‹ Le cadet de Gascogne, comédie-vaudeville en un acteChapitre 4 sur 35 · Scène II · texte numérisé non relu

Scène II

LAURENCE, BOUFFARD, GIVRAC.

bouffard , entrant du fond.

On parle d'imbécille.

( 7 ) givuàc.

Et vous voilà !

BOUFFARD

Tiens ! vous, ici ?..

GIVHAC

Vous ne devez pas en être surpris.

BOUFFARD

Non, mais j'en suis étonné ... Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.

GIVRAC.

Et pourquoi , je vous prie, après les demi-assurances que j'avais reçues de vous ?

BOUFFAUD.

Demi , soit, mais entières, non. Or, comme tout est changé dans notre position respective , regardez le passé comme un rêve , et votre ancien amour comme un songe.

GIVRAC.

Oh! je vous jure bien qu'il n'en sera pas ainsi.

BOUFFARD

Tout beau, jeune Cadet î vous ne savez pas à (jui maintenant vous avez affaire. Apprenez, que je suis dans la maison du roi, que j'ai l'œil sur les portières de son carosse, et qu'en ma qualité «l'écuyer cavalcadour , je passe les cinq-sixièmes de ma vie à cheval... sur un cheval des écuries royales... Je ne sais pas si je me fais bien comprendre!

GIVRAC.

Ce doit être un beau coup-d'œil ?

air : du premier Prix.

Vous , si gros , si court et si large , En écuyer cavalcadour 1 Ah ! monsieur Bouffard quelle charge !.. C'est vous jouer un mauvais tour.

J'ai le coenr droit, j'ai l'ame honnête , Je plains bien le pauvre animal.

BOUFFARD

Comment !... c'est ainsi qu'on me traite...

GIVRAC.

Je ne parle que du cheval.

BOUFFARD

A la bonne henre...

Mais , tout cela , balivernes ! monsieur de Bouffard.. Votre fille m'aime, voulez-vous de moi pour gendre ?

BOUFFAIIT.

Non , non, non... Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.

GIVRAC.

Parfaitement ; mais pourquoi ?

BOUFFARD

Pour trois raisons .. La première, parce que voug n'avez pas assez de fortune ; la seconde, parce que vous êtes sans emploi , et la troisième , parce que vous êtes sans emploi et que vous n'avez pas assez de fortune , comptez ...

GIVRAC.

Allons!., pendant que vous êtes en train, n'y en a-t-il pas une quatrième...?

BOUFFARD

Si , si! .. C'est qu'elle est promise à mon protecteur , M. de Laurence, gentil homme ordinaire..

GIVRAC

C'est entendu ! .. Ah ! Il vous faut de la fortune.. Eh ! bien , j'en aurai .

BOUFFARD

Ah!...

GIVRAC.

De» protecteurs.. J'en trouverai...

BOUFFARD

Oh!..

Et quant à la quatrième raison que vous avez invoquée , M. de Laurence sait ce qui en adviendra si elle entre dans la balance. Au revoir donc. Me voici au Palais, où j'ai mes entrées comme gentilhomme. J'y vais dresser mes batteries , et nous verrons s'il faut ici bien du temps pour vous faire un gendre comme vous le désirez.. Adieu , monsieur le gentilhomme ordinaire. Bonjour monsieur le centaure.

BOUFFARD

Le centaure! ... Qu'est ce que c'est que ça. ?

air : du Baiser au porteur !

Qu'entendez-vous par cette allégorie!

Moi , ccutaure.. Expliquez-vous donc!

GIVRAC

Lisez , monsieur , votre mythologie..

Et vous saurez alors pourquoi ce nom..

Le titre dan t Je vous décore, Vous sied à-merveillc je crois..

Car, vous êtes un vrai centaure..

Homme et cheval tout à-la-fois.

BOUFFARD

Comment ! je suis un vrai centaure?

GIVRAC.

Homme et cheval lout-à-la fois.

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