‹ Le camp de Conlie et l'armée de BretagneChapitre 22 sur 45 · CARABINES · texte numérisé non relu

CARABINES

Carabines Remington 8,487

Carabines Spencer 2,724 .

Carabines Sharp 4,990 ^ *^»*^^

Carabines Joslyn 2,960

Armes se chargeant par la bouche.

Fusils Springfield 24,365

Total général 55,156

Si les Bretons avaient eu , vers la mi-novembre, ces 55,000 armes qu'on s'était amusé à faire miroiter devant eux, ils auraient pu être instruits à temps et armés convenablement ; mais veut-on savoir ce qui leur revint sur cette cargaison ? 4,724 armes en tout et pour tout, savoir, 2,724 carabines Spencer et 2,000 carabines Joslyn, qui furent envoyées à Conlie le 29 novembre 1870.

Quant aux 11,630 fusils à tir rapide, voici leur sort.

Les 130 fusils Spencer furent envoyés à Farinée des Vosges, c'est-à-dire à Garibaldi.

1,000 fusils Remington, après être allés se promener au Havre , entrèrent le 21 novembre à Tarsenal d'Angers ; 5,000 autres se logèrent le 2 décembre dans celui de Lyon, et 2,011 autres, le 13 du même mois, dans celui de Bordeaux.

2,989 furent distribués à Tours, en vingt-cinq lots, à une nuée de corps francs de tout nom et de foute couleur, entre autres , aux EnfanU trouvés de Paris , Francs^tireurs américains. Phocéens, Légion hellénique, etc. — 500 autres furent envoyés au préfet de la Sarthe pour quelque destination analogue.

Voilà pour les fusils; voyons ce que devinrent les 19,161 carabines à tir rapide^ Nous savons déjà que 4,724 furent envoyées à Gonlie vers la fin de novembre ; mais les 14,437 autres, qu'en fit-on ?

Sur les 4,990 carabines Sharp, 200 furent données en décembre à M. de Jouvencel, qui s'efforçait de former, à Glermont-Ferrand, un corps tiré des gardes mobilisées , mais dont l'organisation ne put s'achever. 290, après être passées par l'arsenal de Tours, allèrent, le 13 décembre, se reposer dans celui de Bordeaux; et les 4,500 autres, entrées le 2 décembre 1870, dans l'arsenal de la Rochelle , n'en étaient pas encore sorties au mois de mai 1872.

Des 8,487 carabines Remington, les sept huitièmes ne quittèrent pas Brest avant le 2 décembre. 363 furent distribuées à des francs-tireurs; 1,564 livrées à des préfets (de la Gorrèze et de la Charente^ et à des commissaires du Gouvernement. Les 6,560 autres, promenées d'arsenal en arsenal, de Brest à la Rochelle, delà Rochelle à Toulouse, Grenoble, etc., restèrent sans emploi durant toute la guerre.

Enfin, sur les 960 carabines Joslyn, qui ne furent pas envoyées à Gonlie, 100 furent données à la gendarmerie, et les 860 autres se bornèrent à voyager d'un arsenal à un autre, celles-ci de Brest à Tours et de Tours à Bordeaux , celles-là de Brest à la Rochelle et de la Rochelle à Lyon.

En somme, en relevant les chiffres que nous venons de donner (et qui sont extraits des tableaux dressés par les directeurs de nos arsenaux pour la Commission des marchés de l'Assemblée nationale), oir trouve que les 30,791 armes perfectionnées du Saint'Laurent se partagent en trois classes :

1^ Celles qui oot été envoyées à Gonlie ;

2<» Celles qui ont reçu pendant la guerre un emploi quelconque , bon ou mauvais (nous n'examinons pas) ;

3** Celles qui n'ont reçu aucun emploi et n'ont fait que voyager d'un arsenal à l'autre.

La première catégorie comprend 4,724 carabines; — la seconde, 2,327 carabines et 3,619 fusils, ensemble 5,846 armes; — la troisième, 8,011 fusils et 12,210 carabines, ensemble 20,221.

Voilà donc plus* de 20,000 armes perfectionnées qui ne servirent à rien pendant toute la guerre.

