TOMBEAUX DES KHALIFES ET DES MAMMLOUKS
groupe (' Nécropole des Sultans circassiens a c'est, en effet, là que se dressent les tombeaux de la plupart des princes de la dernière dynastie mammlouk. Ils sont au nombre de plus de vingt, et s'égrènent dans une
Mosquée funéraire du sultan Kait-Baï ^ 14(53), au Désert.
immense plaine sablonneuse et déserte entre la montagne et la ville. Ce site est empreint d'une mélancolie et dune grandeur sauvage indicibles. Les monuments s'y dressent, la plupart à demi ruinés, dans un fier isolement où leur grandeur passée se console de l'oubli du présent. Ils semblent abandonnés; les infidèles seuls, respectueux de tout ce qui porte une
LE CAIKI':
n(il)lcss(' il'ari. les \isilenl. \.v ])aysat4'e, où la lumii-n- sc'paud librement, semble immense; des files de chameaux y rappellent parfois le désert voisin; le galop d'un cavalier, dont la légère gandourah claque au vent, y note la libre \ie nomade que la mort seule saura fixer; de grands rapaces y planent dans les esjjaces du ciel où le soir de grands nuages
Plafond de la mosquée funéraire du sultan Kait-Baï.
d'orage cuivrés s'assemljlent souvent en troupeaux monstrueux. Les âmes romantiques aiment aussi à y venir rêver par les belles nuits claires où la lune répand sur toutes choses sa lumière morte ; dans le grand silence que traversent les aboiements lointains des chiens de la ville, et les glapissements des chacals dans la plaine, les tombeaux y grandissent farouches et fantastiques.
Le plus célèbre et l'un des monuments les plus parfaits cjui soient, est le tombeau du sultan Kait-Baï (1472). C'est une des œuvres tout à
TOMBEAUX DKS KHALIFES ET OES MAMMLOUKS
Sanctuaire de la mosquée funéraire du sultan Kait-Baï.
fait caractéristiques de l'archilecture arabe au XV' siècle, et je ne crois pas qu'aucun art ail rien ]iroduit de |ilus harmonieux, et de proportions plus justes.
.^u centre, le portail : à gauche le sebil aux grandes baies grillées surmonté de sa loggia, et débordant un peu à l'arriére-plan le tombeau surmonté de sa coupole décorée extérieurement il'entrelacs et d'arabesques d'une délicatesse telle que seule en ]3ourrait offrir une somptueuse orfè-
Mosquée lunéraire du sultan Barkouk, au Désert.
vrerie. A droite, le minaret, un des plus hardis du Caire, partant de la base cubique, passant au carré, puis à l'octogone, puis au cylindre, par un calcul de proportions d'un surprenant résultat, se dresse vers le ciel avec une pureté de lignes qui donne à l'esprit une joie confiante toute particulière.
L'intérieur, qui a été l'objet d'une récente restauration, poussée peutêtre un peu trop loin, ainsi qu'il en a été dans plusieurs autres monuments arabes du Caire, offrait une grande somptuosité de décoration. Le salin. primitivement couvert et de petites proportions, présente le plan cruciforme, Le minbar, qui a dû être merveilleux, a été refait presque totalement.