UN MOT SUR LES PRINCIPALES ÉPOQUES DE L'HISTOIRE DU CANADA
Découverte du Canada par Jacques Cartier.—De Roberval.—Champlain fonde Québec.—Prise de Québec par les Anglais.—Cauada repris par la France.— Montréal fondé.—Colbert forme le projet de coloniser la Nouvelle-Framee.—Constitution civile de la colonie.— Administration ecclésiastique.--Education.—Guerre entre les eclonies.—Héroïsme des colons.—Siége de Québec.—De Frontenace, d'Iberville.—Position de la Nouvelle-France en 1721.—Québec en 1755.—Succès et revers.—Défaite de Montcalm.—Victoire de De Lévis.—Capitulation et traité de cession de 1761.—Luttes entre le: colons français et
les émigrés anglais —Constitution civile de 1774.—Guerre de iir:'‘per dance américaine,—Constitution de 1791.—Guerre de 1812.—Priso d'armes en 1837.—Constitution actuelle.
Le lecteur ne doit s’attendre, dans ce court chapitre, qu'à quelques renseignements rapides sur les principales phases qni ont signalé la vie politique de cette importante contrée.
Ce fut en 1534 que le Canada fut découvert par Jacques Cartier, qui y fit trois voyages successifs, passa l’hiver à Québec et explora le fleuve du Golfe jusqu’à Montréal. Québec et Montréal étaient alors, comme à présent, les centres principaux de population et d'importance aborigènes; la première s'appelait Stadaconé et l’autre Hochelaga.
Le premier gouverneur du Canada, M. de Roberval, périt avec tout son monde dans un second voyage, et cet affreux malheur ne contribua pas peu à retarder les progrès de la nouvelle colonie.
De 1534 à 1608, époque de la fondation de Québec par M. de Champlain, alors gouverneur du Canada, l’histoire ne fait mention que de la formation de compagnies en France et de voyages, découvertes et guerres avec les sauvages en Amérique. En conséquence de l’embarras des affaires politiques en Europe, le soin de coloniser le Canada fut presque exclusivement abandonné à des particuliers, qui s’occupèrent beaucoup plus de faire la traite profitable des fourrures avec les sauvages, que de fonder une colonie agricole. Mais de l’époque de la fondation de Québec et grâce aux travaux de M. de Champlain, on pensa à former des établissements et à amener par la guerre ou les traités les nations sauvages à l’alliance française. En 1629, les progrès de la colonie se trouvaient de nouveau suspendus par la prise de Québec par l'amiral anglais Kirtk ; mais le Canada fut rendu à a France en
Montréal fut fondée en 1644, et mis en état de résister aux invasions des nations iroquoises, tonjours prêtes à se ruer sur les français et sur les tribus aborigènes entrées dans leur alliance,
La vieille France avait peu fait pour la nouvelle jusqu’en 1663, que, sous le ministère du grand Colbert, on commença à s’occuper d’un plan de colonisation, A cette époque, la population française du Canada ne s'élevait qu'au chiffre de deux mille habitants, distribués irrégulièrement à Tadoussac, Québec, Trois-Rivières, Moniréal et quelques autres
! postes.
