MADEMOISELLE D'AMPURIAS
Le retour de Pierre au fort, dans son étrange traîneau, avait fait sensation parmi la garnison, et fourni matière à maints contes de la part des vieux braves qui formaient l'effectif de Joseph.
Le Renard et l’Ecureuil apprirent avec une vive douleur le massacre de leurs parents et amis. Leur sœur qui servait MIle d'Ampurias avait aussi échappé au drame sanglant Les deux frères aimaient beaucoup les visages-pâles et demandèrent l'autorisation de toujours demeurer avec eux ; Joseph la leur accorda volontiers.
L'hiver déjà avancé à cette époque—l'on était au mois de février —s'écoula sans que d’autres sauvages se montrassent de loin ou de près aux hôtes du poste français.
Le printemps renaissait, et Joseph songea à revoir M. de Niverville.
Il mit ses embarcations d'écorce de bouleau en bon état, prépara tout pour son départ, Ge dès qu'il jugea la rivière navigable, il embarqua.
jo rivière, grossie du les eaux du printemps, coulait plus rapide, et les voyageurs éprouvèrent moins de fatigues pour le retour qu'à leur venue en 1751. Leurs canots filaient comme des flèches sur le cours d’eau, |
Un jour, de Noyelles disait à son ami :
—Si nous posions un mât et une corde à chaque esquif, ne pourrions-nous pas accélérer sensiblement notre vitesse ?
La proposition fut mise en pratique et, en effet, donns une al-
lure plus grande aux pps barques: