‹ Le cambiste universel; ou, Traité complet des changes, monnaies, poids et mesures, de toutes les nations commerçantes et de leurs colonies; avec un exposé de leurs banques, fonds publics et papiersmonnaies. Traduit et calculé aux unités françaises sur la seconde éditionChapitre 101 sur 234 · GENÈVE. — GÈNES · texte numérisé non relu

GENÈVE. — GÈNES

large. Il contient par conséquent 5,1G3 dccares français, ou 1 acre

1 rood 4^ perches, mesure anglaise.

Changes. Pour Ics cliangcs de Genève, voyez vol. II.

Usauce L'usance des lettres de change tirées de Hollande, d'Angleterre et

ionisdt <;iàc.-. ^^^ France, est d'un mois de 30 jours; d'Allemagne et d'Italie de 15 jours de vue. A défaut de paiement, la lettre de change doit être protestée le 5« jour après l'échéance, les dimanches exclus.

Genève tire sur Paris, Amsterdam et Londres à trois et quelquefois à deux mois de date; sur Gênes, Livourne, Milan et Turin, à 8 jours de vue ; sur Lyon à vue.

Le porteur d'un effet, accepté ou endossé par un habitant de Genève et protesté, doit prouver son dû et en poursuivre le recouvrement dans huitaine, s'il réside à Genève. S'il habite dans quelque autre pai'tie de la Suisse, en Savoie ou à Lyon, il lui est alloué im mois, et 2 s'il a son domicile dans toute autre partie de la France, en Italie, en Allemagne, en Flandre ou en Hollande; 3 si c'est en Angleterre, en Suède ou en Danemark; et 4 s'il réside en Espagne ou en Portugal. Les mômes termes sont accordés quand les effets tirés de Genève sur les places que nous venons de désigner sont protestés : mais si le porteur négligeait de faire ses diligences dans les délais prescrits, il perdrait tout recours contie le débiteur genevois.

GÈNES (JtaUe).

aïoiinaies Les comptcs sc tiennent en lire de 20 soldi, ou 240 dinari di

.ocomiie. WY^jiiQf.i i)anco. H y a cependant plusieurs autres monnaies courantes, mais pour les faire connaître il faut nous éloigner un peu du plan de cet ouvrage. Nous parlerons tl'abord de la banque de Gênes, connue sous le nom de banque Saint - Georges , et la plus ancienne de celles qui existent. Elle était autrefois célèbre par ses richesses et son utilité comme banque de dépôt et de circulation. Elle fut créée en 1345.

Banque. Lg gouvemcment de Gênes ayant, à diverses époques, fait des

emprunts à des compagnies de commerce, leur donna en hypothèques les gabelles ou impôt du sel , les revenus de la douane et la propriété du porto franco. Ces compagnies furent à la fin réunies sous le nom de banque Saint-Georges.

Voici quelle était la constitution de cette banque. Elle était principalement gouvernée par un comité de huit membres, appelés protecteurs, dont la moitié se renouvelait tous les G mois. Il y avait aussi quatre comités intérieurs également composés de huit membres; mais les principales affaires se décidaient dans un conseil de propriétaires où tout individu qui possédait 10 actions avait droit de voter. Le gouvernement, qui avait des capitaux considérables dans cet établissement, était représenté par deux sénateurs.

Le capital de la banque se divisait en actions appelées luogltl^ qui se transféraient par vente, hypothèque et testament. Chaque propriétaire d actions avait un compte ouvert. Les livres étaient tenus par douze notaires chargés d'enregistrer les transfeits, et de créditer les actionnaires pour leur dividende. Ils émettaient aussi des billets de banque ou ordres sur le trésorier pour des sommes au profit de ceux qui étaient crédités sur les livres. Ces ordres devaient être signés par deux notaires. Chaque année, au mois de mars, les protecteurs examinaient et I)alançaient les comptes annuels, et faisaient connaître le dividende de chacun.

L'institution comprenait quatre banques de dépôt sur les livres desquelles étaient inscrites les sommes déposées dans les mains du trésorier. Un compte s'ouvrait au crédit de chaque propriétaire de sommes déposées. Le dépositaire laissait son argent à la banque aussi long-temps qu'il lui plaisait, ou prenait des billets de banque pour le tout ou partie. Ces billets étaient payables au porteur et à présentation. Aussi formaient-ils partie de la monnaie courante du pays. Le trésorier ne devait recevoir ni donner d'autres monnaies réelles que les madonniiie, ou les morniaies réelles étrangères dont le cours était établi et tarifé.