Jusque-là, l'autorité politique, civile et judiciaire avait été concentrée
\f d’une manière absolue daas les mains du gouverneur. On dorna dès i, lors à la colonie une organisation plus régulière et plus parfaite, en j: séparant les fonctions exécutives des fonctions législatives et judiciaires. 4 La première constitution du Canada créait un conseil souverain, éta- / | blissait plusieurs tribunaux avec des juridictions définies, et introduisait ! la coutume de Paris comme code, On établissait aussi, sous le nom / d’intendant, un fonctionnaire qui éiait à la fois ministre de la justice, À | des finances, de la police et des travaux publics. La concession des i N terres se faisait, comme par le passé, en fiefs et seigneuries, sujettes ! À aux conditions réglées de ternps en temps par des édits royaux émanês j ] de France. Les questions de droit {éodal, en point de contentieux, 4 ql [| étaient jugées par les ordonnances des gouverneurs et intendants. j d | Le gouvernement ecclésiastique du pays fut d’abord un vicariat apos- st {l tolique, puis un évêché dont monseigneur de Laval fut le premier ‘4 ai Ü évêque. Des séminaires et des écoles furent eréês par les soins des è \ 1 évèques de Québec. On continuait à étendre les découvertes auxqueiles u d LT À les missionnaires prenaient la part la plus active, et le pays fit des | te progrès rapides, L En 1689, la guerre éclata entre les colonies anglaises et francaises, d et fut signalée par des chances balancées des deux côtés. Quand je dis F L que la guerre éclata entre les colonies, je veux référer à l’abandon où se a trouvait la Nouvelle-France, laissée à elle-même, fibre de se défendre li ou de succomber. L’amiral anglais Phipps vint avec une floite mettre s le siége devant Québec, mais il fut repoussé. Grâce à lPadrmainistration du comte de Frontenac, alors gouverneur, la Nouvelle-France signala ses armes, au point qu’on résoiut de prendre l'offensive sur les colonies anglaises, et on le fit avec un tel succès, que d’Iberville, le Cid eana- : dien, après plusieurs combats toujours heureux sur terre et sur mer, ; Fa s’empara de l’île de Terreneuve et de sa capitale, Saint-Jean, et réduisit 4 a: les forts de la baie d'Hudson. à V Enfin !a paix fut conclue avec l'Angleterre en 1697 et fut accom- le
pagnée, en 1701, d’un traité de paix avec toutes les nations Indiennes
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du Canada. Une nouvelle gnerre fut suivie d’un nouveau traité, par lequel la France cédait à l'Angleterre PAcadie, Terre-Neuve et la Baie d'Hudson.
En 1721, la Nouvelle-France comptait une population de vingt-cinq mille âmes, possédant des défrichements couvrant une superficie de soixante-quatorze mille arpents de terre de rendements considérables. On y voyait plusieurs maisons d'éducation et il s’y faisait un commerce relativement important.
Dans des hostilités qui eurent lieu en 1754, Washington fut défait au fort la Nécessité par M. de Villiers.
Lors de la déclaration de la guerre de 1755, l'Angleterre avait déterminé la conquête du Canada, et la France ne s’occupait guère de sa colonie, laissée à la garde de l’héroïsme de ses habitants et de quelques soldats. Le commencement de cette campagne fut favorable aux canadiens, qui défirent Braddoek à Monongahéla et prirent les forts d'Oswego et de William-Henry qu'ils rasèrent. Mais en 1758, l'Angleterre porta son armée coloniale au chiffre de cinquante mille combattants. Le général anglais Abercromby perdit la bataille de Carillon; mais les armes anglaises furent heureuses dans les tentatives du golfe.
En 1759, le général Ambherst attaqua le Canada par l’intérieur, tandis que le général Wolfe venait, avec une floite, débarquer ses troupes à Pile d'Orléans devant Québec. Le général angiais, après avoir réussi à surprendre les hauteurs d'Abraham, livra bataille sur les plaines voisines de la ville, Cette bataille dans laquelle périrent les deux généraux Montcalm et Wolfe, fut gagnée par les Anglais et entraîna la reddition de Québec. Ce fut en vain que le chevaiier de Lévis remporta plus tard, sur les hauteurs de Sainte-Foi, une victoire sur ces mêmes troupes, Le sort en était jeté, la colonie, abandonnée de sa métropole et attaquée de tous côtés, dut céder; et par capitulation, en 1761, la Nouvelle- France cessa de faire partie de l'empire français et devint dépendance anglaise, La capitulation garantissait aux soixante-dix mille colons le libre exercise de leur religion, le fonctionnement de leurs anciennes lois et la conservation de leurs institutions sociales, religieuses et d'éducation.
De 1761 à 1774, l’histoire de la colonie est remplie du récit des luttes entre les anciens colons français et les nouveaux habitants d’origine anglaise, presque toujours soutenus de Pautorité arbitraire du temps.
Ce fut en 1774 que fut passée en Angleterre l'espèce de constitution connue sous le nom d’Acfe de Québec, par lequel on créait un conseil supérieur, on rétablissait les anciennes lois françaises, et on décrétait légalité devant la loi des catholiques et des protestants, en exemptant les officiers publics du serment, qui, jusque-là, avait empêché les catholiques d'occuper aucune charge.
La guerre de l'indépendance américaine se fit sentir en Canada, cette {l colonie fut envahie. mais restée fidèle, elle résista et finit par repousser | l'ennemi.
