XX. SCUII.LING
INDES ORIENTALES
MONNAIES D'OR
Les monnaies des Indes orientales, comme celles de Turquie, n'ont en général d'autres empreintes que des lnscri])tions, ([ui indiquent les noms et titres des souverains, avec les dates et autres particularités qui sont écrites en persan.
Voici la traduction des principales monnaies des Indes, soit d'or, soit d'argent.
Le MoncR ou roupie d'or (frappée sous le règne de l'empereur SLah A.llum, qui commence en 1770) porte sur un côté,
Celui qui est l'ombre de l.i f.ivciu' de Dieu, le protecteur de la rellgiuii de Maliouiet , l'empereur Sliali Allum , frappe iiioiMiaic pour sept climats,
avec la date de l'égire. .Sur l'autre coté,
Frappé à — , l'an — do l'heureux avènement.
Quelques moliurs portent aussi sur un côté , Monnaie de l'cMqjcrcnr Shah Allum.
avec la date de l'égirc; et sur l'aulic l'an du règne. Les monnaies frappées par la compagnie des Indes orientales portent le nom de l'empereur Mogol , et celles qui l'ont été dans les dernières années (comme il a été mentionné dans l'article des Indes orientales, vol. I) sont datées de la 19"^ année du règne de l'empereur, et l'on voit le nombre 19 sur queliiue partie de la pièce.
Le MonuR de Tippoo : — sur un côté ,
La foi de Mahomet, la meilleure du monde, est soutenue par la spleudeur des victoires de Hyder, Hjder trèsjuste! frappé à Seringapatam , l'aji heureux par excellence.
avec la date de l'égirc ; sur l'autre,
Il est seul le sultan équitable; l'époque de son avènement fut une aunée d'heureux augure.
avec la date du règne. Quelques monnaies de Tippoo sont datées d'après l'ère indieniur, ([iii se divise en sicles de GO ans, dont 81, comme on le su[ipose , sont déjà écoulés.
Le FARUKi, ou (piart de moliur de Tippoo, porte sur un côté,
Mahomet ! Il est seul sultan de droit.
avec la date ; et sur l'autre ,
Faruki , frappé à l'attan ( Seringapatam ).
avec la date du règne de Tippoo, et un n iiersan, lettre initiale de Ilyder.
La PAGODE : — ces ])lèccs diffèrent par la forme de toutes les monnaies d'Kurope; elles ont un côté convexe avec des points saillans, et un côté uni qui porte ordinairement une figure, et même jusqu'à trois dans quelques-unes, (|ui rej)résentent les idoles de l'Inde.
La pagode éloilée est mar(iuée sur le côté convexe d'une étoile; d'autres pagodes sont m artiuées d'un croissant ou d'une lettre initiale ; les pagodes de Mazulipatam et de Pondiehery n'ont sur le côté convexe que des
EXPLICATION DES MONNAIES
points. Les pagodes de Tippoo n'ont point do fignres sur le côté uni, mais une légende que l'on liadiiit .iinsi :
Mahomet ! Il est le pouvoir de l'équité.
avec la date de l'égire ; sur le côlé convexe, le nom de la place où elle a été frappée, et ordinairement l'initiale de Ilyder.
Le Moniir, de la Compagnie liollandaise des Indes orientales : — sur un côté,
Monnaie de la Com]>agn:e hollandaise.
au-dessus de laquelle est un coq, et au-dessous la légende, la dale de l'ère clirétienne, sur l'autre côté les mots.
Dans la grande île de Java.
Le COPANC du .lapon est une pièce unie oblongue, dont un côté est marqué de lignes transversales et de quelques caractères, et l'anlrc, porte au milieu, un cercle sur lequel est une marque de l'inspccteurçcnéral de la monnaie, et dans d'autres parties, différentes marques gravées par ceux qui l'ont essayée.
Les ROUPIES zODi.icALES sonl des jiièccs de 12 empreintes différentes, représentant les 12 signes du zodiaque. Elles ont été frappées en l'an lOlG et 1G24 de l'ère chrétienne, par .Tehangeer ; et sont depuis long-temps hors de circulation. Elles sont cejienilant très-recherchées et fort estimées comme objet de curiosité. Chatpie signe ou figure est entouré de rayons qui rej)résenlent le soleil; et sur le revers on lit l'inscriplioTi ci-après :
Cette monnaie, décorée à Agra , a trouvé sa face (a reçu son empreinte ) l'an — du règne de Jehangeer, fils du roi Akber.