Le pot'to franco est un vaste enclos qui renferme la douane, contient environ 300 magasins, et en possède encore d'autres dans la ville. C'est là cpie se déposent toutes les marchandises qui arrivent à Gènes, soit par terre, soit par mer. La plupart de ces magasins se

louent ou se vendent aux nc%ocians. Il y en a néanmoins qu'on réserve au public. Tant que les objets restent au dépôt ils ne sont assujettis à aucun droit, mais ils sont douanes à la sortie quand ils sont destinés pour Gênes. S'ils sont exportés , ils doivent un di'oit de transit, qui est plus fort pour ceux qui arrivent par terre que pour ceux qui viennent par mer. La banque possédait, comme nous l'avons dit, \c porto franco.

Les comptes de la banque se tiennent en trois espèces de monnaies. 1° En banco proprement dit, qui est constamment de 25 pour cent au-dessus du fuori banco. Les sommes que la banque inscrit dans ses livres, les billets qu'elle émet, sont toujours exprimés en cette monnaie. 2° En moneta di permesso, qu'on appelle aussi quelquefois banco, qui est de 15 pour cent au-dessus du fuori banco. Les droits qu'on paie à la douane , s'évaluent en cette monnaie. 3° En numerato ou cartularo, dont 225 liv. valent 437 lire fuori banco. Les dividendes, sur le capital de la banque, s'évaluent en cartularo, et s'élèvent en général de 42 à 45 sous de cette monnaie pour chaque action.

Les lettres de change étrangères s'acquittèrent en banco jusqu'en 1746, que l'invasion d'une armée autrichienne obligea la banque de suspendre ses paiemens. Elle recouvra son crédit dans la suite, mais elle ne traita plus qu'en fuori banco. C'est en cette monnaie qu'elle fait tous ses paiemens, soit pour effets, soit pour marchandises, et la distinction est constamment répétée.

Quelque temps avant l'invasion, on avait déjà altéré la monnaie courante, en élevant la valeur courante des couronnes de 4 à 5 liv., ce qui fait une différence de 25 pour cent; mais la banque avait conservé l'ancien usage. De là les dénominations de banco, àe fuori banco.

La banque Saint-Georges resta dans cet état jusqu'en 1800, que les Français, assiégés dans Gênes, s'emparèrent de ses fonds pour acquitter la solde et faire face aux autres dépenses. Cette mesure ne periuit pas de payer les billets qui étaient en circulation. Le gouvernement , par suite de cette détresse , obligea les négocians d'acheter les magasins qu'ils tenaient à bail dans le porto franco , avec la condition de pouvoir se libérer en billets de banque; cet

expédient fut insuffisant. Il en resta un si grand nombre dans le commerce, qu'ils perdirent 50 pour cent. Quand Gènes fut réunie à la France, les billets furent admis comme dette nationale et assimilés aux fonds français : mais cette mesure fut bientôt révoquée, et les porteurs reçurent en place des luoglii, ou actions de la banque, au prix originel.

La banque Saint- Georges n'est plus aujourd'hui une banque de dépôt pour l'argent, elle n'a plus que les revenus de la douane, dont une partie sert à payer les dividendes, et les luoghi, ou actions, qui valaient primitivement ;iu delà de 200 livres fuori banco, et ne valent plus aujourd'hui que ICà 17 livres, le dividende annuel de chaque action étant fixé à 1 j lira fuori banco.

Outre la livre, le sou et le denier, il y a plusieurs autres mon- Auins naies de compte qu'il convient de faire connaître. <ic co'mp".

Le scudo d'oro vaut 9 lire 8 soldi permesso, ou 10 lire IGj soldi fuori banco.

Le scudo d'oro marche est d'environ 1 pour cent au-dessous du scudo (loi , ou plus exactement 5814 scudi d'oro ^5875 scudi d'oro marche.

Le scudo d'argento vaut 7 lire 12 soldi permesso, ou 8 lire 14 { soldi fuori banco. Ce scudo est surtout d'usage dans les ventes d'argent, et alors il s'évalue de deux manières différentes, en moneta di cartularo et en moneta dl paghe. Quand l'argent se vend en J)arres, la valeur s'en exprime en cartularo, et le scudo d'argento est évalué à 4 lire 10 soldi di cartularo. La moneta di paghe n'est employée que dans les achats de piastres d'Espagne, et le scudo d'argento est coté à 7 lire 4 soldi, moneta di paghe. 72 lire moneta di paghe = 45 lire di cartularo, ou 7G lire permesso. 122} scudi d'argento = 100 scudi d'oro marche.

Le scudo di cambio fut primitivement évalué à 4 lire banco, ensuite à 4 lire permesso, ou 4 lire 12 soldi fuori banco.

Ces écus sont des monnaies fictives, et chacun d'eux se divise en 20 soldi, ou 210 denari, qu'on distingue par les noms de soldi et denari d'oro, d'oro marche, d'argento et di cambio.

