‹ Le Canada a Lourdes; discours de Georges Gauthier et Henri BourassaChapitre 3 sur 5 · CANADA REND À L'ÉGLISE ET À LA FRANCE · texte numérisé non relu

CANADA REND À L'ÉGLISE ET À LA FRANCE

Eminentissime Cakdinal-Legat, Eminences,

Messeigneurs,

Mesdames, Messieurs,

Vous vous étonnez, sans doute, après avoir entendu des princes de l'Eglise et des maîtres de la parole, de voir paraître devant vous un humble soldat du rang venant d'un pays presque inconnu. (Protestations). Je sens d'autant plus le poids de ma responsabilité qu'on a déjà fait la part belle au Canada. (Applaudissements). J'aurais voulu vous laisser sous l'impression des paroles éloquentes de Sa Grandeur Monseigneur FEvêque auxiliaire de Montréal. (Vifs applaudissements). Je n'ai pas cru toutefois devoir me dérober à cette responsabilité périlleuse, car il me semble juste que, dans ces grandes assises de la foi catholique sur la terre de France, plus d'une voix rende témoignage de tout ce que le

Fils aîné de la France doit à sa mère et par elle à rEgHse de Dieu. (Applaudissements).

Monseigneur Gauthier vous a admirablement parlé de ce que l'Eglise et la France ont fait pour le Canada. Certes, il a eu raison. Sera-t-il permis à un enfant du peuple, après avoir ajouté son humble témoignage à celui de Fun des chefs de l'Eglise canadienne, de vous rappeler ce que le Canada français et catholique, et par lui toute l'Amérique du Nord, a rendu jusqu'ici à la France et à l'Eglise ?

La fondation de la Nouvelle-France fut assurément une pensée et un acte de foi magnifiques; ce fut aussi un geste patriotique d'une rare beauté et d'une merveilleuse fécondité. En ces temps où les principes essentiels de conservation des sociétés sont l'objet de tant de discussions, il est l)cut-être à propos de rappeler les caractères particuliers de cette fondation de la France catholique. Ce petit peuple est né, a grandi, s'est conservé, s'est fortifié, contrairement à toutes les prévisions humaines. Pourquoi ? Parce que, grâce à l'action salutaire de l'Eglise de Dieu, il a eu dès le début et il a conservé toujours l'unité de foi, une grande pureté de moeurs et des princiiKis sociaux simples et solides. (Vifs applaudissements) .

Des historiens, même catholiques, ont fait

reproche à l'Eglise et à la France représentée, alors par Richelieu, d'avoir empêché l'immigration protestante au Canada français.

Homme public d'un continent et d'une époque de toutes les libertés, — oserai-je dire de toutes les licences ? — ^je n'éprouve aucune répugnance ni la moindre hésitation à rendre un hommage sans réserve à la pensée maîtresse qui a inspiré la politique de colonisation du grand homme d'Etat français. Si le Canada catholique s'est conservé, si même l'Eglise catholique jouit aujourd'hui d'un régime de tolérance en iVmérique, c'est parce que la France catholique y a créé tout d'abord un foyer de foi catholique intense, dont l'unité et la pureté se sont conservées pendant un siècle et demi. (Applaudissements) .

A l'Eglise, à ses pontifes, à ses prêtres, à ses communautés religieuses, nous devons le choix merveilleux des immigrants qui ont été les pères de la colonie française. A cet égard comme à beaucoup d'autres, la Nouvelle-France présente un contraste étonnant avec toutes les colonies des autres pays d'Europe, catholiques ou protestants. Elle ne fut jamais une colonie pénitentiaire, ni un déversoir où la mère-patrie jetait ses fruits gâtés. (Rireis). Elle ne fut jamais un refuge pour les mécontents politiques, apportant sur la terre d'exil une semence de haine et de révolte et l'esprit destructeur des factions. Sa population

tout entière, comme ses prêtres et ses religieuses, vint là avec une pensée de foi, une pensée d'espoir, une pensée d'amour; et c'est toujours le front haut, levé vers la croix du Christ, et l'ardcm' de l'apostolat dans le coeur, qu'ils pénétrèrent sur la terre canadienne, depuis le golfe Sainl- Laurent jusqu'aux Montagnes Rocheuses. (Applaudissements) .

