‹ Le Canada agricole et industriel [microforme]Chapitre 8 sur 8 · DES BÊTES A CORNES · texte numérisé non relu

DES BÊTES A CORNES

Depuis l'établissement des premiers " ranchs " dans le Nord-Ouest canadien,rexportation des animaux a augmenté dans des proportions considérables. Cette exportation a bénéficié dans une large part des mesures do préservation prises par le gouvernement fédéral pour assurer le bon état des animaux. Le tableau suivant indique l'augmentation des chiffres de l'exportation des chevaux, des bêtes à cornes et des moutons, de l'année 1882 à l'année 1886 inclusivement, ainsi que les chiffres représentant la valeur de ces exportations en" livres sterling." (1)

Année.

Chevau.x.

Nombre. Valeur,

Bûtes à cornes.

Nombre. Valeur

Moutons.

Nombre.

Valeur.

2,326,637 l,633,2Jl 1,617,829 1,640,506 2,232,623

92',661i5,916,55li359,488

( 1 ) La livre sterling vaut 25 frs de noire monnaie.

Le tableau précédent représente l'exportation totale pour les classes d'animaux qui y figurent. Les chiffres suivants indiquent le nombre d'animaux exportés en Angleterre seulement, dans l'année fiscale de 1886, et embarqués dans les ports de Montréal, Québec et Halifax.

Bêtes à cornes.

Moutons.

Cochons.

Montréal

Québec

Halifax

Total

Les chiffres précédents sont éloquents. Ils prouvent clairement l'importance que l'industrie de l'élevage a prise au Canada depuis son développement dans le " Nord- Ouest." Pourtant, il est permis d'assurer en toute sécurité que cette industrie n'en est encore qu'à ses débuts.

H est impossible de prévoir ce que l'avenir lui réserve. Les chiffres qui suivent permettent cependant d'envisager cet avenir avec confiance.

En 1884, les Etats-Unis fournirent à l'Angleterre seule 139,213 bêtes à cornes, cette môme année le Canada n'en exportait que 59,054 ; en 1885, les Etats-Unis n'exportaient plus que 137,324 bêtes à cornes contre 64,324 (exportées par le Canada ; en 1885, les chiffres étaient plus significatifs, les Etats-Unis n'ayant exporté que 113,756 animaux contre 64,555 exportés par lo Caiîa,da.

La progression constante dans ses chittVes de l'exportation est due toute entière au surphis d'animaux fournis par les " ranchs " de l'Ouest. Il serait super llu d'apporter une preuve de plus à la prospérité de ces " ranchs ".

Je me suis attaché à établir dans ce qui précède : lo. Qu'entre toutes les nouvelles contrées dont les fertiles territoires offraient un champ pour ainsi dire illimité aux entreprises agricoles, le Canada se plaçait au

premier rang.

2o. Qu'aucun pays n'offrait plus de ressources à l'élevage sur une grande échelle que les territoires " ranchers " de notre Nord-Ouest.

3o. Que depuis l'établissement des " ranchs " canadiens le commerce d'exportation des bêtes à cornes avait pris au Canada un développement qui allait en s'accentuant chaque année.

Il me reste pour compléter ce rapport :

ïo. A établir le prix de revient des animaux élevés sur les territoires du Nord-Ouest et à comparer ce prix avec celui des animaux élevés dans les provinces du Bas-Canada.

2o. A indiquer le prix de transport de ces animaux par chemin de 1er, des contrées d'élevage aux ports d'embarquement et de ceux-ci aux marchés européens.

3o. A indiquer les formalités à remplir pour obtenir du o-ouvernement un droit de location.

* 4o. A présenter un tableau complet des premières dépenses d'installation d'un " ranck " et des frais annuels qu'il

comporte.

5o. A donner ur. aperçu des recettes.

Dans les provinces du Bas-Canada et celle d'Ontario les prairies naturelles {grazing lands) n'existent pas. En dehors des étendues de terres défrichées depuis de longues années et dont l'entretien exige beaucoup de soins et de dépenses, ]e reste du sol est recouvert de forêts où le colon doit se servir de la hache et du feu avant d'y faire passer la charrue.

Dans ces conditions, l'engraissement des animaux exige des capitau. relativement considérables.

Il est de toute nécessité de créer et d'entretenir des prairies artificielles dont les animaux ne peuvent profiter que pendant un temps assez court de l'année.