On les avait promises aux Bretons, pourquoi ne voulut-on pas les leur donner?

Mais, outre les armes à tir rapide, le Saint^Laurent àéharqutL à Brest 24,365 fusils rayés & percussion, dits fusils Springfîeld. Si M. Gambette jugeait les mobilisés bretons incapables d'utiliser ces armes perfectionnées qu'il laissait dans une oisiveté complète , au moins aurait-il dû leur donner immédiatement de ces fusils rayés. Il n'en fit rien. Voici la répartition de ces springfields :

2,500 au préfet à Caen.

— à Périgueux.

— à Clermont-Ferrand.

— au Puy. ^

— à Saint-Etienne.

— à Privas.

— à Blois.

— à Nevers.

— à Màcon.

— à Cahors.

- à Foix.

Sauf les 1,500 envoyés à Blois et les 3,000 à Mâcon, il est clair que le reste — c'est-à-dire encore près de 20,000 armes — fut donné à des départements qui n'étaient, à ce momentlà (au commencement de novembre), nullement exposés à l'ennemi , et dont les mobilisés ne bougèrent que longtemps après, vers la mi-janvier.

Pourquoi donc les armait-on de préférence aux Bretons, qu'on amenait dès ce moment-là devant l'ennemi?

APPEIVDICE. 263

Il fandrait que M. Gambetta se décidât à répondre à cette question. .

Son silence obstiné autorise toutes les explications, et en premier lieu, il faut Tavouer, celle du préfet d*Ille-et-Vilaine du 4 septembre (M. Ange Blaize), qui disait : — Ces messieurs de Tours ne veulent pas armer les mobilisés de Conlîe , ils craignent que ce soit une armée de chouans ^ (Voir cidessus, p. 127.)

T^LéCRAMUES OFFICIELS RELATIFS A l'aRMBMKNT.

Lorient, 31 octobre, 12 b. 40 matin,

• Général Kératry à ministre Gambetta, Tours,

Décidément, je crois que mes dépêches à votre adresse lont supprimées. Voilà trois jours que des dépêches très-urgentes restent sans réponse et sans solution ^ Il y a péril militaire et politique, surtout aujourd'hui, je vous en avertis, à en agir ainsi. Les populations qu'on envoie au feu ne peuvent admettre qu'on les laisse désarmées et qu'on les fasse marcher, quand les arsenaux maritimes renferment des armes, canons et projectiles, laissés inactifs. Le mécontentement s'accentue trèsgrave. Prenez des résolutions. Si vous tardez, des manifestations dangereuses vont éclater dans les ports contre les autorités maritimes, et vous n'en serez plus maître. J'attends votre réponse, signée de votre propre main. L'émotion est très-forte à Lorient.

KiRATRT.

Vannes, 31 octobre, 7 h. 50 soir.

Général Kératry à Guerre Gambetta , Tours,

Je reçois une dépêche du préfet maritime de Brest, disant : — ' « Que votre ministre s'adresse au mien, qui déclare être encore à attendre du ministre de la Guerre les demandes que vous avez faites en matériel et personnel depuis trois jours i . . .

^ Voir ci-denas, p. 18.

Brest. 1*' novembre» 10 h. 25 matin.

Préfet maritime à général Kératry, Nantes, — Urgence,

On prépare personnel et matériel. Je ne conçois pas pourquoi ministre Guerre, qui a en main, je le sais, la demande que vous avez faite, ne la communique pas au ministre Mor rine, tout disposé à donner ordre. Je le conçois d'autant moins que ministre Guerre a démonté dernièrement un officier qui avait donné armes sans ordres. — Je fais pousser à Fenr^ lement des marins; il serait bon que votre administration avisât à la question des délégations aux familles. C'est dans les habitudes ; je suis informé que beaucoup posent cette question.