Les roupies zodiacales font exception à la loi de jSLihoinet qui défend de représenter des figures, mais on dit que Jehangeer eut peu de respect pour sa religion, et quelques écrivains prétendent que sa favorite, la reine Nour-Mahal, avait obtenu la permission de régner un jour (d'autres disent un an), et qu'elle fit frapper ces monnaies pour perpétuer la mémoire de la courte durée de son règne. Néanmoins on ne peut ajouter foi a ce compte, car les dates de ces roupies varient beaucoup.
MONNAIES D'ARGENT
La ROVPIE siccA : —les légendes de cette monnaie
sont à ])cu près les mêmes que celles du mohur, et voici comme on ])eut les traduire :
Frappée dans sept climats {dalc Je l'égire'), par l'orahre de la faveur de Dieu , Shah AUum , roi , sectateur de I^Ialiomet.
et sur l'autre côté,
Frapjiée a — , l'an di.v-neuvième du régne auguste et glorieux de l'empereur, etc.
Quelques roupies ne jiorteni pas la date de l'égire, mais seulement celle du règne de l'empereur; et ! toutes les roupies frappées dans le Bengale ces dernières années, à la Monnaie de la Compagnie, ont été datées de la lO'' année de son règne, comme il a été dit ci-dessus.
Roupie ABcoT : — sur un côté.
Monnaie bénie du roi conquérant {le nom).
sur l'autre ,
Frappée .i Aicot, l'an — du régne.
et la date de l'égire. Mais on peut observer que sur jibisieurs antres roupies (excepté celles qui ont été frappées par la Compagnie des Indes orientales), les légendes sont souvent illisibles, le cordon étant rogné ou rongé, ou la pièce ayant été originairement trop petite pour recevoir l'empreinte.
La ROUPIE de la Compagnie hollandaise des liidis orientales : — sur la face,
Monnaie de la Compagnie h jllandaise.
et la date de l'ère chrétienne. Revers :
Dans la grande île de Java.
Le ouLDEN de la Compagnie hollandaise des Indes orientales: — les empreintes correspondent à celles du gulden des Pays-Bas (de 1818 , e.\cepté que la pièce de Java porte les lettres
près de la loi sur un côté; et sur 1 autre,
MO. ARC. REC. TOT. Bl'I.C. JAV.
c'est-à-dire,
Moiieta argentca /"gni totiiis Bclgirce Javœ. Monnaie d'argent de tout le royaume Belgico-Java.
La ROUPIE suLTANiNF, de Tippoo porte les empreintes cl les légendes du mohur de Tippoo.
EXPLICATION DES MONNAIES
La ROCPiE de Perse ou pièce de 10 mamoodis : — les légendes de ces monnaies varient : quelques-unes portent le nom du souverain , comme
Sultan Chahrokh.
et sur l'autre côté ,
Que Dieu prolonge son règne, frappée à — .
le nom de la place et la date de IVgire. Sur les autres roupies, le roi de Perse se nomme lui-même
Le serviteur du monarque de l'empire.
c'est-à-dire d'Iinan Riza, le chef de la religion, que les Perses considèrent comme le véritable souverain de leur empire , et les monnaies sont souvent frappées au nom lie l'iman Riza, avec cette légende,
Par décret divin, la monnaie d'heureux auguic a été frappée au nom d'Ah Risa, fils de Musa.
et sur l'autre côté ,
Il n'y a de Dieu que Dieu. Mahomet est l'apôtre et Ali le favori de Dieu , frappée >l — .
avec la date de l'égire.
Le FANAM d'argent de Pondiclierry porte sur un côté plusieurs (leurs de lis, et une inscription sur l'autre.
Le i.ARiN : — c'est un fil d'argent, d'environ un pouce de long , redoublé et aplati sur le côté intérieur pour recevoir les empreintes de quelques caractères. Il fut d'abord fait en Arabie et est devenu rare ; mais on l'emploie encore comme monnaie do compte.
.V. D. Les traductions que nous venons de rapporter des inscriptions persanes et indiennes, et des légendes, sont presque tontes tirées du trni:é des monnaies de Bonncville, qui a suivi MM. de Sacy, Langlès, et Alexandre Ilamiltiin de Calcutta. Les traductions des monnaies turques nous out été fournies par M. Duc, ex-secrélaiic de r:nt)Iiassa(leiir turc à Londres; et celles des monnaies russes, norwcgiennes et suédoiAes nous ont été égalenut:! fonjiiies par des autorités respectables.