Scène II
LAURENCE, BOUFFARD, GIVRAC.
bouffard , entrant du fond.
On parle d'imbécille.
( 7 ) givuàc.
Et vous voilà !
BOUFFARD
Tiens ! vous, ici ?..
GIVHAC
Vous ne devez pas en être surpris.
BOUFFARD
Non, mais j'en suis étonné ... Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.
GIVRAC.
Et pourquoi , je vous prie, après les demi-assurances que j'avais reçues de vous ?
BOUFFAUD.
Demi , soit, mais entières, non. Or, comme tout est changé dans notre position respective , regardez le passé comme un rêve , et votre ancien amour comme un songe.
GIVRAC.
Oh! je vous jure bien qu'il n'en sera pas ainsi.
BOUFFARD
Tout beau, jeune Cadet î vous ne savez pas à (jui maintenant vous avez affaire. Apprenez, que je suis dans la maison du roi, que j'ai l'œil sur les portières de son carosse, et qu'en ma qualité «l'écuyer cavalcadour , je passe les cinq-sixièmes de ma vie à cheval... sur un cheval des écuries royales... Je ne sais pas si je me fais bien comprendre!
GIVRAC.
Ce doit être un beau coup-d'œil ?
air : du premier Prix.
Vous , si gros , si court et si large , En écuyer cavalcadour 1 Ah ! monsieur Bouffard quelle charge !.. C'est vous jouer un mauvais tour.
J'ai le coenr droit, j'ai l'ame honnête , Je plains bien le pauvre animal.
BOUFFARD
Comment !... c'est ainsi qu'on me traite...
GIVRAC.
Je ne parle que du cheval.
BOUFFARD
A la bonne henre...
Mais , tout cela , balivernes ! monsieur de Bouffard.. Votre fille m'aime, voulez-vous de moi pour gendre ?
BOUFFAIIT.
Non , non, non... Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.
GIVRAC.
Parfaitement ; mais pourquoi ?
BOUFFARD
Pour trois raisons .. La première, parce que voug n'avez pas assez de fortune ; la seconde, parce que vous êtes sans emploi , et la troisième , parce que vous êtes sans emploi et que vous n'avez pas assez de fortune , comptez ...
GIVRAC.
Allons!., pendant que vous êtes en train, n'y en a-t-il pas une quatrième...?
BOUFFARD
Si , si! .. C'est qu'elle est promise à mon protecteur , M. de Laurence, gentil homme ordinaire..
GIVRAC
C'est entendu ! .. Ah ! Il vous faut de la fortune.. Eh ! bien , j'en aurai .
BOUFFARD
Ah!...
GIVRAC.
De» protecteurs.. J'en trouverai...
BOUFFARD
Oh!..
Et quant à la quatrième raison que vous avez invoquée , M. de Laurence sait ce qui en adviendra si elle entre dans la balance. Au revoir donc. Me voici au Palais, où j'ai mes entrées comme gentilhomme. J'y vais dresser mes batteries , et nous verrons s'il faut ici bien du temps pour vous faire un gendre comme vous le désirez.. Adieu , monsieur le gentilhomme ordinaire. Bonjour monsieur le centaure.
BOUFFARD
Le centaure! ... Qu'est ce que c'est que ça. ?
air : du Baiser au porteur !
Qu'entendez-vous par cette allégorie!
Moi , ccutaure.. Expliquez-vous donc!
GIVRAC
Lisez , monsieur , votre mythologie..
Et vous saurez alors pourquoi ce nom..
Le titre dan t Je vous décore, Vous sied à-merveillc je crois..
Car, vous êtes un vrai centaure..
Homme et cheval tout à-la-fois.
BOUFFARD
Comment ! je suis un vrai centaure?
GIVRAC.
Homme et cheval lout-à-la fois.