INTRODUCTION
a J'ai cherché, soit à Charenton, soil à Bicêtre, « soit à la Salpêtrière, l’idée qui me paraîtrait la « plus folle, puis quand je la comparais à bon « nombre de celles qui ont cours dans le monde, « j'étais tout surpris, el presque honteux de n'y « pas voir de différence... »
C’est cette phrase de Leuret, un peu paradoxale, que J'aime à mettre en tête de ce travail, pour en imdiquer, dès abord, l'orientation.
C'est qu’en effet, avec bien d’autres, nous estimons que ce qu'on appelle cafard, n’est n1 une forme d’aliénation, ni un trouble mental, mais un « état d'esprit », à peine une psychose, qui se développe chez les imdividus normaux, pourvu qu’ils soient placés dans certaines conditions, et que cet état, 1l est extrémement fréquent, soit qu’on lui donne ce nom, soit qu'on lui donne d’autres qualificatifs.
Pendant ces vingt dernières années, l’aliénation dans l’armée a été, pour ainsi dire, à l’ordre du jour.
Tout a été envisagé : le danger des aliénés dans l’armée, la proportion des aliénés parmi les engagés, dans les corps spéciaux, chez les disciplinaires ; les remèdes à apporter à cet état de choses, le rôle des conseils de revision, le rôle des médecins militaires, leur mstruction psychiatrique, leur spécialisation, leur rôle au Conseil de guerre... etce., toutes ces questions ont été vues, revues, discutées et commentées et nous nous défendons de rien vouloir ajouter aux travaux du professeur Régis, de M. Haury, de Simonim, de Chavigny, de Jude, d’Antheaume et Mignot, ainsi qu'à une centaine de thèses, articles, notes et communications parues sur ce sujet. Mais encore une fois, et nous tenons à l’établir, nous laissons de côté toutes ces questions, pour nous en tenir à une étude très particulière d’un état dont les aliénistes n’ont fait mention qu’ncidemment, comme n’étant pas du ressort de la médecine mentale et dont le commandement s’est peu préoccupé (sauf peut-être quelques officiers coloniaux) comme n'ayant pas de conséquences graves au point de vue pratique.