LE CENTENAIRE DE LA PAIX
On fait en ce moment des préparatifs considérables pour commémorer les cent années de paix ininterrompue entre les deux grandes nations anglochtones. Certes, l’objet de ces manifestations est digne d’aitirer l'attention du monde et de susciter entre les deux peuples un échange de félicitations cordiales.
On ne trouvera pas disgracicux, j'espère, si ie rappelle qu'au cours de ces cent années, bien que l'Angleterre et les Etats-Unis ne se soient livrés à aucun acte d’hostilité armée, leurs rapports furent souvent et longt:mps moins que cordiaux. En plusieurs occurrences, de graves causes de mésinlelligence les conduisirent jusqu'aux portes du conflit.
La manière la plus efficace de glorifier ce centenaire de paix serail indubitablement l'adoption, dans les deux pays, de mesures politiques e! de méthodes de Propagande propres à faire disparaitre toutes les causes possibles de malentendus. La première et la plus importante de ces mesures serait l’engagement solennel de recourir à l’arbitrage pour opérer le règlement de toutes les questions en dispute à l'heure actuelle ou dans l'avenir. Naturellement, cet engagement devrait être mutuel et sincère; et les deux pays devraient y recourir même lorsque les exigences de certains intérêts cupides ou les clameurs du jingoïsme cherchent à troubler la paix et à faire surgir des obstacles à l'exécution de l'entente.
Mais l’objet principal que je me propose. en rappelant les événements qui envenimèrent les rapports entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, est de démontrer qu’en aucune de ces occasions le Canada n’eut une part directe ou indirecte de responsabilité. Plus que cela. le Canada ne fut nullement concerné dans l’une ou l’autre des deux guerres sanglantes qui se terminèrent, l’une par le traité de Versailles, en 1783, l’autre par Ja paix de Gand, en 1814.