Les cultivateurs allouent à chaque animal soumis au régime de l'engraissement quatre arpents de prairie. La valeur moyenne de l'arpent est de fr. 250. Le prix de loyer ou d'entretien de chaque arpent est de

fr. 12.50.

En raison de la longueur des hivers, les animaux ne peuvent passer que six mois au pâturage.

Le prix de revient d'un animal à l'engraissement dans les provinces citées plus haut se décompose ainsi qu'il suit :

Prix de loyer ou d'entretien de quatre arpents de terre, servant de pâturage à l'animal pendant six mois fr. 50

120 bottes de foin première qualité à/r. 40 les cent bottes " 54

*76 boisseaux de mouture de grains et de céréales à/r. L25 le boisseau " 95

L'engraissement de l'animal revient donc à .fr. " 199

Il convient de faire remarquer que dans l'énoncé ci-dessus, je n'ai pas tenu compte de la main-d'œuvre et des gages. Il conviendrait pourtant de faire entrer ces chiffres en ligne de compte dans le prix de revient de l'animal.

Les animaux élevés dans les Provinces d'Ontario et de Québec peuvent toujours être vendus à des prix rémunérateurs soit au Canada soit aux Etats-Unis ; exportés sur les marchés européens, ils donnent aux éleveurs un bénéfice beaucoup moindre, souvent nul.

L'incontestable supériorité de l'élevage sur les prairies du N. O. tient à quatre 'luses essentielles :

lo, A l'abondance et à la bonne qualité de la nourriture fournie par le foin naturel de prairies qui n'ont besoin d'aucune culture.

2o. Au prix peu élevé du loyer des terres.

3o. A l'inutilité d'hiverner les animaux pendant la mauvaise saison.

4o. A l'absence presque complète de main-d'œuvre.

Le prix de revient d'un animal élevé sur les pâturages du N. O. est en raison directe du nombre des animaux du troupeau. Plus élevé si le troupeau est peu considérable. Il diminue à mesure que celui-ci augmente.

En réponse à une lettre que je lui écrivais le 5 Nov. 1887, le Dr McEachran, inspecteur génCral des districts ranchers du Canada m'envoyait les renseignements suivants sur le prix de revient des animaux élevés sur les *' ranchs ".

Montréal, 1 novembre 1887.

Vicomte de Bouthilier.

Cher monsieur.

En réponse à votre lettre du 5 novembre dans laquelle A^ous me demandez des renseignements au sujet de l'élevage des bêtes à cornes, dans le district d'Alberta (territoire du Nord-Ouest), je vous envoie les informations suivantes :

Des ''ratichs " furent établis pour la première fois, il y a

six ans, dans le district d'Alberta, dont le territoire offrait tous les avantages désirables pour ce genre d'industrie.

Aucune contrée ne peut lutter avec celle-ci pour la quantité et la qualité des foins naturels.

La perte annuelle sur un troupeau est évaluée à 5 ^/„, et ne dépasse ce chiffre que dans le cas d'un hiver exceptionnel qui se présente, d'ailleurs, rarement.

L'augmentation annuelle d'un troupeau par la naissance des veaux est en moyenne de 25 °/o. ou de 60 % environ, si l'on ne tient compte que de l'augmentation des femelles de ce troupeau.

Je dois dire de suite qu'il n'y a pas d'industrie où les bénéfices dépendent plus d'une bonne organisation et d'une surveillance attentive.

Il est maintenant bien établi par l'expérience que les animaux nés et élevés sur les " ranchsr peuvent être transportés à Montréal par le chemin de fer, et de là en Europe, par steamers, non seulement avec sûreté, mais aussi à des' prix de fret qui laissent au vendeur un biHiu bénéfice ; de cette façon, les " rancM " ne dépendent plus seulement des marchés locaux.

Quant au capital à engager dans l'industrie des " nuidiM ", je conseillerais, pour les raisons que j'indique plus loin, de commencer avec un capital plutôt élevé que restreint, disons 150,000 dollars (1) (environ '750,000 frcs.)

Je suppose que deux hommes débutent en même temps mais séparément dans l'élevage des bêtes à cornes ; le premier (A), avec trou mille têtes, et le second (B), avec cinq cents : chacun d'eux devra construire une maison, des étables, un corral, et se fournir d'une machine à couper le foin, de wagons, de harnais, de chevaux, de poneys indiens (2) et de selles. Les cimj cents animaux de B exigeront les soins de trois hommes pendant la plus gran'de partie de l'année, dont deux pour le travail extérieur, et

(1) Le Dollar ou la piastre vaut un peu moins qn<. notre pièce de cinq francs.

