‹ Le camp des bourgeoisesChapitre 24 sur 66 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

ADRIENNE

Je mo disais : Il rompra cette liaison....

CHRISTIAN

Elle est rompue, madame!... Je suis de ceux à qui il suffit d'une déception, et pour qui un seul jour vaut quelquefois des années d'expérience... Vous ne me comprenez pas, ça ne fait rien... Mais, de grâce! achevez!... Fernande?...

Je m'efforçais donc de la calmer, de lui cacher votre trahison... Nous étions à la fenêtre de sa chambre... quand une calèche s'est arrêtée devant notre porte; une dame, enveloppée d'un cachemire, et le voile baissé, a fait venir le concierge, et, lui présentant une petite canne, lui dit d'un ton irrité : « Re- » mettez ceci à monsieur... » J'ai cru entendre votre nom... Fernande de même. . . et, tombant sur une chaise, la pauvre petite s'est mise à sangloter.

CHRISTIAN

Ah! mon Dieu!... je cours...

ADRIENNE

Mais non!... attendez!... « Et dites-lui, a continué cette dame, que c'est de la part de mademoiselle Georgina. »

CHRISTIAN

Georgina!... Plus bas, je vous en prie!

ADRIENNE

Ah! (a part.) C'était bien la sienne... (Haut.) Il est clair qu'elle a rapporté cette canne ici, et non chez vous, pour tâcher de rompre votre mariage.

CHRISTIAN

C'est indigne!

ADRIENNE

Vous étiez perdu... il fallait vous sauver... Je me suis dévouée..

CHRISTIAN

Ah ! madame !

J'ai sacrifié mon mari!

CHRISTIAN

Comment ?

3a LE CAiMP DES BOURGEOISES.

ADRIENNE

C^est toujours eux qu'on sacrifie... J'ai avoue à Fernande le crime de monsieur Lajonclière...

CHRISTIAN

Vous saviez donc?...

ADRIENNE

J'étais là... J'ai soutenu qu'elle avait mal entendu le nom, que cette calèche était pour mon mari, et que la canne était la sienne...

CHRISTIAN^ vivement.

Mais vous aviez raison, madame !... je vous jiu-e...

ADRIENISE, vivement, et en baissant la voix.

Chutî... Fernande!... Soutenez-moi!... Tâchez de mentir!...

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