Nantit, !•' novembre 1870» 7 h. 40

Préfet, au nom de l'unanimité des quarante membres composant le Comité de défense de la Loire-Inférieure, au ministre de l'Intérieur, Tours,

Le Comité de défense, après avoir conféré avec le général de Kératry et sur son avis formel, préoccupé de la position du département qui est la clef des autres départements de la Bretagne, de Nantes et d'Indret, qui produisent aujourd'hui mitrailleuses et canons;

En présence des ressources énormes renfermées dans les arsenaux de Lorient et de Brest ;

Démande la délivrance immédiate des pièces de siège et des munitions indispensables pour la défense et l'établissement d'un camp retranché.

En considération du concours important que la levée des marins de 85 à 45 ans peut apporter à la défense , — ces marins dont on peut faire de suite des artilleurs comme ceux qui rendent tant de services à Paris, — il demande un décret immédi&t pour la levée de ces hommes.

Signé : Les membres du comitIS.

(Suivent les 40 signatures.)

Le préfet , Gué pin.

Tours, 6 novembre 1870, 6 h. 40 soir.

Guerre à général Kératry, Lavai.

Si vous voulez que les arsenaux de l'État vous délivrent des cartouches, il est essentiel que je sache pour quel effectif. Les approvisionnements ne sont pas indéfinis et ne pourraient suffire à des demandes illimitées ^

De Frevcinet.

Brest, 9 novembre, 12 h. soir.

Maire à Kératry, camp de Coniie,'

Pereire htiendu de New- York depuis lundi , avec chargement d*armes et munitions pour débarquer à Brest, est allé directement en Angleterre , et de là au Havre par un très-beau temps, contrairement à tous les précédents. Outre le retard apporté pour les armes dont le déchargement eût pu conunencer hier matin , cela est très-préjudiciable aux intérêts de la ville de Brest. Avisez donc le directeur général des postes pour obtenir des éclaircissements sur ce manquement de la Compagnie à ses obligations , afin que cela ne se renouvelle plus 2,

Lemonnier.

Tours, 21 novembre 1870, 10 h. 25 matin.

Intérieur et Guerre à général Kératry, Coniie,

Je me suis occupé, pendant une grande partie de la journée d*hier et d'aujourd'hui, de la question de l'armement de vos

' A ce moment , l'armée 'de Bretagne n'avait pas reçu une seule cartouche , et l'on protestait déjà contre ses demandes illimitées !

^ Voir ci-dessus , p. 25. — Un défenseur officieux de M. Gambetta a prétendu que les paquebots transatlantiques ne déchargeaient jamais à Brest, mais an Havre, à raison du ■ courant commercial >; que, par suite, il n'y avait pas lien de s'étonner de l'acte du Pereire. La dépêche du maire de Brest suffirait à renverser cette théorie fantaisiste ; mais en ce qui concerne les déchargements d'armes , il y a mieux encore. C'est que sur neuf paquebots venus d'Amérique avec des armes, du 4 octobre au 21 décembre 1870, six opérèrent leur déchargement à Brest et trois seulement an Havre , savoir : à Brest , Lafayette» 4 octobre; VilU-de-Pari$ , 17 octobre; Saint-Laurent , 2 novembre; lAifayette (2* voyage), 30 novembre; VilU-de -Paris (2* voyage), 15 décembre; Brié, 21 décembre; — an Havre, Pereirê , 13 novembre; Ontario, 25 novembre: 4ron, 1*' décembre.

troupes. Je crois m*étre ac<piitté de mes devoirs envers le paySf envers vos soldats et envers vous. Ce n'est pas la première fois, d'ailleurs, que je vous donne la preuve d'un concours dont vous ne devriez jamais douter ^ . Je suis bien aise de vous en avoir donné une preuve nouvelle le jour où vous écrivez, dans une dépêche ^ qui a passé sous mes yeux, que j'arme de fusils perfectionnés tous les aventuriers qui passent à Tours au cri de : Vive la République I — Ce n'est point ce cri qui m'empocherait de les armer, si j'avais de quoi, et je suis tout à fait surpris que vous vous soyez permis d'en faire un grief ([m y du reste, est tout à fait injuste. Je ne vous dis rien de plus sur ce petit mouvement d'impatience.

LiON GâMBBTTA.

Conlie , S2 novembre^ 6 h. soir.