Le rôle providentiel et salutaire du clergé catholique au Canada fut peut-être plus marqué encore après la conquête, durant cette période de transition difficile qui suivit le jour où une population entièrement catholique et française passa brusquement sous la domination d'une puissance étrangère et protestante, qui n'avait alors ni les principes ni la pratique de la tolérance et de la liberté dont elle se glorifie aujourd'hui. Lorsque le drapeau français descendit de sa hampe, les pouvoirs civils disparurent, les classes dirigeantes furent désorganisées, une seule force sociale nous resta: le clergé cathohque, uni autour de son évèque, et les communautés religieuses enseignantes et hospitaUères qui ont prodigué à toute l'Amérique du Nord ces missionnaires héroïques, ces éducateurs dévoués dont Mgr Gauthier nous entretenait tout à l'heure. (Applaudissements) . Grâce à l'action du clergé, la transition s'opéra sans trop de heurts violents. Le peuple français catholique s'adapta graduellement aux institutions britanniques, dans lesquel-

les il retrouva instinctivement plusieurs des organismes que ses ancêtres normands avaient apportés à l'Angleterre, sept siècles auparavant; et il devint bientôt l'appui le plus solide, le plus loyal et le plus fidèle de la puissance anglaise en Amérique.

Ce que la Nouvelle-France doit à sa mère selon la chair, à la France d'Europe, ai-je besoin de l'énumérer longuement ? Nous lui devons d'abord son sang, le meilleur de son sang. ( Applaudissements ) . Cette action salutaire, permanemment salutaire, de l'Eglise, c'est par la France qu'elle s'est manifestée. C'est le clergé de France et les communautés de France qui ont développé et entretenu en nous la foi et l'esprit catholiques. Ce que le peuple canadien tout entier doit à la France tout entière, c'est sa mentalité, c'est son tempérament, c'est l'esprit de famille, c'est l'amour du foyer, c'est la gaieté et l'endurance inlassables, c'est l'ardeur apostolique, c'est cette flamme d'idéal qui, sur un continent où les préoccupations et les intérêts matériels dominent tout, reste là pour nous garder toujours le front plus haut que la terre et que l'or. (Vifs applaudissements) .

Oui, merci à la France de nous avoir donné le jour! Merci surtout de nous avoir donné une parcelle de son âme et de son génie et de nous avoir transmis le verbe clair et loyal dans lec|uel ce génie et cette âme s'expriment. (Vifs applaudissements) .

Maintenant, Eminence, me sera-t-il permis de dire un mot de ce que le Canada, reconnaissant toute sa dette, sa lourde dette de gratitude envers l'Eglise et la France, a tâché de leur rendre et espère continuer de leur rendre ?

A FEglise Catholique, Apostolique et Romaine, nous avons voué un amom* sans bornes, une fidélité inviolable, une obéissance entière.

Sur cette terre vierge, féconde à la vérité mais dure à l'erreur, — où toutes les idées, l'avoueraije? bonnes ou mauvaises, ont peine à percer la croûte des réahtés robustes, — ^les hérésies n'ont pas pris racine et celles qui s'y sont transplantées ont vite dépéri. Nous avons peu connu le jansénisme; le libéralisme nous a à peine effleurés; le modernisme, trop compliqué pour nos esprits simples, nous l'ignorons ! (Vifs applaudissements). Les dogmes que l'Eglise a définis, depuis qu'abandonnés matériellement par la France nous cherchons notre voie sur la route des nations, nous les avons adoptés sans discussion et avec amour. Le dogme de l'Immaculée Conception, nous l'avons accepté dans la simplicité de notre âme, comme Bernadette aux pieds de la Vierge, égrenant son chapelet. (Vifs applaudissements). La dogme de l'InfailUbilité pontificale, nous l'avons accepté, non-seulement avec amour mais avec raison, — parce que tout autour de nous nous avons vu la faillite et l'effritement du protestantisme et du libre arbitre, et l'absence

d'autorité et d'unité sociales qui en résultent.

