‹ Le cahier rougeChapitre 40 sur 52 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

— Mais, bah! j'ai l'horreur du banal Et le difficile me tente.

J'éprouve une envie irritante D'écrire en vers dans un journal.

Et d'ailleurs mon rêve impossible, Je l'ai souvent réalisé; Sans que mon regard ait visé, Jai quelquefois touché la cible.

J'irai chercher, je ne sais où, Des conversations frivoles ; Je vous dirai des choses folles, Car je suis moi-même un peu fou.

Ayant le ciel bleu pour auberge, Je vis comme un petit oiseau, Et Mab m'a prêté son fuseau A filer le fil de la Vierge.

Je fais de la dépense, ec c'est

Rovalement que je la paie.

Car le poëte a pour monnaie

Des étoiles dans son poussée.

L'aile ec le parfum étant choses Qu'il fane que dous réunissions,

J'ai découvert des papillons

Qui sentaient bon comme des roses.

Les plias beaux décors d'opéra Me semblent mesquins et timide-:

Quand j'irai voir les Pyramides.

Je veux qu'il neige, il neigera.

Parfois la lune me tait signe ; Mais aller là-haut, c'est trop long.

Si je jouais du violon, Je noterais le chant du cygne.

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