{ En 1791, fut octroyée la première constitution consacrant le principe | de Péligibilité, et de la responsabilité au peuple. Cette constitution fut [LE reçue avec enthousiasme en Canada. Par elle le pays était divisé en HE deux provinces, le Haut et le Bas-Canada. Les nominations aux offices FL d’honneurs et de profit appartenaient à la couronne; le peuple élisait jihle une chambre représentative, et le roi nommait les membres d’un conseil LA] législatif; les lois avaient besoin avant de venir en force de passer par |
l’assentiment des trois branches du gouverrement. Il y avait un conseil exécutif formant en même temps Cour d’appel, mais dont la nomination et le maintien au pouvoir dépendaient entièrement de la couronne.
En 1812, la guerre entre les Etats-Unis et leur ancienne métropole donna l’occasion aux milices du Haut et du Bas-Canada de montrer leur courage ; aussi furent-elles, à quelques revers près, ordinairement | heureuses, et l'ennemi fut définitivement repoussé à la suite de près de | trois ans de guerre.
| Les luttes incessantes entre le peuple de la province et les autorités,
| qui suivirent la guerre de près, finirent en 1837 par une prise d’armes et se |! un soulèvement partiel dans les deux provinces. L’insurrection dut jus {| céder, et pendant quelque temps le Bas-Canada fut gouverné par la loi td | martiale, puis par les décisions d’un conseil spécial, ee fl Ce fut en 1840 que la constitution qui régit aujourd’hui le pays en une St L seule province fut octroyée par la Grande-Bretagne : cette constitution j à sera décrite plus loin au chapitre des institutions politiques et sociales. ne Le gouvernement constitutionnel que possède le Canada, à l'instar de ne
sa métropole, y est régi, comme il lPest en Angleterre, par des partis différents qui, tour à tour, prennent les rênes et conduisent les aflaires, la b
et tour à tour sont rélégués dans l'opposition. Mais ce qui a surtout L re
À marqué l’histoire du Canada, depuis 1740 jusqu’à cette année 1855, ce À lact
î sont les vastes travaux publics entrepris et exécutés en tout ou en partie, h dire
et dont il sera dit quelques mots ci-après. dl dès
La colonie paraît animée d’un excellent esprit public, qui, en dehors a no
des petits intérêts de partis, sait parfaitement distinguer l’intérèt général, % dre
et s'efforce de faire comprendre aux différentes classes da Ja société ; vers
combien le pays a été bien traité par la nature, et ce qu’il faut faire pour 1 es
acheminer cette belle contrée vers l’avenir qui l'attend, À ÈS
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CONFIGURATION PHYSIQUE DU CANADA ET RENSEIGNE- MENTS GÉOLOGIQUES ET MÉTÉOROLOGIQUES.
Surface de la contrée.—Forme et caractère des montagnes.—Limites de la vallée du Saint- Laurent.—Chaînes des Laurentides et des Apalaches ou Alléganies.—Configuration du payo.—Cours des rivières.—Niveau de lu vallée du Saint-Laurent. — Rive nord et rive sud, — Caractères géologiques principaux.—Climat du pays.—Température comparée. —Hivers du Canada.—Météorologie.
Bien que la surface du Canada soit en général accidentée, il ne s’y trouve pas néanmoins de sommets beaucoup élevés, puisque ceux qui le sont le plus n’atteignent pas cinq mille pieds d’élévation, encore estce un cas isolé. Nos montagnes n’aflectent en aucun endroit la forme de pics ou d’aiguilles, leurs sommets arrondis sont toujours couverts, jusqu’à la cime, de bois de hautes futaies ; et quand ie roc apparaît à nu et taillé, à la façon d’un mur, sur les bords des rivières, le couronnement prend toujours la forme d’un plateau sur lequel eroissent de grands arbres,
Deux chaînes de montagnes, dont l’ensemble s’appelle la Aauteur des terres, et qui ont une direction générale du nord-est vers le sud-ouest, circonserivent des deux côtés la vallée du Saint-Laurent, et séparent, au nord, les eaux des affluents de ce fleuve d’avec celles qui se jettent dans la buie d'Hudson. Cette première chaîne prend le nom de Laurentides. Au sud, la hauteur des terres formée par les monts Alléganies on Apalaches, sépare les eaux du Saint-Laurent d'avec celles qui se rendent directement à l'océan Atlantique, par les rivières Ristigouche à la baie des Chaleurs, Saint-Jean à la baie de Fundy, Penobscot, Hudson et autres. De la hauteur des terres, le sol s’abaisse vers le lit du fleuve par une descente de moins en moins rapide à mesure qu'on se dirige vers ouest ; car la vallée du Saint-Laurent se relève tout naturellement à mesure qu’elle s’avance dans l’intérieur, mais de façon que le fond de la vallée se relève plus que ses bords, en sorte qu'arrivées vers le plateau central de l’intérieur, les rivières se croisent et s’entrelacent, celles qui vont vers l'Océan, venant prendre leurs eaux dans le voisinage immédiat
des lacs, et celles qui se jettent vers ces derniers allant puiser au loin dans le sud.