Nous subissons, avec la même docilité, renseignement disciplinaire de l'Eglise.

Nulle part au monde, peut-être, pères et mères de famille n'ont conduit aux pieds des autels, avec plus de bonheur, leurs petits enfants balbutiant à peine pour y recevoir la communion quand leur coeur est encore pur. (Applaudissements). Ne vous en étonnez pas : pendant des années, beaucoup de ces pères et de ces mères, et plus encore, avant eux, leurs pères et leurs mères, avaient passé de longs mois dans les forêts séculaires, dans les plaines sans fin, croyant toujours, priant toujours, mais attendant longtemps que le missionnaire vînt leur apporter le Pain de l'Eucharistie. Est-il étonnant qu'ils aient gardé en eux une soif et une faim inextinguibles de Celui qui donne la force aux âmes et même aux corps ? (Vifs applaudissements).

L'ordre sur les mariages mixtes, j'oserais presque dire que nous n'en avions pas besoin. Les circonstances que nous avons traversées, les conditions sociales où nous vivons, nous ont prémunis contre le danger si justement prévu par l'Eglise et par le Pape. Toujours prêts à entretenir les relations de société les plus cordiales avec les protestants qui nous entourent, à nous mêler avec eux dans le domaine de la politique et des affaires, nous avons compris depuis longtemps que si la croyance religieuse est différente

chez le père et la mère, il est impossible de fonder un foyer qui possède Funité d*âme, l'unité morale et l'unité de discipline familiale. Avant même que le Pape ou les évêques eussent parlé, nous ne faisions pas de mariages mixtes. (Applaudissements) . Il n'est pas inopportun de rap- I^eler que si les Canadiens-français ont évité ce danger et si les prescriptions de l'Eglise à ce sujet trouvent chez eux une obéissance générale et facile, c'est parce qu'ils ont conservé intacte la langue de leurs pères et qu'ils ont résisté avec opiniâtreté à tous les efforts, parfois cruels, tentés pour leur imposer par la force ou par la ruse la langue du vainqueur et du grand nombre, qui est, en Amérique, la langue du protestantisme, du matérialisme et du rationalisme vécu.

Dans la faible mesure de nos forces, nous avons donné à l'Eglise, sur le continent d'Amérique, toute la mesure possible de l'apostolat. Nous constituons, à l'heure actuelle, j'ose le dire, l'obstacle le plus solide aux tentatives qui se renouvellent, de siècle en siècle, pour faire de l'apostolat catholique l'instrument d'une race ou l'arme de domination d'un gouvernement; et c'est peut-être là le service le plus signalé que le Canada français rende à l'Eglise. Lorsque, dans la simplicité de notre âme, nous ouvrons les pages des Livres Saints, nous y lisons que le premier miracle accompli par l'Esprit, selon la promesse du Christ, ce ne fut pas de faire par-

DISœURS DE M. HENRI BOUHASSA 23

1er les apôtres dans une seule langue, mais de faire entendre les vérités de l'Evangile à tous les peuples, dans toutes les langues et les idiomes de la terre. (Applaudissements).

Quand nous tournons les pages de notre histoire, — car Fhistoire de France est la nôtre (Applaudissements) — nous y lisons que les légistes, interrogeant la Vierge de Domrémy, lui demandaient si ses Voix lui parlaient le latin des écoles; et qu'elle leur répondit: "Non, elles m'ont parlé ma bonne langue de France, et mieux que vous, Messii'es !" (Rires et applaudissements). Et quand la Vierge Sainte apparut à la bergère des Pyrénées, sur la pierre sacrée près de laquelle nous sommes réunis en ce moment, ce n'est ni dans le grec de la scolastique, ni dans le latin des légistes, ni même dans le français de l'Académie, mais dans le patois des montagnes qu'elle lui parla. (Applaudissements).