La piastre ou pezza, autre monnaie imaginaire , se divise aussi en

20 soldi, ou 240 denari di pezza, et est evalue'e à 5 lire permesso,

ou 5 lire 15 soldi luori banco.

Ji.mnaies Lcs monnaies réelles de Gènes (évaluées en monnaie luori banco)

étaient comme suit avant 1790. Nous en parlons parce qu'il s'en trouve encore en circulation. En or, les doppie ou pistoles à 23 lire

12 soldi; les demi, les quarts, les doubles et quadruples pistoles, et les pièces de 5 pistoles en proportion ; les genovine d'oro à 100 lire, les demis, les quarts et les huitièmes en proportion; les sequins à

13 lii^e 10 soldi. En argent, les scudi ou genovine, poids plein, à 9 lire 10 soldi; les genovine légères pesant 32 j denari, à 9 lire; les scudi di Giambatista, ou scudi di cambio (valeur banco), à 5 lire; les demis, les quarts en proportion; les giorgini à 2G soldi ,les doubles, simples et demi madonnine à 40, 20 et 10 soldi.

Voilà quelle était la valeur légale de ces monnaies : mais elle était communément abusive dans le courant, celle de la madonnine exceptée; la pistole, par exemple, passait pour 24 lire 15 soldi, et ainsi des autres.

Il y avait aussi des pièces de bas argent de 6 soldi 8 denari ; des doubles et simples parpajole de 4 et 2 soldi ; des pièces de cuivre de 8, 4 et 2 denari.

Nouvelles En 1790 On remplaça ces monnaies par de nouvelles, telles que

les genovine d'or à 9G livres, les demis, les quarts, les huitièmes; les écus d'argent à 8 lire, les demis, les quarts, les huitièmes en proportion.

- En 1797, lorsque Gênes prit le nom de république Ligurienne, on frappa des pièces d'or de 4 et 2 pistoles, ou 96 et 48 lire , et des écus d'argent de 8 lire, avec des demis, etc.

Gênes ayant été réunie à la France en 1804, elle reçut les monn. françaises; mais, loin que ses espèces fussent démonétisées, elle continua d'en battre. Aujourd'hui même (1820), qu'elle est passée sous l'autorité du roi de Sardaigne, elle conserve, avec le nom de duché de Gênes, ses monnaies réelles et ses monnaies fictives.

Les monnaies réelles étrangères circulent sans aucune espèce de difficulté, mais elles n'ont pas de taux fixe.

monnaies.

Voici quelle est à peu près la valeur sterling des monnaies réelles a aUmde Gènes : '^

La pistole vaut IG s. 7 cl. sterling^, ou ^O^.iO francs; le sequin = 9 s. 5 d., ou 11,04 fr. L'ancienne genovine ou scudo d'argcnto =: G s. 7 d. , ou 8,14 l'r.; la genovine commune de 9 lire = G s. 3 d. ou 7,73 fr. ; l'ëcu di Giambatista = 3 s. 5 d., ou 4,!2'2 fr. ; le giorgino = 11 den. environ, ou 1,13 fr. ; la genovina de 96 lire ^ 62 s. 8 d. en or; le scudo de 8 lire = 5 s. 4 d. en argent, ou G,60 fr. ; la lira fuori banco 3= 8 den. ou 0,83 franc; le scudo di cambio de 4 lire 12 soldi fuori banco = 37 { d., ou 3,84 fr. ; et la pezza de 51 lire (qui règle le change entre Londres et Gênes) =: 4G d., ou 3,84 fr. ; et £ 1 sterl.=30 lire fuori banco en argent ; mais en or la pezza vaut 45^ d. , et £ 1 sterling = 30 lire 12 soldi 10 denari.

Pour la valeur de ces monnaies , dètermine'e par des essais, voyez Table des monnaies, tom. IL

Le titre de l'or s'exprime en carats et en ottavi , le poids étant Titre de i„i divisé en 24 carats, et chaque carat en 8 parties ou ottavi. La livre " '^^'^" d'or étalon (de 12 onces) de Gênes, vaut constamment 93 1 scudi d'oro, ou 87G lire 1 1 soldi permesso, avec un agio de 9 pour cent, plus ou moins. La livre d'or fin vaut constamment 961 lire 15 soldi 4 j denari permesso avec un agio d'envii'on 9 pour cent. A chacune de ces évaluations il faut ajouter un nouvel agio de 15 pour cent, afin d'exprimer la valeur en fuori banco. Il résulte de là que 72 liv. d'or fin ^ 79 liv. d'or étalon.

Le titre de l'argent s'exprime en onces de 24 deniers chaque. La livre (de 12 onces) d'argent lin est constamment évaluée à 38 lire 3 soldi 8| denai'i, avec environ 10 pour cent d'agio en moncta di numerato, ou à 64 lire 1 soldo environ en moneta di permesso, avec le môme agio de 10 pour cent, plus ou moins.