(2) Cow-ponies.

mi cuisinier. A l'époque du rassemblement du troupeau, B devra engager un ou devx hommes de plus.

A aura à faire les mêmes dépenses d'installation que B, il lui faudra seulement un homme de plus. Les dépenses seront donc, à peu de choses près, les mêmes pour A que pour B. D'un autre côté, le troupeau de B ne produira que cent vingt-cinq veaux dans le même temps où celui de A en produira sept cent cinquante. En d'autres termes, les dépenses, par tête, pour les veaux, seront six fois plus considérables dans le troupeau de B que dans celui de A.

A mesure que le troupeau augmente en nombre, les dépenses par tête diminuent : un troupeau de cinq mille têtes coûtera environ deux dollars cinquante j)ar tête et par an.

Dix mille têtes coûteront un dollar cinquante par tête, et par an.

Vingt mille têtes coûteront un dollar par tête et par an.

Vous pouvez dès maintenant comprendre pourquoi je recommande de débuter avec un capital plus considérable que restreint ; c'est à seule fin de payer les dépenses courantes avec une partie des bénéfices provenant de la vente. Avec un capital inférieur à cent cinquante mille dollars (750,000), vous seriez obligé de mettre une partie du votre capital en réserve pour faire face aux dépenses annuelles, tandis que ce capital, dont vous perdriez rintérêt,vous serait beaucoup plus profitable, converti en animaux.

Pour répondre â votre question, concernant l'obtention d'vin droit de location, vous n'aurez aucune difficulté à vous le procurer, soit eu sous-louant à un locataire du gouvernement, soit en louant au gouvernement directement.

Quant à l'achat des animaux, je povirrais en tout temps vous mettre à même d'acheter, dans le pays, de trois cents à six mille têtes.

Je peux ajouter qm? l'industrie des " ranchs "a été, de la part du gouvernement fédéral, l'objet d'attentions et d'encouragements tout particuliers, et que tous ceux qui ont été convenablement aménagés sont en plein succès.

Je me permets de vous rappeler que si vous avez l'intention de débuter au printemps prochain, la location du terrain et l'achat des animaux devront être faits dans le courant de l'hiver.

Je serais heureux de me mettre à votre service et de vous donner l'assistance dont vous pourriez avoir besoin, dans le cas où vous mettriez votre projet à exécution.

Je demeure, cher monsieur, votre bien dévoué.

Dr McEACHRAN.

Inspecteur général des districts " ranchers."

La compagnie du " Canadian Pacific," afin d'encourager l'industrie de l'élevage dans le N. 0. et le commerce d'exportation des animaux, a réduit autant qu'il lui a été possible ses taux de fret.

L'agent général du fret de la grande compagnie canadienne a bien voulu me donner lui-même les renseignements qui suivent :

" La distance qui sépare Calgarry, centre des district " ranchers, de Montréal,port d'embarquement, est d'environ " deux mille kilomètres. Nous faisons payer actuellement " $1*75 (frcs. SI 5) par char contenant 17 animaux d'un poids " moyen de 1400 livres, ce qui ramène le prix du fret pour " chaque animal à un peu plus de $11 (frcs. 55)."

" Notre taux est de beaucoup inférieur à celui des grandes " compagnies américaines."

" Je dois ajouter, me dit l'agent général, que nous avons " établi de distance en distance sur la ligne des " parcs de " repos " où les animaux transportés trouvent du foin frais " et de l'eau eu abondance. Y compris le séjour dans ces ''parcs de repos,'' le trajet de Calgarry à Montréal se fait " en un peu plus de cinq jours."

Des steamers à grande vitesse, spécialement aménagés pour le transport du bétail, amènent de Montréal, dans

une moyenne de 11 jours, les animaux sur le marché de Li ver pool.

Le fret océanique est d'environ $5 (frcs. 25.)

Les animaux,jusqu'ici,n'étaient exportés qu'en Angleterre et en Allemagne. L'année dernière de puissants capitalistes du Havre, Messrs. Bossière & Co., ont établi un service bimensuel direct de bateaux à vapeur entre Montréal et le Havre.

L'esprit d'entreprise de ces intelligents et hardis armateurs vient d'inaugurer une ère nouvelle dans les relations commerciales de deux contrées sœurs, l'industrie dont nous nous occupons en bénéficiera dans une large mesure.

