DU SYSTÈME LAURENTIEN
Les roches de ce système sont, presque sans exception, des anciennes couches sédimentaires qui sont devenues très-cristaliines ; elles ont été beaucoup bouleversées, et forment des rangées de montagnes ayant une direction à peu près nord-est et sud-ouest, et s’élevant quelquefois à des hauteurs de huit cents ou mille mètres, et méme au-lelà. Les roches de cette formation sont les plus anciennes connues sur le continent d'Amérique, et correspondent probablement aux gneiss les plus anciens de Finlande et de Scandinavie, et à des roches semblables du nord de l’Ecosse.
Les roches de la formation laurentienne sont en grande partie des schistes cristallins, pour la plupart gneissoïdes où hornblendiques. On voit associées à ces schistes, de fortes masses stratifiées d'une rochè cristalline qui est composée presque entièrement de feldspath à base de chaux et de soude. Cette roche est quelquefois à grains fins, mais plus communément porphyroïde, et contient des masses clivables de feldspath, qui ont souvent plusieurs centimètres de diamètre. Ces feldspaths appartiennent au sixième système, et ils ont ordinairement la composition de l’andesine, du labrador, de Panorthite, ou des variétés intermédiaires. Leurs couleurs sont assez variées ; mais les feldspaths clivables sont généralement bleuâtres ou rougeâtres, et offrent souvent des reflets coloriés. L’hypersthène est un minéral qui est très répandu dans ces roches feldspathiques, mais toujours en petite quantité. Le fer titané s’y trouve en un grand nombre de localités, quelquefois en petits grains, et d’autres fois en masses considérables,
Avec ces schistes et ces feldspaths se rencontrent des strates de quartzite, associés avec des calcaires cristallins qui ont une place assez importante dans cette formation. Les calcaires forment des coucles d’un mètre à plus de cent mètres d'épaisseur, et offrent souvent une succession de couches minces, intercalées avec des couches de ,rneiss ou de quarizite. Les quartzites se présentent quelquefois sous forme de conglomérats, et ont, en certains cas, une pâte de dolomie. On voit associées à ces calcaires des couches composées en grande partie de wollastonite et de pyroxène, qui évidemment doivent leur origre au métamorphisme qu'ont subi les calcaires siliceux. Des couckes de
dolomie ou de calcaire pus où moins magnésien sont souvent intercalées avec des calcaires purs.
Les calcaires de cette forination sont rarement compactes et le plus souvent à gros grains. ls sont blanes où de couleur rougeâtre, bleuâtre ei grisätre ; ces couleurs sont guelquelois disposées en bandes qui coïncident avec la stratification. Les principales espèces minérales qui se rencontrent dans ses calcares sont: apatite, fluorine, serpentine,
phiogopite, se 69i 2, orthose, pyroxène, hornblende, wollastonite,
quartz, idocrase. tourmaline brune, condrodite, spinel, éorindon, zireon, sphène, : svuntt, fer oligiste et graphite, La condrodite et
Je graphite sont souvent araigés en bandes parallèles avec la stratifi-
ation. Ou trouve quelquefois des couches d’un mélange de wollastonite er pyroxène, qui sont très riches en Zircon, splhiène, grenat et ilocrase. Les variétés les plus cristaliines exbalent souvent une odeur tres-fétide quand on les écrase. Ces calcaires ne fournissent pas partout des minéraux bien eristallisés ; pres de la baie de Quinté il se trouve des couches qui ont conservé le caractère scdimentaire, et dans lesquelles on voit le commencement de métamorphisme,
Les conditions dans lesquelles se trouvent quelquefois ces calcaires montrent que les agents qui lex ont rendus cristallins, ont été de nature à rendre le carbonate de chaux presque liquide, et que dans cet état il a subi une grande pression, A Pappui de cette opinion, nous trouvons | |
que le calcaire remplit/souvent des fissures dans les couches siliceuses environnantes, et enveloppe des fragments détachés et souvent plis, de ces strates moins fusibles, à lt manière d'une roche igrfs.
