LE CUISINIER DES GRACES
Devant ses noirs fourneaux le cuisinier des Grâces Plume des paons criards qu'on n'a pas égorgé Et des cygnes aussi, parfois, j'en ai mangé Quand la Reine à ses pieds daignait me faire place.
Le maître-coq sacre plume la neige et l'or Et l'azur constellé, humant la friandise Palpitante ; un troupeau d'apprentis en chemise Fait sonner de vieux luths, l'aîné souffle du cor.
Entends les chérubins mugir dans nos étables, Sous le couteau du rite ils vont rougir la table Des dévots affamés d'innocence et d'horreur ;
Princesse, il faut danser toute nue aux cuisines, Ecrasant sur tes seins les entrailles d'un cygne Pont les ailes mçurtriçs ménagent ta pudeur.