En somme, étant donné les chiffres que je viens de citer plus haut, puisés aux sources d'informations les plus sûres, un bœuf de trois ou quatre ans élevé dans les districts de l'Alberta, sur un " ranch " établi depuis trois ans, revient sur le marché de Liverpool, le fret et les droits d'entrée payés à |38 (fr. 190), tandis que le même animal élevé dans les provinces de Québec ou d'Ontario reviendrait, le fret et les droits payés à $64 (frcs. 320) sur le même marché. A Liverpool le prix moyen donné pour la viande de bœuf de làre qualité, sur pied, est de 8 cents (1) et élève pour certains animaux jusqu'à 12 cts. Le profit est donc considérable et il reste une grande marge pour faire face aux pertes qui pourraient subvenir ou aux déboursés supplémentaires, tels que ceux destinés à payer les assurances sur les animaux exportés.

Lorsque l'industrie des " ranchs" prit naissance dans le N. O. canadien, le gouvernement louait des terres d'élevage à raison de 1 et de l'arpent, par année, et pour une période de 19 ans.

Depuis le mois de mai 1886 les pâturages se louent à raison de 2 cts par arpent. Los contrats de location passés antérieurement à cette date n'ont pas été modifiés, les loca-

(l) Le cent équivaut à peu près à notre sou.

taires possesseurs de (^es (3ontrats ne payent donc qn' 1 cent de l'arpent. Un *?rand nombre de ces locataires, pour des raisons diverses, n'ont pas pla<!é d'animaux sur les territoires qu'ils ont en location ; par un acte passé en conseil il est facile de transporter les contrats de ces locataires au nom d'un autre locataire et de ne payer qu' 1 cent au lieu de 2 de l'arpent.

On calcule qu'il fout louer, pour établir un " ranch, " une étendue de territoire qui permette d'allouer une moyenne de 10 arpents de prairie à chaque animal placé sur l'exploitation.

Dans le cas oii ce rapport donnerait naissance à la formation d'une compagnie, le Dr McEchran et moi pourrions nous procurer, pour cette année même, un territoire réunissant toutes les conditions voulues pour assurer le succès de l'entreprise.

Par suite des nombreuses demandes de location qui ont été faites cette année au gouvernement, il est facile de prévoir qu'un trop long retard serait préjudiciable à l'avenir de l'exploitation projetée.

La lettre suivante du Dr McEchran répond aux deux derniers points qu'il me reste à traiter concernant les dépenses de premier établissement d'un " ranch," les dépenses courantes pouT une année et les probabilités concernant les recettes :

Montréal, 15 novembre 1887.

Cher Monsieur,

Je réponds à votre lettre reçue hier, et dans laquelle vous me demandez des renseignements complémentaires sur l'industrie des "ranchs.'"

lo Pour ce qui est de la facilité de louer des terrains à une cent de l'arpent, au lieu de deux, cela ne souffrira aucune difficulté, en se procurant la licence d'un des nom-

èr

breux lo(!ataires du gouveniemont qui, pour une raison ou pour uiK^ autre, n'ont pas satislait aux rùglt-nionts, en plaçant des animaux sur leur terrain. Il sullira alors d'obtenir un ordre en conseil pour approuver le transfert.

Les dépenses de premier établissement, " la licence obtenue, et le capital de cent cinquante mille dollars supposé ", seront les suivantes :

Animaux— Un troupeau mixte de trois mille

têtes, à i|32 par tête i|!)G,000

Taureaux de pur sang, en plus de ceux qui

feraient partie du troupeau 2,000

Cov^r-ponies— cinquante à soixante-quinze dollars. 8,750

Chevaux de travail— six à |150, total

Wagons deux à |150

Un wagon léger »

Harnais

Quatre selles à |50

Faucheuses, râteaux, fourches, pelles, essieux, fouets, etc ..

Maisons, fournitures, poêle

Etables

Corral

Total général $105,525

Argent en banque pour les dépenses courantes... 44,4*75

Total $150,000

Dépenses courantes pour une année.

