AIR
VIRGINIE
Non pas, vraiment, ma chère!
En France, c'est tout le contraire!
Plaignez, plaignez, la pauvre demoiselle! En vain son cœur s'ouvre-l-il au désir; Trouvant, partout, la rigueur maternelle, Le monde, héles! pour elle est sans plaisir.
A chaque instant on lui répèle :
Soyez simple en votre toilette,
Modeste dans votre maintien...
N'écoutez pas, ne dites rien, Baissez les yeux, tenez-vous bien!
Plaignez, plaignez, etc.
Triste et craintive, elle s'avance Au milieu du plus joyeux bal.
VILLE DE BRUXELLES - STAD B Archives - Archief
D'une rapide et folle danse, L'orchestre a donné le signal!
Son cœur
Palpite,
S'agite, A l'espoir du bonheur ;
Son cœur
Palpite,
S'agite...
Vieudra-t-il un danseur?
Voyez, voyez, là-bas, Cette valse légère ; A peine de ses pas, Elle effleure la terre.
Son cœur, etc.
Un jeune cavalier s'élance
Pour l'entraîner... mais, halte-là!
— Non, dit la mère,
Au ton sévère, Nous ne dansons la mazourka, La redowa, ni la polka. — La jeune fille qui soupire, Dévorant tout bas son souci, Par sa tristesse semble dire :
N'est-il point ici De mari?
Le voici!
On pare la promise :
Dentelles, diamans, ,
Le voile et les gants blancs...
L'on se rend à l'église, Le cœur épanoui, L'on prononce le : Oui!
0 miracle étonnant, par ce mot enfanté! L'humble esclave, soudain, a relevé la tête ; Le monde entier, pour elle, a pris un air de fête : C'est le cri de la liberté!
Vive le mariage!
Il dégage
De l'esclavage ;
Vive le mariage!
Fille sage En lui met son espoir.
Par lui la couronne A son front rayonne Enfin, il lui donne Le sceptre et le pouvoir.
Vive le mariage! etc.
Désormais, souveraine, Son caprice l'entraîne ; Tout lui devient permis.
Pour un époux soumis.
Vive le mariage! etc.