Général armée de Bretagne à Gambetta, ministre Guerre

Tours 3,

Ce soir, j'ai 32,000 hommes au camp, dont 7,000 seulement armés, n'ayant encore reçu que 5,000 spencers, 2,000 remingtons et 500 revolvers. Rien autre n'est encore arrivé. Ju» gez, si le Mans était forcé, quelle attitude garderaient 9,000 fusils à percussion de tout calibre , la moitié sans munitions, et 16,000 hommes non armés. J'ajoute que, sur 7,000 armes, j'ai reçu 5,000 carabines qui n'ont pas de baïonnettes. Jugez !

K^RATRr.

1 Ce conconrs que M. Gambetta fait sonner li haut et qui loi aurait coûté , à l'entendre , tant de suean et de travaux , se réduisit , on le sait , à donner à M. deKératry7,000 fusils pour 30, 000 hommes, — pendant que l'on s'amusait à promener inutilement d'arsenaux en arsenaux 20,000 armes da Saint-LtMrtnt^ 12,000 du Perrirt^ etc. — Voir ci-dessus, p. 30..

* Cest la dépêche de Kératry à KertBouit , 20 novembre , publiée ci-deMos, p. 30.

' Quand cette dépêche fut expédiée à Tours , If. Gambetta venait d'arriver au Mans. — Ce télégramme est une réponse péremptoire aux vanteries contenues dans le précédent.

PROCàs-VERBAL DE LA COMMISSION DB CONTRÔLE^

(Extrait.)

Ce jour, 27 novembre 1870, les soussignés :

i^ îf. Gouannier, Aristide, délégué d'Iile-et- Vilaine;

5!P m. Pied vache, délégué des Gôtes-du-Nord ;

Z^ M. Morio, délégué du Morbihan;

V M. Monjaret de Kerjégu , délégué du Finistère ,

Se sont réunis au bourg de Gonlie.

Ils se sont mis en rapport avec M. Gharlon, comnussaire général adjoint.

M. le conmiissaire général adjoint, accompagné de M. Dubreuil, commissaire aux subsistances, a fait connaître sommairement les faits relatifs à Tintendance , et il a indiqué divers marchés en cours d'exécution, lesquels nous paraissent avoir une durée suffisante pour assurer le service pendant un certain laps de temps.

Après avoir remercié M. le commissaire général de sa communication, nous lui avons dit que, par-dessus tout, notre désir était de n'apporter aucune entrave aux différents genres de services.

Nous avons exprimé de la manière la plus formelle que nous entendions que l'initiative et l'action appartenaient exclusivement à M. le commissaire général. Enfin, nous lui avons fait part de notre satis&ction pour le talent et l'énergie qu'il avait déployés, afin de satisfaire aux exigences d'un service considérable établi dans un temps si court et aii milieu de circonstances si difficiles.

Nous sommes heureux d'ajouter que , pendant nos visites au camp, nos compatriotes nous ont manifesté leur contentement sur l'abondance et la bonté de la nourriture.

Signé : Monjaret de Kerjégu , Gh. M(Aiio,

A. GOUANNIER et PlSDVACHB.

Ge jour, 28 novembre 1 870, les soussignés, après avoir acquis la certitude, au camp de Gonlie, que M. le commissaire

' Voir ci-denos, p. 66. Cette commission se composait de cinq déidguës, ëlos chacnn par le conseil municipal do cheMiea de l'un des départements bretons.

général Garré-Kerisouët se trouvait au Mans , sont partis pour cette ville, afin de s*y aboucher avec' ce haut fonctionnaire et adopter une résolution définitive par suite du décret du 25 novembre, créant des camps d'instruction, au nombre desquels se trouve celui de Gonlie, et qui prescrit leur mode d'organisation.

Les déléj{ués se sont, en conséquence, rendus à Tbôtel de Paris ; ils y ont trouvé M. Garré-Kerisouët.

M. le commissaire général a fait connaître à MM. les délégués qu'il venait d'envoyer sa démission aux membres du Gouvernement de la défense nationale , à Tours , en exprimant ses plus vifs regrets de la mesure qui enlevait au camp de Gonlie son commandant en chef, M. de Kératry, lequel, par la haute confiance qu'il inspirait aux Bretons, était appelé à rendre, sous tous les points de vue, d'immenses services au pays.