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La hauteur moyenne, dans le fond des ravines de la chaîne des Alléganies, dans Pintérieur du distriet de Gaspé, est à peu près de niveau avec l’élévation des eaux des lacs Huron et Michigan et les sommets des Apalaches, dans le voisinage du lac Érié, états de New-York et Pensylvanie, sont à peu près de la même hauteur au-dessus de l'Océan que ceux des Alléganies, dans les districts de Gaspé, Quéiec et l’état de Vermont ; mais dans l’ouest le fond des grands lacs est de beaucoup plus élevé que le lit du golfe et du fleuve Saint-Laurent dans les districts de Gaspé et Kamouraska. Il n’y a que deux cent trente-cinq pieds de différence de niveau entre les eaux du golfe et celle du lac Ontario, sur une distance d'environ deux cent cinquante lieues, et le lit du iac Ontatario à cent brasses de profondeur, et il y a trois cent vingt-neuf pieds de différence entre les niveaux des lacs Ontario et Erié à quelques lieues de distance, et le lit du lac Erié n’a que dix-huit brasses de profondeur.
Dans toute l'étendue du cours du Saint-Laurent la rive nord est plus accidentée que la rive sud. Les innombrables rivières qui arrivent au Saint-Laurent dans son long parcours ne prennent pas une course uniforme, elles y arrivent à toutes sortes d’angles, mais presque toutes viennent de l’ouest, courant à l’est sur la rive nord, et du sud courant au nord sur la rive sud, excepté vers les grands lacs où les rivières qui s’y jettent viennent de toutes les directions.
Le territoire a beaucoup plus d’étendue sur la rive nord que sur la rive sud, et les bords de la vallée du Saint-Laurent y sont plus larges ; aussi est-ce de ce côté que sont situées les rivières les plus considérables et les plus vastes, et les plus belles forêts.
L’assiette sur laquelle repose le bassin de la vallés du grand fleuve participe du caractère des terrains gneïsoïdes primitifs et des terrains de transition, dont les rochers surgissent à la surface en plusieurs endroits du pays, mais surtout sur ia côte nord pour le gneiss dans les deux sections de la province, et sur la côte sud pour les terrains de transition. Des différents caractères géologiques qui partagent le pays, quelques-uns sont communs avec les états voisins de l’union américaine, Tous paraissent antérieurs dans leurs éléments, et par conséquent inférieurs en gisement aux formations houillères, et même aux formations dévoniennes des terrains de transition, ces dernières ne se montrant qu'aux deux extrémités du pays. L'époque silurienne apparaît comme caractère dominant.
Les roches qui prédominent sont, en prenant la classification purement minéralogique, les roches ferrifères, les roches calcarifères, les roches argileuses et les agrégats, parmi lesquelles les espèces les plus communes sont les calcaires et les grès. Le Canada est très-riche en minéraux, et le lecteur trouvera la liste des principaux au chapitre des produits naturels du pays.
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Le climat du Canada est en général très-salubre, surtout vers le bas du fleuve. Aucune maladie endémique ne règne dans le pays, si ce n’est la fièvre intermittente dans quelques parties du Haut-Canada, encore disparaît-elle de Ja plupart des localités, à mesure que les défrichements se font et que les quelques marais qui avoisinent les grands lacs se dessèchent où se comblent dans les environs des villes,
I va naturellement, dans une étendue aussi vaste, des différences météorologiques dont suivent les principales : en prenant pour types le climat de Québec pour lPextrémité est de la province, le climat de Toronto pour l'extrémité ouest, et celui de Montréal pour le centre du pays. La température s'élève graduellement en allant vers l’ouest, de façon à mettre une différence de quinze jours À peu près entre le printemps de Toronto et celui de Québec, et la même différence pour le eommencement de Phiver. La température moyenne d'été est un peu plus élevée à Québec qu'à Montréal, et un peu plus à Montréal qu'à Toronto. La moyenne température d'hiver est de quelques degré plus basse à Québec qu'à Montréal, et à Montréal qu'à Toronto, Québec est donc l'endroit des plus grandes chaleurs d'été coisue les plus grands fois d'hiver ; ce qui fait qu'en somme, la moyenne température annuelle varie peu entre Québec et Toronto. On verra plus loin quel effet le elimat a sur les productions des diflérentes parties du pays, eflet, comme on l’a déja dit, qui n’a d’empire que sur la production de certains fruits et quelques arbres et arbustes délicats.
