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EN SORTANT D'UN BAL

A JULIEN IRAVER:

v y n n'a pu l'emmener qu'à la dernière danse. C'était son premier bal, songez ! et la prudence De sa mère a cédé jusqu'au bout au désir De la voir, embellie encor par le plaisir, Résister du regard au doigt qui lui fait signe, Ou venir effleurer, d'un air qui se résigne,

L'oreille maternelle où sa claire voix d'or Murmure ces deux mots suppliants : pas encor. C'est la première fois qu'elle entre dans ces fêtes. Elle est en blanc ; elle a, dans les tresses défaites De ses cheveux, un brin délicat de lilas; Elle accueille d'abord d'un sourire un peu las Le danseur qui lui tend la main et qui l'invite, Et rougit vaguement et se lève bien vite, Quand, parmi la clarté joyeuse des salons, Ont préludé la flûte et les deux violons. Et ce bal lui paraît étincelant, immense. C'est le premier! Avant que la valse commence, Elle a peur tout à coup et regarde, en tremblant, Au bras de son danseur s'appuyer son gant blanc. La voilà donc parmi les grandes demoiselles, Oiselet tout surpris de l'émoi de ses ailes. Un jeune homme lui parle et marche à son côté. Elle jette autour d'elle un regard enchanté Et qui de toutes parts reflète des féeries. Et devant les seins nus couverts de pierreries,

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