Les délégués se sont associés de la façon la plus chaleureuse aux sentiments exprimés par |I. le commissaire général à l'égard de M. de Kératry, et ils ont manifesté le vif désir de le voir reprendre son commandement.

Signé : Monjaret db Kerj^gu, A. Couannier,

Gh. MORIO, PlEDVACHB.

DÉMISSION DE M. DE KlÊRATRY ^

(Télégrammes officiels.)

Conlie, 27 novembre 1870, 5 li. loir.

Général en chef armée Bretagne à ministre Guerre Gambetta,

Tours, — Urgence.

Malgré ma qualité de général en chef avec pleins pouvoirs, je suis mis aujourd'hui, par votre dépêche, sous le commandement du capitaine de vaisseau Jaurès. Vous avez oublié tout, en écrivant cette dépêche : vos engagements et mes conditions, ce que j'ai fait jusqu'ici avec mes braves officiers, ma situation politique, que la vôtre aurait dû vous rappeler, et mes services

' Voir ci-dessus , p. 55.

rendus à la cause publique. L'ordre qui tient de m'étre envoyé, et que je ne puis encore croire émané de votre main, est inacceptable. S'il est vrai, je vous informe qu'à partir de cette heure, 4 heures 20 minutes, j'ai cessé mon commandement et que je rentre dans la vie privée. J'ai tenté une œuvre dont le succès importait et qui est perdue , vous vous en apercevrez, au détriment du pays , par votre résolution. Je remets le commandement de Gonlie au général Le Bouëdec, et celui d'Yvré au général Gougeard.

KlÊRATRY.

Toan, ]e 27 novembre 1&70, 10 h. 55 MÎr.

Guerre à général de Kératry, Conlie ou Yvré-r Évéque ,

près le Mans,

M. Gambetta me charge de vous exprimer ses regrets de la détermination que vous avez prise de résigner votre commandement. Le ministre vous fait remarquer que la mesure prise à votre sujet est usuelle en temps de guerre et même inévitable, quand deux corps coopèrent à côté l'un de l'autre. M. Gambetta ne voit donc là rien qui fût de nature à vous blesser. Dans le cas où, contre son désir, vous persisteriez dans votre résolution, il vous prie de vouloir bien, ainsi que vous l'indiquez vous-même, confier le commandement de Gonlie au général Le Bouëdec et celui d'Yvré-l'Evêque au général Gougeard, en invitant ces deux généraux à prendre les instructions du général Jaurès.

Permettez-moi d'exprimer mon regret personnel de nous voir privés de votre concours dans les circonstances que nous traversons.

De Frbvcinet.

l'aRM^K DB BRETAGNE MISE EN INTERDIT,

(Télégrammes. )

Rennes , 30 novembre 1870, 9 h. 30.

Fréfet à Intérieur^ Tours,

L'intendance militaire a fourni jusqu'à ce jour beaucoup de choses nécessaires à IHiabillement et à l'équipement des mobilisés. Aujourd'hui elle refuse , ayant reçu ordre de ne rien délivrer à tannée de Bretagne, bien que tous nos bons aient été mis au compte du département. Je vous prie de faire cesser cette situation, qui est un obstacle très-sérieux à notre organisation; car, faute d'ouvriers, et par le fait de la concurrence de l'intendance , il nous est impossible d'obtenir de l'industrie privée certaines choses indispensables.

A. Blaize.

Rennes , !•' décembre 1870, 6 h. 50 soir.

Préfet à Intérieur^ Tours,

Depuis trois jours, V intendance militaire a V ordre de ne dé^ livrer quoi que ce soit à Varmée de Bretagne,

11 en résulte que nous ne pouvons pas nous pourvoir des effets d'habillement et d'équipement qu'elle nous fournissait, sauf remboursement par ce département, et qui nous sont indispensables. Veuillez faire rapporter cette mesure qui porte un grand préjudice à notre organisation.

A. Blaike.

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