‹ Le Canada et l'Exposition universelle de 1855 [microforme]Chapitre 125 sur 243 · LE CENTRE DE LA NEF · texte numérisé non relu

LE CENTRE DE LA NEF

La petite carte des Champs Elysées qui accompagne ce volume, nous donne la position des différents édifices de l’exposition de Paris. Pénétrons donc par l'entrée de l’est dans le palais principal et examinons rapidement l’ensemble des produits qui occupent chaque portion distinete de ce vaste caravansérail. :

En gagnant la nef, voici de chaque côté de l'allée qui sert de vestibule en cet endroit des garnitures de cheminées et autres ornements d'architecture en marbre de différentes espèces et quelques objets de même nature en bronze, ceux à droite appartiennent à la France, ceux de gauche à l'Angleterre.

La nef, où nous allons entrer, contient* des grands objets qui se réunissent sur cette espèce de terrain mitoyen entre les départements de la France, qui occupe toute la partie nord ou droite de l'édifice, et ceux des autres nations qui occupent l’autre côté,

Les deux premiers objets qui se présentent sont: 1°. Une glace de Saint Gobain, échantillon du savoir faire de la France dans les cristaux. Cette glace a tout simplement dix-sept pieds de hguteur sur dix de largeur; comme vous voÿez, il y a moyen de s’y mirer de pied en cap; nul besoin de vous dire que Ja beauté de cet objet égale ses gigantesques proportions. 2°. Un candeläbre en cristal d'énormes dimensions, qui porte dix-huit becs à gaz; ect objet est de fabrication anglaise, de la maison Osier, de Londres et Bermingham. Puis viennent successivement: un phare de manufacture française, deux candeläbres de fonte bronze, un de la fouderie de Tusey, l’autre de la fonderie anglaise de MM. Muel, Whal et Cie. Deux phoeres à réflecteur, un français, se mouvant par un mécanisme d’horkgerie, de M. Sautter de Paris; l’autre fixe, de la manufacture anglaise de Chance, Brothers et Cie., de Bermingham. Un mannequin équestre de grandeur naturelle, représentant un chevalier armé de toutes pièces en acier poli, de M Edouard

*On a conservé le temps présent, comme si l'exposition durait encore.

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Granger, de Paris, fournisseur de l'Opéra. Une porte en fer de la manufacture de M. William Bally, de Londres. Un aigle défendant sa proie, en bronze, copie d’une belle composition du sculpteur français, M. Caïn, par M. Vittoz, bronzier de Paris. Le tueur d’aigles, bronze de MM. John Bell, de Londres. Une superbe sculpture en bois, intitulée : la Châse de St. Hyppolile, exécutée à Rouen, par MM. Ouelbery, menu'sier, et Alphonse Jean, sculpteur, d’après les dessins de M. Desmarest, architecte en chef du département de la Seine inférieure. Un meuble en bois de chêne, de MM. Holland et fils, de Londres. Un modèle en menuiserie, avec figures, représentant en état d'activité le vaste établissement d'imprimerie de Napoléon Chaix, de Paris, le célèbre éditeur de la bibliothèque des chemins de fer. Une lunette de 12 pieds de longueur sur une ouverture de 9 pouces, montée parallactiquement par le 480 50° de la latitude de Paris, et marchant au moyen d’un mécanisme d’horlogerie de M. Secretan, opticien de $. M. l'empereur. Des appareils de l'observatoire de Greenwich, un cercie méridien et un cercle collimateur. Un superbe canot de plaisir, construit à Londres, par MM. Searle et Fiès, fabricants de $. M. la reine Victoria. Ce beau bateau de luxe est construit en érable piqué du Canada et en acajou. Un trophée de marine, contenant des objets de manufacture anglaise, modèles de vapeurs, de vaisseaux à voiles, d’ancres, de chaînes, de poulies, échantillons de cordages : ce trophée est environné de mannequins recouverts des armures de plongeurs. Une belle statue en bronze de Saint Jean- Baptiste, par M. Calla, artiste de Paris.

Des compositeurs etdistributeurs mécaniques pour la typographie. Les perfectionnements que reçoit tous les jou:’ cette invention française tant en France qu’en Belgique permettent ma..:tenant de prévoir que le temps n’est pas éloigné, où la eompositio net la distribution des caractères dans imprimerie pourront se faire avec une rapidité, telle que le prix des livres et autres imprimés en sera considérablement diminué.

Un cavalier attaquant un serpent avec l'arc et la flèche, en bronze d’art fondu, par M. Victor Thiébaut.

Un devant d’autel en marbre blanc, représentant en demi relief les bustes de Jésus au milieu de ses apôtres, sortant du milieu de ceps de vignes aux larges feuilles, aussi en demi relief. Puis un autre autel en marbre surmonté d’une gloire avec flèche gothique. Le devant de cet autel représente en relief un sujet symbolique sur le motif de la réponse de la Sainte Vierge : Æx hoc beutam me dicent omnes generationes ! La mère du divin Sauveur, accompagnée de Sainte Elizabeth, apparaissent sur une colline vers laquelle les peuples et les générations représentés par les bergers, les mages, les princes, les docteurs tournent leurs yeux et leurs hommages : cette longue suite de peuples, de pontifes et de rois se termine par notre Saint Père le Pape Pie [X, proclamant le dogme de

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l'Immaculée Conception et les marins de la flotte Française de la Baltique recevant de l’empereur la statue de la Sainte Vierge. Ces deux autels superbes sont du ciseau de l’abbé Choyÿer d'Angers,

Un autre autel de genre bysantin en marbre veiné: Une vaste cheminée de même matière, ornée d’une statue de femme, symbole de la ville de Paris et de quatre médaillons dont les motifs sont les portraits des poètes italiens le Tasse, Arioste, le Dante et Pétrarque. Ces deux morceaux sont l’œuvre de M. Vossy de Paris.