Ce que nous voulons, ce que nous demandons, c'est que l'Evangile soit prêché sur la terre d'Amérique, comme il a été prêché en Europe, comme il l'a été en Asie, comme il Fa été partout et comme il le sera jusqu'à la fin des temps, dans la langue de tous les peuples qui veulent venir, avec une pensée droite et un coeuF généreux, au Christ et à son Eglise. (Vifs applaudissements) .

Mentionnerai-je un autre service que le Ciinada français a rendu à l'Eglise ? Oui, car il est

peut-être le plus méconnu ou le moins connu.

Tous, évèqucs, prêtres et laïques de toutes les nations catlioliques, nous nous réjouissons — et permettez-moi de dire qu'à titre de sujet brilaniiiquc, je m'en enorgueillis — de ce que l'Eglise, son clergé et ses communautés religieuses jouissent sur toutes les terres que protège rétcndard britannique d'une liberté qu'on ne trouve plus toujours dans les pays ciitholiques. (Applaudissements) .

Mais qu'on me permette d'ajouter que ces jours sont nouveaux dans l'iiistoire de l'Eglise et dans l'histoire de la Grande-Bretagne. Longtemps, l'Angleterre fut la terre de la haine et de l'intolérance pour l'Eglise catholique, même lorsqu'elle avait, depuis plus d'un siècle, ouvert la porte large à toutes les hérésies, à toutes les sectes. 11 n'y a guère plus de cinquante ans que le peuple de Londres se soulevait dans une émeute violente contre le rétabhssement de la hiérarchie catliohque en Angleterre. A quoi tient le changement profond et radical qui s'est opéré dans l'esprit du peuple anglais, dans ses lois et dans l'attitude de ses gouvernants ? Sans doute à des causes nombreuses et diverses ; mais parmi ces causes, il s'en trouve une dont vous ignorez peutnetre l'importance, quelque infime qu'elle paraisse dans le temps et dans l'espace. Ne l'oubliez pas : des causes minimes en apparence et longtemps ignorées produisent parfois des effets

dont Fimportance éclate au grand jour et dont le prolongement s'étend à rinfini.

Si, aujoiu-d'hui, la tolérance et la liberté existent poiu" l'Eglise catholique dans l'empire anglais, je crois fermement que vous le devez en partie, Messeigneurs, Mesdames et Messieurs, à la lutte qu'une poignée de paysans catholiques et français, oubliés alors de la France et de l'Europe tout entière, ont faite pendant près d'un siècle pour faire triompher la tolérance dans la partie de l'empire britannique où la Providence de Dieu les avait humainement abandonnés à leur seuls efforts. (Applaudissements).

Le jour où cette tolérance eut pénétré sur cette parcelle de terre française et catholique, alors l'une des portions les plus humbles et les plus ignorées de l'empire britannique, elle ne tarda pas, grâce à la largeur d'esprit qui caractérise les classes dirigeantes de l'Angleterre et à leur logique dans les actes sinon dans les termes des lois, à se répandre dans toutes les parties de cet immense empire et à devenir un exemple pour les autres nations.

De ce service, nous n'exigeons pas une reconnaissance inouïe : nous demandons simplement qu'on ne l'oublie pas, lorsqu'on est tenté d'exagérer la dette de l'Eglise envers la Grande-Bretagne et même celle des Canadiens-français envers leur seconde mère-patrie. (Applaudissements).

A jouterai- je que cette tolérance que nous exi-

gions pour nous, nous avons été les premiers à la pratiquer dans tout l'empire britannique? Dans les limites territoriales où rexercice des droits que nous confère la constitution de notre pays nous donne le pouvoir d'exercer notre volonté, nous avons accordé aux protestants et aux Juifs toutes les libertés civiles et politiques, longtemps avant que l'Angleterre eût aboli les lois d'exception qui pesaient sur les catholiques du Royaume- Uni et le serment royal qui constituait une insulte aux catholiques du monde entier. Notre dette de reconnaissance envers l'Angleterre, nous l'avons payée d'avance.