Ces schistes, feldspaths, auartzites et calcaires, tels que nous les avons décrits, constituent la partie stratifiée du système laurentien ; mais il y a en outre des granites, syéniies et diorites intrusifs qui forment des masses assez linportantes ; les granites sout quelquefois albitiques, et contiennent souvent de la tourmaline, du miea en grandes lames, du sphène et du sulfure de molybdène,
Parmi les minéraux économiques de cette formation, les m nerais de fer sont les plus importants, et 82 trouvent pour la plupart dans les calcaires. Le fer oxydulé qui alimente les forges de Marmora dans le Haut-Canada, vient de Belmont, où il forme une succession de couches intercalées avec le eaïcaire cristallin et un schiste talqueux verdâire.
Les assises sont ici arrangées en forme de bassin, et le fer oxydulé y
domine dans une épaisseur de trente-cinq mètres. A quelques licues
de cette dernière localité, dans le canton de Madoc, on a exploité une couche de fer oxydulé qui se trouve dans un schiste micacé, et a une puissance de huit à dix mètres, Le minerai, d’un grain extrèémement fin, est souvent doué de polarité magnétique, et il contient en mélange
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le plus bleuâtre des qui ules qui pentine, astonite, orindon, rodite et stratifilaistonite Llocrase.
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un peu dactinolithe, avee de petites quantités d'uranite jaune ; il fournit un fer d’une qualit supérieure. Dans les districts environnants, plusieurs autres masses de fer oxydulé ont €té trouvées ; celle de Kouth- Sherbrooïe a vingt mètres, et celle de Crosby, sur le canal de Rideau, plus de soixante mètres d'épaisseur. A Full, sur POutaouais, une assise de trente mètres est mise à jour par suite d’une ondulation des couches en forme de dôme, de sorte qu'on l'exploite avec une grande facilité. Ces minerais sont, pour la plupart, de fer oxydu 6 pur, ou mèlé seulement avec quelques centièmes de miea où de quartz.
Une variéié compacte de fer oligiste (hématite rouge) r'mplace souvent le for oxydulé dans cette formation, A Macnab, sur l'Outaouais, une couche de cette espèce, ayant une épaisseur de huit mètres, se trouve dans un calcaire cristallin ; le minéral est ,elé vec un peu de silice et de carbonate de chaux 3 M. Murray, Pan des L ‘ologues de Ta commission, a récemment reconnu l'existence d'uus immense étendue de fer oligiste eristallin sur Pune des îles du lae Nippissing.
Les calcaires eristallins du svstème Taurentien soat souvent traversis de veines de spath ealeaire et de baryte solfa », contenant du sulfure
de plomb en masses dissémintes, où en filons qui ont souvent cinq et
u six centimètres d'épaisseur, Un de ces gisements, dans le canton de Lansdowie, est déjà exploité ; et ce qui paraît être une continuation de la mème veine se rencontre dans le canton de Bedford. Ces gisements ontuñe direction générale du nord-ouest an sud-est, Lan glèac est quelquefois aecompagnée d’un peu de blende et de pyrite de fer ; elle est très pen argentifère, ne donnant par coupellation qu'environ deux onces largent par tonneau de minerai
Des veines contenaat de la pyrite de cuivre ont été remarquées dans plusieurs endroits de la formation laurentienne ; mais jusqu'à pr'sent la quantité du minerai paraît étre très peu considérable, Une de ces localités se trouve dans la seigneurie de Lanoraie, dans le cointé de Berthier ; et dans le voisinage, dans li même seigneurie, il y a une veine de quartz de douze mè res de largeur contenant nne graude quantité de pvrite cubique et de pyrite magn'tique. Dans Fiseigneurite voisine de Daillebont se tronve üne veine considérable de pyrite de fer qui contient de petites portious de cobalt et de nickel D'ailleurs ectte mème formation, dans l’état de New-York, a déjà fourni du sulfure de nickel eristallisé,
Le graphite est très fréquemment disséminé en petites paillettes d'ins les caleuires eristallins, et forme aussi des veines, qui ont quelqnelois une épaisseur considérable, Deux de cellesei se tronvent près de Grenville, sur POutaonnis, dont l'une a &t% exploitée il y a quelques
années. Le graphite, d’après la description que doune M. Logan, est
en trois filons détachés, ayant c'iacun une épaisseur d'à peu près douze centimètres, et il est ici accompagné de wollastonite, orthose, idocrase, grenat, zireon et sphène, De beaux échantillons de graphite ont 616 trouvés en plusieurs autres loca'ités. Le graphite de ces coleaires étant très-cristallin et Jameïleux, il ne peut pas être scié comme le graphite de Cumberland, et d'ailleurs sa couleur est grisâtre et son Cclat métallique, de sorte qu’il ne convieadrait pas à la fabrication des crayons. Il peut pourtant très-bien servir pour les creusets réfractaires.