Une volière magnifique, ornée de petits bassins où nagent de jolis poissons, de fleurs, de sculptures, et contenant des tourterelles, des serins et autres oiseaux vivant dans la plus parfaite intimité. Cette volière est de M. Tabhan, de Paris.

Une statue représentant une chute d’Icare, bronze d’une grande beauté et d’une grâce difficile à atteindre dans la position renversée qu’occupe Icare, ce type de tous les imprudents. Ce beau travail est l’œuvre artistique de M. Hypolite Ferrat, fondu par M. Vittoz de Paris.

Un diamant du Brésil du poids de 225 karats et ayant nom l'Etoile du Sud ; exposé par M. Halphen.

Un autel gothique avec statues d’anges et flèche en pierre artificielle de France.

Deux bustes en bronze représentant leurs majestés l’empereur et l’impératrice, par MM. Elkington, Masson et Cie., d'Angleterre,

Une chaire d'église gothique en bois sculpté par M. Vereman, des Pays-Bas.

La Reine Boadicée excitant les Bretons, représentée entourée de deux de ses enfants et tenant une épée à la main; ce bronze a été fondu par MM. Elkiugton, Masson et Cie, de Bermingham, d’après le marbre original du sculpteur anglais John Thomas.

Une statut de Lesbie pleurant son oissau mort, bronze de M. Labroüe de Paris.

Un autel en marbre blanc, avec pavé mosaïque, genre byzantin, œuvre de M. Jabonim, de Bordeaux. ,

Ici la nef se trouve partagée par l'allée de traverse, ornée au milieu d’une fontaine jaillissante en lave fusible, décorée de fleurs aux couleurs naturelles en bronze, de la main des décorateurs de Paris,

Continuons notre revue de la nef centrale en allant vers Pextrémité ouest du palais.

Un autel moyen âge, travail d’orfèvrerie de MM. Poussielgue et Rusand,

Une fontaine en porcelaine et faïence de MM. Creil et Montereau.

Une chaire gothique en bois sculpté de MM. Couypers et Stolzemberg, des Pays-Bas

Un autel, œuvre d’orfèvrerie par M. Bachelet de Paris,

Une immense glace de la manufacture de Floreffe, en Belgique.

Une fontaine surmontée d’une corbeille de fleurs en pierre de liais, par M. Melnetzhy, de Belgique.

Un rétable d’autel en chêne, dans le style gothique par M Goyers Frères, de Louvain en Belgique.

Une madone en chêne sculpté, renfermée dans une niche du même bois ornée de statues d’anges, de colonnes et de vases à parfum. Les anges tiennent au-dessus de la tête de la vierge une couronne en marbre d’un blanc éblouissant.

Quatre lavabos de M. Giovanni Isola, professeur à académie royale de Mass, [talie.

Plusieurs objets d’une moindre importance et dont des doubles se rencontrent dans les galeries, entre autres des télescopes et une pendule venant d'Autriche.

Les deux chevaux de Marley en cuivre galvanisé d’après Coustou.

Modèle du grand bateau océanique français, le Danube. Ce modèle admirable qui a coûté 60,000 francs et représente, au 15me de sa grandeur, le vaisseau à hélice et à voile le Danube, laisse voir dans toutes ses parties jusqu’à la machine à vapeur en mouvement, les détails de la structure, de la voilure, du mécanisme, de l'ameublement et des dispositions d’un navire qui résume l’art des constructions pour la navigation mixte à voile et à vapeur, telle que l'a produite notre siècle, Le Danube appartient à la compaguie anonyme des services maritimes des Messageries impériales pour la Mediterrannée et la Mer Noire : il a 240 pieds de longueur, 23 pieds de beaux et 20 pieds de cale ; il immerge 14 pieds ; a trois mâts, une machine à héli:e de la forme de 370 chevaux, file sur sa vapeur 13 nœuds à l'heure, et porte 600 tonneaux de marchandises en sus des passagers, etc. Le modèle a été fait dans les ateliers de la Ciotat, près de Marseille, sur les plans de l’ingéuieur M. Dupuy, de Lôme, et sous la direction de lingénieur M. Délecour; c'est le plus beau de tous les beaux et nombreux modèles de l’exposition.

Le grand phare de M. Augustin Fresnel, l'inventeur des phares lenticulaires; cette admirable invention est maintenant trop connue pour qu’il soit besoin d’en parler au long.

Deux joueurs de boule, bronzes d’après Pantique, pris du Musée de Naples par M. Gros Marly, de Paris.

Un bronze exécuté d’après Patin par MM. Eck et Durand, fondeurs parisiens, —ce groupe représtnte le combat d'un cheval avec une lionne.

Vases en porcelaine de Berlin, imitation des porcelaines de Sèvres.

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