LENDEMAIN
lu i s qu'a peine désenlacée De l'étreinte de mes deux bras, Tu demandes à ma pensée Ces vers qu'un jour tu brûleras,
ïl faut, ce soir, que je surmonte L'état d'adorable langueur Où je rougis un peu de honte, Tout en souriant de bonheur.
Pourtant je l'aime, ma fatigue.
C'est ton œuvre, et le long baiser De ta bouche ardente et prodigue A pu seul ainsi m'épuiser ;
Et tu veux que je la secoue, Petite coquette î tu veux Voir rimer les lis de ta joue Avec la nuit de tes cheveux.
Tu veux que, dissipant le voile Qui trouble mon cerveau si las, Je dise tes regards d'étoile Et ton haleine de lilas.
Mais la preuve, ô capricieuse, Que je ne pense qu'à t* aimer, C'est la fièvre délicieuse Qui m'empêche de l'exprimer.