‹ Le Canada et l'Exposition universelle de 1855 [microforme]Chapitre 45 sur 243 · PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES

Importance du Canada.—Bornes, étendue et position du pays.—Portion habitie.—Eaux navigables.—Marées dans le fleuve Saint-Laurent.—Richesses naturelles.—Progrès depuis 1760.—Division et but de ce livre.

Le Canada a bien changé depuis l’époque où l'on se consolait de la perte de cet immense territoire pour la France, en disant: ‘ Après tout, que nous font quelques arpents de neige au Canada!” Jusqu'à l'année 1855, que ces quelques arpents de neige sont devenus un pays de près de 40,000 lieues en superficie, peuplé par 2,000,000 d'habitants ; dont Je sol fertile produit pour au-delà de 500,000,000 de francs de valeur annuelle, indépendamment de l'exploitation des forêts et des richesses que contiennent les eaux du golfe, aux pêcheries «us rivales; dont lindustrie occupe une flotte océanique du port de plus d’un million de tonneaux, et une flottille intérieure de plus de deux cent mille ; ayant un gouvernement quasi indépendant, avec un revenu de 25,000,000 de francs, et des institutions d'éducation, et de bienfaisance dignes des contrées ies mieux favorisées.

Le Canada, borné au nord et à l’ouest par les vastes possessions britanniques connues sous les noms de Postes-du-Roi, ou de territoire de la compagnie de la Baie d'Hudson; à Pest et au sud par le golfe Saint- Laurent, la province du Nouveau-Brunswick et les États-Unis, affecte la forme générale d’un carré long ayant une direction, dans le sens de sa longueur, du nord-est vers le sud-ouest.

La longueur totale du Canada est, en chiffres ronds, de 400 lieues de France, et sa largeur d'environ 100 lieues ; les bornes du pays touchent, dans le sens de sa longueur, au 60e et au 84e degré de longitude ouest du méridien de Greenwich, et aux 42e et 52e degrés de latitude nord. Ici comme ailleurs les bandes isothermes ne suivent pas les lignes des degrés de latitude ; et, à part la partie de la péninsule de Pouest, qui se trouve immédiatement voisine du lac Erié, à l'extrémité du Haut-Canada, qui est la portion la plus chaude de tout le pays, et la côte du Labrador, l'extrémité nord du Bas-Canada, qui en est de beaucoup la plus froide, les quelques différences qui existent dans le climat n’ont d’eflet que sur la production de certains fruits délicats, et nulle influence sur les produits ordinaires de l’agriculture.

La portion habitée de cette vaste étendue ne couvre qu'une superfeie d'à peu près 4,000 lieues carrées, le reste est la propriété de la province, et se trouve dans son état primitif comme forêts, pour la produetion des bois de construction, dont une quantité immense est chaque année embarquée pour les marchés d'Europe et même d'Amérique.

I n’est nulle part un pars arosé par de plus belles et de plus grandes rivières que le Canada, que traverse le fleuve Saint-Laurent dans toute Pétendue de son cours: le fleuve Kaïnt Laurent, navigable pour les plus grands vaisseaux juxqu'à Québce, distance de 150 lieues de son emborrchure, navigable pour les navires de 600 tonneaux de port jusqu’à Montréal, soixante autres lieues, et que sillonnent partout des vapeurs des plus grandes dimensions et des bâtiments à voiles de 2 à 300 tonneaux. Le flux de la mer se fait sentir jusqu’à Trois-Rivières à trente lieues au-dessus de Québee: dans le port de Québee, les marées s'élèvent à un maximum de vingt pieds, et ont une moyenne élévation de douze pieds, car de ce port vers le golfe le grand fleuve aflecte toutes lex allures de la mer.

Les productions naturelles qu'offre le Canada sont aussi variées que son sol couvre d'espace; les k :s des espèces les plus utiles s’y trouvent en abondance d'une extrémie à l’autre du pays;les minéraux, jusqu’à l'or, n’y manquent pas, surtout le fer et le cuivre ; les forêts sont peuplées

des animaux aux plns belles fourrures, et le golf: Saint-Laurent offre le

plus précieux endroit de pêche qui soit an monde. Le sol est presqne partout d'une fertilité proverbiale ; et les explorations qui se fort tous les Jours prouvent que le terrain est bon, même dans des endroits où on Pavait toujours eru d'une qualité inférieure.

Favorisé d'ane ranière si spéciale par la Providence, le Canada & marché dun pas ferme et rapide dans Îa voie de tous les progrès ; sa population, qui n'était que de soixante et quelques mille âmes en 1760, a, dans moins d'un siècle, augmenté dans la proportion de plus de trente pour un. Une portion relativement considérable de son sol & êté ouverte à la culture ; des voies de communication, qui sont, sous certains rapports, sans égales dans le monde, ont 616 données au commerce; Féducation à progressé dans la même proportion que l'agriculture et l'industie. Comme conséquence naturelle, les institutions politiques et civiles se sont améliorées dans le sens d’une liberté bien entendue. Certes le Canada, comine tous les pays, a ses misères ; comme partout ailleurs, tout n'y est pas parfait et le petit peuple qui habite à de temps à autre ses Jours d'épreuves; mais à prendre les choses de la terre pour ce qu’elles sont et ts hommes pour ce qu'on les voit être partout, eomparativement, il est peu de pays où il fait meilleur à vivre qu'au Canada, sur quelque point de son territoire qu’on attache ses regards.

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