Forman à |100 par mois $1,200

Trois cow-boys à $40.. 1,440

Nourriture de 4 hommes, à $20 par mois chacun.. 960

Bois 150

Avoine 150

Trois cents tonnes de foin à couper à $5 la tonne. 1,500

Dépenses occasionnées par le classement annuel

des animaux

Location de 50,000 acres de terre à 2 cents (prix

i .... 1,000 maximum)

Dépenses de voyages et accidentelles bOO

Total ^^'^^^

DE l'augmentation DU TROUPEAU PAR LES NAISSANCES ET DU CHIFFRE DES RECETTES,

Il est bien entendu que plus les vaches et les génisses sont nombreuses dans un troupeau, phis considérable sera son augmentation annuelle, mais, comme les produits sont presque également divisés entre les deux sexes, la prépondérance des femelles sur les mâles, dépendra pendant les premières années, de la proportion des deux sexes dès le commencement. De plus, comme les bœufs sont vendus a l'âge de trois ou quatre ans, tandis que les vaches sont rarement vendues avant qu'elles ne puissent plus servir à la reproduction, exception faite des stériles, il s'en suit qu'au bout d'un certain nombre d'années les femelles seront plus nombreuses que les mâles.

Si le troupeau initial est seulement composé de vaches. il faut attendre cinq ans avant qu'il soit possible de vendre des bœufs ; il est donc bien préférable d'acheter un troupeau mixte qui contiendra des bouvillons d'un an, de deux au plus, ainsi que des vaches de un à six ou sept ans.

De cette manière, la seconde année, vous pourrez faire une vente dont le revenu sera suffisant pour payer vos dépenses courantes, et les jeunes veaux du troupeau seront pour vous un bénéfice net.

Vous trouverez des tables représentant l'augmentation annuelle d'un troupeau, mais elles sont sujettes à caution,

«t, à moiiiK quo vous ne connaissiez la composition exacte du troupeau, vous ne pourrez pas, on les coïisuitant, vous rendre un compte exact de l'auf^mentation annuelle ou des profits réalisés. Il vous sera donc; préférable de baser votre opinion à ce sujet sur les trois considérations suivantes vérifiées par l'expérience : lo Que sur un " ranch " bien org-anisé, l'augmentation annuelle d'un troupeau est do soixante pour cent sur les femelles, et d'environ vm<rt.cmq pour cent sur un troupeau mixte.

2o Qu'au bout de la première année d'établissement, et pendant une période de cinq ans, la vente des jeunes bœufs (steers), produira une somme d'argent qui dépassera le montant des dépenses annuelles, en même temps que l'augmentation des veaux représentera un profit considérable non réalisé, qui ira en augmentant d'année en année, si les femelles sont conservées.

3o Qu'après cette période de cinq ans, le produit de la vente des animaux permettra de donner, toutes dépenses payées, un dividende considérable.

Il convient d'ajouter qu'en dehors de ce dividende, et au bout de cinq ans, le capital initial représenté en stock pourra être, au bas chiffre, multiplié par 3.15.

Je suis, cher monsieur, votre dévoué,

Dr McEACHRAN.

Je me suis efforcé dans ce rapport de mettre en relief les raisons majeures qui militaient en faveur d'un placement de capitaux dans l'industrie des " ranchs " canadiens parce que je crois fermement à l'avenir de cette industrie.

Les fertiles prairies du N. O. constituent une véritable iioiivelle Mésopotamie dont l'étendue est presque sans limites. Je peux ajouter, sans crainte d'être contredit par les hommes d'expérience et au risque d'aggraver le décou-

ragemont den graiidH propriétairoH fonciers d'Europe.qu'une partie de Tavonir agricolo du inoiidi^ ««Ht réservée à notre jeune pays.

Il est temps encore pour ceux qui souffrent de la crise qui ruine les ajifriculteurs du vieux continent et en particulier ceux de France de venir profiter de la fécondité de nos terres et prendre leur part du régime de liberté et de travail sous lequel se développent les jeunes peuples du nouveau continent.

T.e pays est vaste, peu peuplé encore, les capitaux sont activement recherchés. Dans quelques années, la population se développant, l'argent se faisant moins rare, les terres augmenteront de valeur et les timides d'aujourd'hui regretteront d'avoir laissé passer le moment favorable d'améliorer l'avenir financier de leurs enfants.

Au Nord-Ouest iout est libre ; et quand tout est libre tout prospère. Et quand je dis tout, il faut entendre tout même la religion.

A ceux donc qui sont gênés, à ceux qui sont gênés dans leurs affaires, à ceux qui sont gênés dans leur opinion, à ceux qui sont gênés dans leur croyance, à ceux-là de s'entendre, à ceux-là de s'aider, à eux de venir, à eux d'envoyer leurs enfants travailler, penser et croire en toute sincérité, en toute liberté dans le riche pays qui fut au temps jadis la Nouvelle-France.

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