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Le calendrier des confreries de Paris

PI^E volume, dont nous offrons au M public une nouvelle édition, a sa ^ place toute marquée dans une collection d'ouvrages sur Paris : il nous en présente l'état moral et religieux au commencement du dix-septième siècle; tout ce qui tient de près ou de loin à la grande ville ayant toujours le privilège d'exciter la curiosité.

Mais il emprunte un intérêt particulier à sa rareté : dédié au roi Louis XI composé par un de ses aumôniers^ il a dû jouir d'une certaine vogue, et c'est peut-être pour cette raison qu'on a peine aujourd'hui à en rencontrer quelques exemplaires.

Vj PRÉFACE.

Nos grands dépôts littéraires ne le possèdent pas tous. Il faut excepter la Bibliothèque Nationale. La Bibliothèque Mazarine et celle de l'Arsenal en ont chacune deux exemplaires. L'ancienne bibliothèque du chapitre de Notre-Dame de Paris^ d'ailleurs si complète avant la Révolution , ne l'a jamais vu figurer sur son catalogue. Brunet ne le mentionne pas dans son Manuel^ probablement parce qu'il ne l'avait pas remarqué et ne l'avait vu cité dans aucun catalogue de vente pendant sa longue carrière. Cependant il se recommandait à l'attention par le sujet qu'il traite et qui avait tenté un bibliophile bien connu, Peignot, qui, lui aussi, en ignorait l'existence : sa notice sur les saints Patrons montre qu'il avait fait des recherches en ce sens (i).

Sans avoir la prétention de vouloir prendre Peignot en défaut, on peut s'étonner que Brunet^ un spécialiste beaucoup plus près de nous, ne parle pas de ce volume . Après lui, d'autres bibliophiles,, des parisiographes méme^ paraissent les complices de son silence; il n'est pas jusqu'aux habitués de la

(i) Appendice, I.

PRÉFACE. Vij

salle Silvestre^, amateurs et libraires^ qui ne croient à une mystification quand on leur parle de ce volume , rare sans doute , mais qui a subi le feu des enchères. Vers 1840, il a échappé au bibliophile Jacob pour cause de folle enchère. Depuis il apparaît de loin en loin, nous en avons pour garant nos catalogues.

La première fois que nous le rencontrons, c'est dans la vente de la bibliothèque de M. F^^^, Paris, Delion (14 avril i853). Dans l'avertissement qui précède, on lit ce qui suit :

« Il serait parfaitement inutile de signaler c( aux amateurs les nombreux articles re- « marquables qu'elle contient ; cependant « nous citerons un volume à peu près in- « connu à cause de sa rareté : c'est le Calen-- « drier de toutes les confréries de Paris (c (n« 108); il donne la liste de toutes les « confréries d'arts et métiers (et de dévotion, « eût-on dû ajouter), et on sait combien il est (( difficile de se procurer des renseignements « sur ces matières. »

Nous ignorons le prix de vente.

La seconde fois, c'est à la première vente Le Roux de Lincy (8 novembre i855), Paris,

Vii) PRÉFACE.

Techener. La note du catalogue porte cette mention : Volume rare dont le calendrier est orné de portraits.

On pourrait croire qu'il s'agit d'ouvrages différents : il n'en est rien, les deux indications se complètent.

Nous n'avons reproduit que le frontispice qui représente le Crieur de Confréries^ ce dessin étant original et peu connu , bien qu'il ait été dessiné avec exactitude dans le Magasin pittoresque, t. XXVII, p. 248 (année iSSg). Il n'est pas signé et peut être attribué à un maître contemporain : Léonard Gaultier ou Thomas de Leu. Les portraits des Apôtres, en tête du calendrier, sont d'une exécution beaucoup plus soignée comme gravure; mais, étant tous de fantaisie, il serait, ce semble, inutile de les reproduire.

C'est avec un étonnement, qui s'explique d'ailleurs par sa rareté, que nous avons constaté l'absence du Calendrier des Confréries dans les catalogues de ventes spéciales : Gilbert (i858); l'abbé Eglée (1867); Le Roux de Lincy (après décès, 1870); de laVillegille

Cette rareté même nous a engagé à le

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