DU BASSIN ORIENTAL
Nous avons déjà indiqué l'existence d'un axe anticlinal qui divise en deux bassins le terrain palæozoïque du Canada. Surla ligne de cet axe, la formation la plus récente (sauf les argiles tertiaires) est la partie inférieure du groupe de la rivière Hudson, distinguée sous le nom de sebistes de Lorraine ou de Richelieu. Dans la vallée d'Yamaska, un affleurement de calcaire de Trenton marque cette ligne anticlinale qui sépare les deux bassins. Non loin à l’est de ce calcaire, l’on trouve reposant sur les chistes du Richelieu, une série de roches sédimentaires qui constituent la partie supérieure du groupe de la rivière Hudson, mais qui n'existent pas dans le bassin de Pouest, d’où elles ont probablement été enlevées. Cette série se compose de grès massifs, grisâtres, souvent calcaires, associés avec des schistes gris, verts et rouges vers le sommet, et d’autres shistes noirs, bitumineux et graptolithiques. En quelques parties de cette formation, les grès deviennent des conglomérats, el renferment de gros fragments des formations fossilifères inférieures. Plus souvent cependant lon voit les crès passer à un calcaire bitumineux, qui manque de sable siliceux, de magnésie de fer, et qui contient des fossiles, Ce calcaire est intercalé avec une dolomie siliceuse et bitamineuse, qui jaunit à l'air, et contient une portion de carbonate de fer, et la dolomie paraît en quelques parties être remplacée par un carbonate de magnésie ferrugineux et siliceux. Cette série de roches forme les hauteurs de Québec et de la Pointe-Lévi, et atteint ici une épaisseur de plus de trois cents mètres,
A cette formation de Québec succèdent des schistes rouges et verts, avec de petites bandes de matière calcaire, et intercalés, surtout vers le sommet, avec de grandes masses de grès quartzeux, souvent calcaire et coloré par un mélange de matière argileuse qui est verdâtre ou rougeâtre Cette série de grès et de schistes, qui peuvent avoir une épaisseur totale de mille mètres, a été nommée par M. Logan le groupe de Sillery, et paraît être l’équivalent de ce que les géologues de New-York on désigné sous le nom de conglomérat de Shawangunk ou d’Onéida, qui dans le New-York central, est interposé entre les schistes de Richelieu et le grès de Médina. Cette formation de Sillery, comme celle de Québec, manque dans le Haut-Canada; mais à l’est, les deux peuvent p*
être suivies jusqu’à l'extrémité méridionale du bassin houiller d’Apalachia.
La formation de Sillery n’offre que très-peu de restes organiques : à la Rivière Ouelle, cependant, on a trouvé dans les grès des corps composés de phosphate de chaux et ressemblant à des fragments d'os; dans la même localité aussi une couche de conglomérat à base de calcaire a fourni un grand nombre de corps qui paraissent être des coprolithes, et sont composés de phosphate de chaux, avec un peu de carbonate de chaux, de matière animale, et 19 ou 12 p. 100 d’oxide de fer. Ils sont intimement associés avec une quantité considérable de petits globules de pyrite radiée. Cette association paraît due à l’action réductive des matière organiques sur un sulfate ferreux neutre qui fournirait à la fois du bisulfure et de l’oxide de fer Les schistes graptolithiques de la Pointe-Lévi contiennent aussi quelquetois des coprolithes.
Sur les formations de Québec et de Sillery, qui forment la côte septentrionale de Gaspé, reposent, en stratification discordante, sept cents mètres environ de calcaire et schistes fossilifères qui représentent le terrain silurien supérieur, auxquels succèdent plus de deux mille mètres de grès devoniens intercalés avec des schistes rouges. Sur la côte méridionale de Gaspé, les couches relevées de ce terrain devonien sont recouvertes par mille mètres de couches horizontales du grès meulier qui forment la base du bassin houiller du Nouveau-Brunswick, mais ne contiennent pas de minéral combustible.
Les “Aluaires fossilifères de Gaspé peuvent être suivis vers le sud-est jusqu’au lac de Memphremagog sur la ligne des États-Unis, et de là ils continuent au sud, dans la vallée du Connecticut à r’endroit où ils sont recouverts par les grès triassiques du Massachusetts, formant ainsi un afleurement sur une longeur de deux cent cinquante lieues. Le terrain devonien, qui est purement siliceux dans Gaspé, offre, vers le sud-ouest, des couches de calcaire qui se trouvent dans la même vallée avec des calcaires siluriens dont on vient de parler.