Et à la France, Messieurs, qu'avons-nous rendu ?

Nous sommes son témoin !

Trois millions de Français catholiques, — car chez nous Français et catholique sont synonymes (Applaudissements) — trois millions de Français catholiques, issus des soixante mille pauvres paysans séparés de la France, il y a cent cinquante ans, doivent dire assez haut ce que la race française a fait et ce qu'elle pourrait faire encore si elle le voulait. (Applaudissements).

Ce n'est pas seulement par le nombre que nous affirmons la vitahté de la race française. Oubliés pendant un siècle de la patrie d'où nous avions tiré non-seulement notre sang, mais notre

langue et notre pensée, nous avons conservé, avec un sentiment religieux presque égal à celui qui nous a gardé notre foi au Christ, à l'Eucharistie et à la Vierge, le verbe de France et les traditions des vieilles provinces de Normandie, de Picardie, de nie de France, du Poitou, de l'Anjou, de la Saintonge ou de TAunis.

Après une lutte tantôt sourde, tantôt violente, pour nous dépouiller de cet héritage moral, l'Angleterre a compris que sa force et sa gloire n'ont rien à perdre à la survivance de nos traditions françaises; mais qu'au contraire, la présence en Amérique de ce petit peuple, attaché de coeur à la France mais loyal à son serment de fidélité à l'Angleterre, constitue la garantie la plus solide et la plus durable de la puissance anglaise sur le continent d'Amérique.

Et toi, France, France chrétienne ! penche-toi avec amour sur ce berceau où s'agite le premierné de tes entrailles ! Il est encore faible et petit; mais pesé dans la balance des nations, ses jours comptés au calendrier des siècles, vois comme il grandit, comme il est beau, comme il est fort ! Regarde à son front : tu y verras la marque indélébile des baisers que tes lèvres de mère y ont déposés. Contemple son sommeil, à la fois fier et doux, tu y trouveras le présage du développement fécond des nobles pensées qui gonflaient ton sein quand tu lui donnas le jour. Reconnais-le : c'est bien ton fils ! (Vifs applaudissements) .

Oh ! oui, France chrétienne, connais le Canada, aime-le, aide-le; car si tu conserves encore, comme je Fespère et je le crois, la noble ambition de laisser partout l'empreinte de ton génie, c'est par ton fils, le Canada français, que tu laisseras en Amérique l'empreinte la plus profonde et la trace la plus solide. (Applaudissements).

Et toi, Eglise de Dieu ! Eglise de Rome, Eglise du Pape, aime ton fils, ton fils aîné d'Amérique, comme tu aimes celle qui a été, qui est et qui restera ta Fille Aînée dans le monde. (Vifs applaudissements) .

Tu nous a donné pour patron le préciu'seur du Christ. Fidèles à cette vocation, indifférents aux grands triomphes du monde, attachés à la foi que tu nous a enseignée, nous allons comme le Baptiste, criant devant les peuples plus riches et plus nombreux qui viennent aujourd'hui ramasser derrière nous le fruit de nos labeurs : "Préparez les voies du Seigneur, faites droits ses sentiers".

Pendant des siècles, nous avons semé ta parole et tes oeuvres, et aussi notre humble semence de labeur humain. Que ceux qui viennent longtemps après nous récoltent plus que nous, peu importe ! Tout ce que nous ambitionnons, c'est d'être ce que vous avez été, vous, catholiques de France, au premier rang de la bataille, prêts à recevoir tous les

coups, ne demandant à Dieu et aux hommes qu'une récompense : celle de toujours garder le front haut, vers les régions de foi, d'espoir et de charité. (Longs applaudissements. Acclamations: Vive le Canada!)

Page 1