GIVRAC
Mon ami, la banqueroute du financier Law a ruiné ma famille
JOTO*.
Oh î quel malheur !
C'est un malheur que je veux réparer... Voyez-vous, j'aime une jeune fille de noire pays, dont le père a été dernièrement placé au palais...
TOTON
De notre pays , dites-vous?., je gage que c'est Monsieur de Bouftard...
GIVRAC.
Lui-même... vous le connaissez?..
TOTON
Sans doute... et votre Henriette aussi...
GIVRAC.
Eh ! bien.,, ce gras imbécile me refuse sa fille sous le prétexte ridicule que je n'ai pas de quoi vivre... il me faut donc une place.
TOTONS
Une place ! si ce n'est que ça* j'ai votre affaire. .. à côté de moi sur mon siège.
GIVRAC.
Quel ridicule!
totoh (Il rit).
Allons, parlons sérieusement; c'est à moi que vous vous adressez...