Le sulfate de baryte, qui est maintenant beaucoup employé dans la fabricition des couleurs, est assez commun dans la formation laurentienne, La gangue des veines plombifères dont nous avons parlé plus haut, est souvent du sulfate de baryte ; et dans une partie de eelle de Lansdowne, la galène cessant d’apparaître, la veine, qui a une largeur de soixante-dix centimètres environ, est composée de sulfate de baryte parfaiternent pur, et quelquefois en gros cristaux. Bathurst et Macnab sont aussi des localités où se rencontre le même minéral.
Les fers titanés de Ja formation laurentienne méritent bien l'attention des minéralogistes, par leur abondance, ainsi que par leurs associations ; bien que ces minéraux ne soient guère adaptés à la fabrication des fers, surtout si la proportion de Poxyde de titane y est un peu forte, ils peuvent devenir importants comme sources de titane,
Les principaux gisements de fer titané au Canada sont à la Baie Saint-Paul, où une seule masse de trente mètres d'épaisseur et de près de cent mètres de longueur se trouve, avec beaucoup d’autres plus petites, dans une roche composée pour la plupart d’un feldspath du sixième système. Le minéral, qui est granuluire, a [a composition de lilmenite des monts Ourals ; il à fourni à M. Hunt: acide titanique 48,60, protoxyde de fer 37,06, peroxyde de fer 10,42, magnésie, 3,60— 99,68; il contient en quelques parties une proportion considérable de grains rouge orangé et transparents, qui sont de l’acide titanique pur, soit rutile où brookite. Les roches à bas: de feldspath contiennent en plusieurs autres endroits du fer titané, souvent en lits d'une épaisseur de quelques centimètres, et marquant toujours les lignes de stratification. Si jamais, dans les progrès des sciences chimiques, le titane ou ses combinaisons prennent quelque importance dans les arts, les gisements du Bas-Canaïda fourniront des sources infpuisables de fer titané.
Un calcaire cristallin près de Grenville fournit une grande quantité de mica en gros cristaux, capabl: d'être divisé en plaques très-minces, d’une largeur de trente à cinquante centimètres, et d’une netteté parfaite. Ce gisement est déjà exploité, et le mica est beaucoup employé dans la construction des poêles et des lanternes.
Les gneiss et les quarizites du système laurentien fournissent, em
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beaucoup d'endroits, d'excellentes pierres de construction ; mais comme ces roches se trouvent, pour la plupart, dans les endroits peu habités, et que d’ailleurs elles sont plus difliciles à travailler que les calcaires du terrain silurien, elles ne sont guères exploitées jusqu’à présent. Les calcaires laurentiens, cependant, fournissent un marbre blanc, qui est souvent marqué d’ondulations bleuâtres ou grisâtres, comme par exemple celui d’Arnprior, ou mêlé avec des grains de serpentine verte, formant le marbre de Grenville, qui est maintenant exploité. Ces calcaires sont rarement d’un grain bien fin; mais la dolomie du lac Mazinaw peut être comparée avec le marbre de Carrare.
Parmi les minéraux possédant une valeur économique, il ne faut pas oublier le phosphate de chaux, si précieux pour l’agriculture, et qui est disséminé en petits grains dans les calcaires cristallins. Dans le canton de Burgss, il existe un gisement remarquable de ce minéral dans une assise de calcaire rougeâtre à gros grains, contenant de grands cristaux de mica. Le phosphate de chaux, d’une couleur vert pâle, forme souvent des longs prismes ayant un diamètre de sept à huit centimètres ; les angles ne sont jamais bien nets, et le minéral prend souvent les formes de masses arrondies, donnant au calcaire l’aspect d’un conglomérat, et rappelant les couches de calcaire siiurien que l’on trouve remplies de coprolithes de phosphate de chaux. L’apatite peut former à peu près un tiers de la masse du calcaire de Burgess,.