La livre poids d'or et d'argent se divise en 12 onces; l'once, en p.nds. 24 deniers, ou 576 grains. Cette livre pèse 316,963 grammes, ou 4891 '- grains anglais '.

' Ce poids est diversement évalué par les auteurs. Krusc le porte à 4903 grains an-

Mesures sèciie*!.

I (iO GÈNES.

Cette livre, appelée peso sottile, n'est pas seulement employe'e pour lor et l'argent, mais encore pour toutes les marchandises de peu de volume.

Les autres objets se pèsent au peso grosso, dont le cantaro se divise en G rubbi, 100 rottoli de 18 onces chaque, ou l.jO livres de 12 onces.

Le cantaro peso grosso excède de 10 pour cent le cantaro peso sottile. D'où il résulte que 100 liv. peso grosso =: 76,875 liv. avoirdupoids, ou 34,8G kilogrammes; et 100 liv. peso sottile = 69,89 liv. avoirdupoids, ou 31,71 kilogrammes.

Le blé se mesure à la mina de 8 quarte, ou 96 gombette. La mina contient 1,207 hectolitre, ou 3,426 boisseaux anglais : un raondino de sel contient 8 mine.

Mesures liquides.

Le mezzarola, mesui'e de vin, se divise en 2 barili, 100 pintes, ou 180 amole, et s'évalue à 18 rubbi, ou 450 livres peso sottile. Le mezzarola:^ 148 litres, ou 39,22 gallons anglais.

Le baril d'huile contient 4 quarti , ou 64 quartcroni = 1 ~ rubbi , ou 187 { liv. peso sottile qui rendent 64,647 litres, ou 17,08 gallons anglais.

Mesures de longueur.

Le palmo contient 0,24701 mètre, ou 9,725 pouces anglais. Il y a trois espèces de cannes. La canna piccola , cpie les commerçans et les manufacturiers emploient, est de 9 palmi, ou 87,5 pouces angl. La canna grossa, dont les marchands font usage, est de 12 palmi , ou 1 16,7 pouces angl., ou 2,964 mètr.La'canna employée à la douane vaut 10 palmi , ou 97,5 pouces angl. Le braccio contient 2 j palmi.

J3onificaiioiis. Voici quclles sont les principales bonifications qui se font dans le commerce de Gênes : l'alun, le cuivi'e, le chanvre, les peaux, le fei',

glais , tandis que Ricard ne l'estime qu'à 4808. Mais la livre étalon attestée, transmise par James Sterling, consul à Gênes, s'est trouvée, à la monnaie de Londres, peser 4891 ^ grains anglais; ce (jui coïncide jiresque avec les résultats de Tillet et de Bonneville, qui l'avaient fixée à 4894 grains anglais.

le plomb, le riz et l'ëtain en barres se vendent au cantaro de 100 rottoli , ou 1 ."iO liv. peso sottile , avec la tare réelle seulement.

Le quinquina , la cannelle, la cochenille, le cacao, le café, le girofle, les drogues, les gommes, l'indigo, le réglisse, les muscades, le tabac et le thé, se vendent à la livre, avec un déchet de G liv. pour lOG liv., outre la tare réelle.

Le coton en laine, la morue, le stocfiche, par cantaro sottile, avec une tare de 4 pour cent.

Les sucres bruts, par 100 liv., avec G pour cent de déchet.

— de Lisbonne, en caisse , avec 20 pour cent de tare.

— de Saint-Domingue, en barriques, avec une tare de 13 pour cent.

— de la Martinique, avec 1 1 pour cent de tare.

— ]Moscouade, avec 14 pour cent de tare.

— de la Havane, en caisses, avec 14 pour cent de tare, outre celle de G de déchet sur lOG.

Quand les sucres sont en pains, on alloue 2 pour cent pour le papier et les cordes.

Pour les changes de Gênes, voyez vol. II. change.

L'usance pour les lettres de change tirées sur Gènes, d'Amsterdam, Usance. de Hambourg, d'Espagne et de Sicile est de 2 mois; de Londres, de Lisbonne, de 3 après la date; de Naples, d'Ancône, de Trieste, de 22 jours de vue; de Venise et de Rome, 15 jours; d'Ausbourg et de Vienne, 14; de Livourne, Milan et Turin, 8 de vue; de Constantinople et Srayrne, 30 de vue.

Le porteur d'une lettre de change a 30 jours pour en demander Jours de grâce. le paiement; mais il n'est pas alloué de jours de grâce à l'accepteur. Un effet peut être protesté le lendemain de son échéance ; cependant il est d'usage d'attendre jusqu'au prochain courrier pour la place d'où il a été tiré.

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