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ÿHËS ROCHES MÉTAMORPHIQUES,
Les roches du bassin criental du Canada ayant été bouleversées par une série de plissements et de dislocations, forment des chaînes paral. lèles de montagnes qui appartiennent au système de Allégianis, et qui s'étendent vers le sud-ouest, traversant la province, dans la rémie direetion jusqu’à l’État d’Alabaina, latitude 349 nord. Quelques-unes de nos montagnes en Canada atteignent une hauteur de mille à quatorze cebls mètres. | Les roches de ce terrain montagneux ont été beaucoup meta morphisées et rendues crystallines par des actions chimiques, de sorte que les fossilles ne sont plus pour la plupart reconnaissables, Les roches ainsi métamorphisées appartiennent au groupe de la rivière Hudson et à la formation de Killery, etelles aceupent une bande d'une largeur Ras d'environ quinze lieues, qui limite au nord-ouest la vallée occupée par les calcaires supérieurs dans toute sa longueur de deux cent cinquante lieues, La direction de cette bande de roches métamorphiques ne suit pas exactement les ondulations du terrain, d’où il résulte que celleee: en seloignant vers le nord-ouest, sortent des limites de la égion de métanorphisme, et laissent voir les roches avec leurs fossiles caractéristiques. Les changements qu'ont subis les couches sédithentaiéss ne souvent très-remarquables ; quelques-unes d’entre elles sont HadséE à Pétat de schistes chloritiques, micacés ou talqueux, et d’autres de roches feldspatiques, amphiboliques et épidotiques. Avec les schisteg talqueux et argileux sont intercalées des couches de serpentine iront déjà été observées sur une distance de cinquante lieues dans le Canada et sont accompagnées par des couches de calcaire, dolomie magnésite, amphibole et diallage. Ho
Les investigations de la commission géologique semblent indiquer que pendant les changements qu'ont subis ces roches sédimentaires, il Lire pas eu introduction de matières étrangères, mais qu’au contraire tous les minéraux qui se trouvent dans ces roches cristallines dont on vient de parler, ont été produits par les réactions et combinaisons chimiques des matières déjà existant en état de mélange dans les sédiments. . schistes du terrain non métamorphisé fournissent par l'analyse quatre ou cinq centièmes d’alcali, qui suffit pour constituer les feldspaths et les micas que contiennent les schistes cristallins ; les dolomies et les magné
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sites contiennent toujours beaucoup de silice et bien souvent une portion d'oxyde de chrome, qui, sous la forme de fer chromé, caractérise les serpentines de cctte région. L'origine sédimentaire de ces serpentines est bien évidente, ct il paraît très-probable qu'eliecs ont pris naissance par suite d’une réaction entre la silice et le carbonate de magnésie, en présence de l'eau, et aidée par une température plus où moins élevée. Bischoff à fait voir que la silice, même dans sa modification insoluble, décompose ainsi les carbonates de chaux, de magnésie et de fer, mème à une température de 100 centigrades. Une telle réaction avec des magnésites très-siliceuses fournirait un silicate hydraté de magnésie qui ne serait autre chose que la serpentine, et avec des dolomies il résulterait des ampbiboles ou des diallages. Des magnésites moins siliceuses donneraient des tales et des stéatites, tandis que des dolomies mélangées de trop peu de silice pour former des amphiboles, produiraient des mélanges si communs de serpentine avec calcaire.
Parmi les schistes onctueux à éclat nacré, il y en a beaucoup qui ne sont pas magnésiens, mais qui doivent leurs caractères lithologiques à un minéral micacé qui,en certains cas au moins, est un silicate hydraté d’alumine identique avec le pholerite de Guillemin. Il est à remarquer que la plupart des espèces de ces roches métamorphiques sont des minéraux hydratés, tels que la sersentine, le tale, la chlorite et la pholérite ; le diailage est aussi hydraté. Parmi les silicates anhydres, il faut signaler le pyroxène, Porthose, l’épidote, et, plus rarement, le grenat, le sphène et Ja tourmaline.
Il est facile de voir, à mesure qu'on se rapproche de la limite nordouest de la région métamorphique, la transition graduelle par laquelle les schistes perdent leur aspect chloritique ou nacré, et reprennent leur caractère sédimentaire. Au-delà des limites du métamorphisme, mais dans une région où les roches sont encore bouleversées, se rencontrent des fissures remplies par une matière noire, bitumineuse et très-fragile, qui est quelquefois en masses de forme mamelonnée. Cette substance perd, par une forte chaleur, 20 pour 100 d'hydrocarbures volatiles, et laisse un charbon pulvérulent, qui brûle difficilement, en ne donnant que quelques millièmes de cendre. Cette matière, qui est très-commune dans les formations de Killery et de Québec, paraît provenir du bitume des terrains palæozoïques qui, volatilisé par la chaleur, est venu se condenser dans les fissures des couches, où il a ensuite subi des changements qui lui ont fait perdre sa volatilité, et l’ont transformé en matière charbonneuse.
Dans le comté de Gaspé, les calcaires du système silurien supérieur qui n’ont subi aucune transformation minéralogique, reposent sur les couches m étamorphisées du silurien inférieur, et renferment même des fragments
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