Comme pierres capables d’être employées dans les objets d’ornement, nous pouvons citer le feldspath aventurin, auquel Thomson a donné le nom de perthite, mais qui n’est qu’une orthose, et le peristérite du même auteur, qui est un albite blanc et translucide, remarquable par ses beaux reflets de bleu, jaune et vert, ressemblant au feldspath labrador. Une belle variété de cette dernière espèce, dont nous avous signalé plus haut l'existence en grande quantité dans les roches hypersthéniques, se trouve en plusieurs localités sous forme de blocs erratiques, et il existe en place dans la seigneurie de Mille-Iles. Dans le canton de Burgess se trouve une variété rose de corindon qui approche du rubis, et les zircons rouges de Grenville sont quelquefois d’une beauté et d’une transparence parfaites.
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DU SYSTEME CAMBRIEN OU HURONIEN, Les bords des lacs Huron et Supérieur nous off nt une série de schistes,
te 1! tt con! ‘rats, I , vec \ Dlll 5! 10 grès, calcah ‘s CI congiomerals, intercalts avec di ptissant s assises de
diorite, et reposant en stratification discordante sur le systéme laurentien,
Comme ces roches sont inférieures au terrain silurien, et comme d'ail leurs elles mont jusqu’à préseut offert aucun fossile, elles peuvent bien
être rapportées au système cambrien (le cnbrien inférieur de M. Sedgwick), Les schistes de &e système, sur le lac Supérieur, sont de
couleur bleuâtre, et reafcrment des couches de silex éorné qui à des
bandes calcaires, et dont les feutes sont souvent rempl
ies anthracite.
Ces roches sont recouvertes d'une épaisseur considérable de trapp, sur lequel sont saperposées de puissantes assises de grès blanc et ronge, qui passent quelquefois à l'état de conglomfrat, renfermant des orbicules de quartz et de jaspe. Des conches d’un calcaire ronsetre arzileux se trouvent interposies dans çes grès, qui sont enirecoupis et recouverts
par une seconde formation de diorite d'une grande épaisseur, offrant une
structure colnmnaire. Cette formation qui, d'après les observations de M. Logan, a une épaisseur totale de près de quatre milles mètres, est
traversée par un grand nombre de dykes de trapp.
Daus la formation correspondante de la rive septentrionale du lac Huron, on rencontre des grès ayant un aspect plus vilrenx, et des conglomérats pins abondants que sur le lac Supirieur, associ’s pourtant avec des schistes et des congloinfrats schistenx semblables à ceux que ous venons de décrire, le tout offrant de grandes masses intercalées de diorite. Une couche de calcaire ayant une épaisseur de seize mètres forme une partie de cette série, à laquelle M. Logan douns une puissance de plus de trois mille mètres, M Lozau a constaté, après Pirruption des diorites interstratifiñes, celles de deux systèmes de dykes de diorite, et un troisième de granite d’une époyne intermédiaire entre ces deux dern'ers. La formation des veines métallifères appartieit à une époque plus récente.encore. Les espèces principales de ces veines sc le cuivre natif, le quartz, le spuih calcaire, la dolomie, li fluorine el barytine avec plusieurs z£olithes, dont la plus abondante est Fr lanmontite: on y reucontre en outre la heulandite, la stilbite, la thomxsonite,
l'apophyllite et Panalcime, ainsi que la prehnite et le datho‘ithe. Ces
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veines ne sont mitailifères que lorsqu'elles traversent les couches de trapp.