A Québec, la température d'été s'élève assez souvent jusqu’à 350 centigrades, et est descendue, mais par de rares exceptions, aussi bas que 34°, Le maximum de chaleurs observé à Toronto pendant une période de dix années, a été de 350, mais cette élévation y est pen commune, et la plus basse température pour la même période est tombée à 289 sous le zéro,
Une moyenne température pour la période de trois années, 1847, 1548, 1849, prise pour Toronto et Montréal, a donné comme degrés moyens : pour Toronto 7°, 50 au-dessus du zéro, pour Montréal 79, 77, établissant une variation de 00, 21 seulement,
Remarquons en passant, pour éviter les recherches comparatives, que M. Arago évalue la température moyenne de l’Europe à 139, 36, et le docteur Craigie, celle de l'Angleterre à 509 Fahrenheit ou 109 centigrades, et que la moyenne température annuelle du Canada est entre les moyennes des villes de Copenhague (79°, 7) et de Ber'in (89. 1).
La différence la plus grande dans la météorologie du Haut et du Bas- Canada est dans le fait suivant, que la neige couvre la terre au commencement de l'hiver pour disparaître en quelques jours au printemps, dans le Bas-Zanada, tandis qu’elle ne séjourne que quelques semaines
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sur le sol dans la plus grande partie du Haut-Canada, et que son épaisseur est d’environ trois pieds dans les bois de la section est, tandis qu’elle ne s'élève qu’à quelques pouces dans la section extrême ouest habitée.
Nos hivers, que l’Européen est accoutumé à regarder comme affreux, sont pour nous la saison des plaisirs, et vous entendez souvent dire à des étrangers, durant un hiver passé au Canada: ‘“ Mais après tout c’est charmant votre hiver, et c’est qu’on en souffre pas du tout.”
La neige dont les étrangers s’effraient nous fait les plus beaux chemins du monde, et l’hiver est à la campagne le temps des charrois, des travaux dans les bois et des promenades, et si d’un côté ils sont un peu trop longs, d’un autre on ne saurait dire combien ils contribuent à la santé publique en chassant tous les miasmes, et combien ils ameublissent le sol et le fertilisent, et il ne faut pas non plus oublier que la végétation est ici d’une rapidité extraordinaire dans sa croissance.
L’air de nos hivers est si sec et si vivifiant, qu’on ne s’aperçoit guère, sans thermomètre, d’une variation de plusieurs degrés, et d’ordinaire, les jours les moins agréables dans cette saison sont ceux dont la température s’élève trop pour la saison.
Le vice de notre climat consiste dans sa trop grande sécheresse l'été, vice qui diminue avec le défrichement du pays, et qui se fait moins sentir dans le bas Saint-Laurent, districts de Gaspé, Kamouraska et Québec, et dans les deux langues de terre qui constituent les comtés de Lincoln, Welland, Essex, Kent et Lambton en conséquence de leur situation par rapport aux grandes masses d’eau qui les entourent. Mais ces localités extrêmes de la province ont par contre de cet avantage immense, deux petits inconvénients qui leur sont propres ; pour le bas Saint-Laurent les grands vents de nord-est avec accompagnement de pluies battantes, l’automne ; et pour la section ouest, les pluies froides et la boue des chemins, congelée ou se congelant durant une partie de l'hiver.
L'automne, aux dernières saisons, est sujet à amener sur nos eaux navigables des brumes quelquefois épaisses qui sont certes une part des misères dont notre pays, tout favorisé qu’il est, n’est pas exempt.
Le Canada a peu à se plaindre des phénomènes météorologiques, tels que les ouragans dévastateurs, le tonnerre et la grêle : bien qu’il arrive des accidents produits par ces causes, ils sont si peu fréquents, et si limités dans l’espace parcouru, qu’on peut presque se flatter d’être exempt de ces malheurs sur les bords du Saint-Laurent. Les rivières bien encaissées dans leurs lits ne sont, non plus, jamais sujettes à ces débordements qui, dans certaines parties de l’ancien et du nouveau continent, causent de temps à autre de si grands malheurs.
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