INTRODUCTION
Le commencement des recherches systématiques sur la géologie du Canada date seulement de 1842. Avant cette époque plusieurs efforts
avaient été faits par des hommes éclairés, dans le but d'établir une com-
mission pour l’examen du pays sous les rapports géologiques et minéra-
logiques, mais ec ne fut qu’en 1841 que la Chambre Législative, ayant
octroyé une somme de 30,000 fr. pour une exploration géologique de la
province, le gouverneur, sir Charles Bagot, nommait, en 1842, un géo-
logue, M. W.-E. Logan, avec M. Alex. Murray, comme assistant, pour
mettre l’œuvre en exécution. L'exploration étant ainsi commencée, fut continue, sous l’administration du baron Metcalle, par un second octroi de 40,000 fr. par an pour une période de cinq années à dater de 1845, et, en 1850, l’acte fut renouvelé sous l'administration du comte d'Elgin pour le même espace de temps.
L’exploration géologique du Canada offre des difliculits tout à fait particulières ; dans les vieux pays, où une civilisation de plusieurs siècles a développé les ressources minérales du sol, et où les mines et ies carrières fournissent partout les moyens faciles de connaitre la nature et l’arrangement des différentes formations du terrain, où enfin les travaux topographiques ont précédé ceux des gtologues et donné une carte exacte du pays, les recherches géologiques deviennent comparativement faciles. Mais dans un pays nouveau, tel que le Canada, toutes ces choses manquaient; le gtologue Ctait appelé à devancer la civilisution, et, pénétrant dans des régions inconnues, à indiquer des sources de richesses minérales dont on ne soupçonnait nas même Pexistence, préparant ainsi la voie pour l’industrie des homines eivilisés qui doivent remplacer les Sauvages. Ajoutons à cela que, comme les connaissances gcographiques sont un préminaire indispensable aux recherches de cette nature, il a fallu souvent combiner la topographie avee la géologie, et faire en même temps une carte géographique et géologique du pays, et l’on peut se former quelque idée des difficultés qu'a présentées cette
investigation du Canada.
Le Canada a une superlicie de près de quarante mille lieues, et les
recherches de MM. Logan et Murray, aidées par celles de M, Richardson, ont déjà fait connaître la géologie d'une grande partie de cette étendue.
D'après la preuve faite devant un comité de la Chambre d'Assemblée, en octobre 1854, il paraît que les explorations jusqu’à cette époque comprenaient les rives des lacs Supérieur et Huron, ainsi que tout le srand bassin occidental du Canada, lu vallée du fleuve jusqu’au golfe Saint- Laurent, les vallées des rivières Richelieu, Yamaska, Saint-François et Chaudière, celles de l'Outaouais jusqu’au lac Temiscaming et ses affluents, ainsi que presque toute la partis du Bas-Canada au sud du Saint-Laurent, y compris le district de Gaspé. À ces travaux géologiques il faut ajouter les relevés topographiques de plusieurs rivières se Jetant dans les lacs Supérieur et Huron, une grande partie de Outaouais et ses affluents, ainsi que les relevés faits par M. Murray sur deux lignes d’exploration entre l'Outaouais et le lac Huron, et les mesurages des principales rivières de Gaspé. Tous ces travaux topographiques n'étaient qu'accessoires au relevé géologique, mais la nécessité dans laquelle se trouvait la Cominission de les faire a grandement augmenté la difficulté de œuvre.
Les rapports annuels de la commission forment aujourd’hui à peu près 1,200 pages in-8°, et contiennent des comptes rendus des travaux géologiques de chaque année avee les descriptions des substances économiques trouvées dans le cours de l’investigation, ainsi que des recherches sur la composition des roches, minéraux, sols, et eaux minérales du pays, faits par MT. Sterry-Ilunt, qui, depuis 1847, a été adjoint à la commission en qualité de chimiste et de minéralogiste.
Les dépenses nécessaires dans un pays où il a fallu faire à la fois et la géologie et la topographie, et organiser des expéditions pour parcourir des régions encore à l’état de nature, ont été telles que, malgré les sommes libérales accordées par le gouvernement provincial pour ces travaux, ce n’a pas été sans des sacrifices personnels très-considérables de la part du directeur que Pexploration géologique a &t6 conduite
jusqu'à ce jour. A la dernière séance de l'Assemblée Législative, il a été
accordé une somme de 40,000 fr, pour la publication d’une carte géolo- 1,600,009
de près de 1m. sur une longueur de 2m.), qui sera accompagnée d’un
résumé des rapportsqui ont déjà paru, On se propose, dans la continua-
tion des travaux, de publier chaque année, outre les rapports de progrès,
gique du Canada, sur une échelle de 1 (ayant ainsi une largeur
une livraison de dix planches des fossiles caractéristiques des différentes formations du Canada, avec descriptions, et de donner plus tard des coupes géologiques avec une carte détaillée sur une grande échelle, dont les parties séparées paraîtront successivemeut chaque année,
La commission géologique s’est assuré la coopération de M, James Hall, de New-York, pour la publication des travaux de palwontologie exigeant des études spéciales, Ce savant, si bien connu par ses recher-
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ches sur la géologie des États-Unis, publiera prochainement une carte géologique de ce pays sur la même échelle que celle du Canada, et comme M. Logan a adopté les divisions reconnues par M. Hall dans le terrain palæozoïque des États-Unis, les travaux dans ces deux pays limitrophes donneront à la géologie de l'Amérique du Nord une unité de plan qui offrira de grands avantages pour les recherches futures sur le continent américain, Les deux cartes que l’on fait graver actuellement à Paris paraîtront dans quelques mois.
Le gouvernement canadien ayant voulu envoyer à l'Exposition Universelle de Paris une série des minéraux économiques du pays, M. Logan fut chargé de les réunir, et la collection, quoique en partie exposée sous les noms de plusieurs individus, fut, à quelques exceptions près, recueillie par les soins personnels des membres de la commission géologique. Pour indiquer les relations géologiques de ces matériaux, M. Logan a exposé en même temps une carte sur une échelle de 1, sur laquelle il a réuni pour la première fois tous les détails de ses travaux géologiques, et comme explication à la fois de la carte et de la collection, on a cru devoir donner, dans le petit traité suivant, un court résumé des faits les plus dignes d'intérêt qu'offrent la géologie et la mintralogie du Canada. Nous y avons ajouté un catalogue des minéraux économiques du pays, ainsi qu'une petite carte, réduite à un sixième de celle que nous allons publier, sur laquelle se trouvent marquées, par des couleurs, seulement les grandes divisions du terrain, la pétite échelle à laquelle nous nous sommes borné ne permettant pas de signaler ainsi les sous-divisions qui sont indiquées dans le texte et sur la grande carte, Nous avons cependant essayé de montrer par des lignes les limites de chaque formation. La géoiogie des États voisins est empruntée des cartes des géologues américains, notamment de celle de M. James Fall,
Pour les faits géologiques et pour ce qui se rapporte à la structure physique du pays, tout est dû à M. Logan; la minéralogie, ainsi que la chimie des roches métamorphiques et des eaux minérales, sont le résultat des travaux de M. Sterry-Hunt, qui a rédigé ce mémoire,
’aris, le 1er août 1855.
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