Les localités les plus importantes pour le cuivre natif sont les iles près de la baie de Népigon, lac Supérieur. Sur l’île Saint-[agnace, une veine coïncidant avec la stratification a été suivie d’une extrémité de l’île à l'antre. Elle offre, partout où elle a été exploitée, du cuivre natif, souvent en belles cristallisations, et associé avec du cuivre sulfuré. Le cuivre natif a aussi été exploité sur Pile de Michipicoten, à Maiïmanse et à Mica-Bay, sur la rive orientale du Jac, où il est associé avee le cuivre sulfuré et le pyrite de cuivre. L'argent natif. souvent cristallisé, accompagne le cuivre dans toutes les localités indiquées sur les îles Saint-[gnagc et Michipicoten A la mine de Prince, sur l'île de Spar, ce métal se trouve dans üne veine de quartz et spath calcaire accompa, gné d'argent sülfuré, cuivre sulfuré, galène, blende, malachite et arséniate de cobalt, L'argent natif s’y rencontre sous la forme de petites lames dans le spath calcaire, dont plusieurs essais sur des portions d'une masse de quelques centaines de livres, ont fourni de trois à quatre pour cent d’argent contenant des traces d'or. Sur l'île Michipicoten on trouve du nickel arsenié associé avec l’arseniure de cuivre (domeykite), ainsi qu'un silicate vert hydraté de nickel et d'alumine, ecatenant trente et un pour cent d'ixyde de nickel. Le nickel existe aussi à la mine de Wallace sur le lac Huron, sous la forme d’un sulfure arsenié associé avec de la pyrite ce minerai fournit treize pour cent de nickel avec un peu de cobalt,
Les veines jusqu'à présent examinées sur le lac Huron n'offrent pas de cuivre natif; le cuivre pyriteux y pridomine, mais les mines de Bruce ont fourai des quantités considérables de cuivre sulfuré et de phyllvpsite dans une gangue de quar:z, de barytine et de dolomie. A Ja mine de Wallace, à la rivière Racine et au lac Echo, ii y a aussi des veines considérables où le métal se trouve sous la forme de cuivre pyriteux.
Cette formation huronnienne s’observe sur une distance de près de cent-cinquante licues sur les laes Huron et Supérieur, et offre partout des veines métallifères qui n’ont été que très-veu exploitées jusqu’à présent. Mais on ne peut douter que cette région ne contieune des dépôts métalliques qui deviendront un jour une source de grandes richesses pour le Canada, La formation houilière de l’état voisin de Michigan fournira alors le combustible nécessaire aux procédés métallurgiques.
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DES TERRAINS PALÆOZOÏQUES.
Sur les îles au nord du lac Huron on trouve une série de couches fossilifères qui reposent horizontalement sur les strates inclinées de la formation huronienne. Plus au sud, les couches fossilifères reposent directement sur les roches du système laurent'en, pendant tout leur affleurement le long de la vallée du Saint-Laurent, Les formations fossilifères ainsi indiquées correspondent aux plus anciennes couches de PEurope, désignées par Murchison sous le nom du système silurien, mais formant la partie supérieure du cambrien de Sedgwick. A cette formation succède le terrain silurien supérieur de Murchison (silurien de Sedwick}et le devonien; ces groupes, à exception d’une petite étendue de la formation carbonilère, occupent toute la partie canadienne du grand bassin qui est limité au nord par les terrains laurentiens et huroniens,
M. Lozan a fait voir que le bassin ainsi indiqué peut être divisé en deux parties par un axe antictinal, qui, suivant la vallée de Pudson et du lac Champlain, entre dans le Canada, près de la baie de Missiscoui, et, se dirigeant ensuite vers le nord-est, gagne le Saint-Laurent près de Deschambaalt, à dix lieues à l’ouest de Québec. La partie occidentae formerait alors un bassin secondaire renfermant les terrains houiliers d’Apalachia, Michigan et Hinois, tandis que la partie orientale coutiendrait ceux du Nouveau-Brunswick et du Massachusetts. Les roches de ces deux bassins présentent d’ailleurs des différences remarquables dans leurs conditions physiques et chimiques. Les formations de celui de l’ouest sont à peu près horizontales et offrent une conformité parfaite, tandis que dans celui de Pest il y a manque de conformité entre le silurien inférieur et supérieur et entre le devonien et le cerbonifère, Les couches du bassin oriental sont en outre plissées et contournées, et en quelques parties ont subi de profonds changements chimiques et minéralogiques. Nous donnerons d’abord une description des dépôts sédimentaires du bassin occidental.