Berthelet, Président, JosEi'H Royal, S. RiVAiU
Secrétaires.
Moptréal, ce 4 mai 18G8.
Voici les deux lettres auxquelles il est référé dans cet avis.
Lellre de Madame la Marquise de LaqueuiUe au Commandant des Zouaves Canadiens.
M. le Commandant,
Nous lisons dans le Salul Public de Lyon, qu'au moment de faire photographier à Marseille le modeste bouf[uet que ma sœur et moi avons offert aux Volontaires Canadiens, vous avez paru contrarié de ne plus y voir le ruban que nous y avions attaché.
Emues jusqu'aux larmes du prix que vous avez bien voulu donner à l'expression do notre sympathie aussi profonde que spontanée, nous avons pensé que vous voudriez peut-ôLre aussi accueillir favorablement aujourd'hui un second témoignage de notre enthousiaste admiration.
Votre rapide passage à Lyon, monsieur le commandant, ne nous ayant pas permis do mettre votre petit corps de héros sous la protection de Notre-Dame de Fourvières, et Monseigneur de Gharbonnel nous ayant manifesté la peine que vous en avez éprouvée, la pensée nous est venue de faire bénir dans ce sanctuaire, un ruban et une médaille. Nous serons heureuses. Monsieur le Commandant, si vous voulez bien accepter l'un en souvenir et à la place de celui que vous avez semblé regretter, et si vous daignez agnVjr l'autre comme un gage de la protection que nous avons demanilée pour vous et vos braves compatriotes, à la Vierge de Fourvières.
Vous nous avez prouve que l'héroïsme et le dévouement sont de tous les pa\s, qu'il n'y a qu'une pairie pour les grandes âmes et les cœurs généreux : puisse cette médaille frappée et bénie pour elle, porter bonheur à votre ])elite armée et vous ramener tous dans votre patrie, où nos vœux et notre admiration, qui sont l'écho de la France entière, vous accompagneront, (l)
Permettez-moi, M. le commandant, de vous offrir l'expression de ma vive et sympathique admiration et d'y joindre celle de ma considération très-distinguée.
Marquise de Laqueutlle
Château de Col lias.
18 mars 18G8, près Rémoulin, Lyon.
(1) Cette médaille a été apportée au Canada par M. l'abbé Guilmette, des Ti-ois-Rlvières, et remi.se a Sa Grandeur Monseigneur de Montréal.
Sur l'un des côtés delà médaille est gravée l'image de la Sainte Vierge avec cette inscrption : Xotre-Dmne de Fourvilres, pruUyez-lcs:—et sur l'autre on lit: Aux volontaires Canadiens, Zouaves Pontificaux! Souvenir de leur passage à Lyon, 6 mars 186S. Mise, de L. Melle. de 1'. Le bord de la médaille porte la devise : Aime Dieu et va ton chemin.
Ce précieux souvenir demeure suspemlu ai'i-utel de l'Archiconfrérie de la Cathédrale do Montréal, oCi nos jeunes guerriers sont venus se consacrer a Marie, en partant pour la sainte croisade.
Réponse à la lellrc de Madame la Marquise.
Madame, >
Veuillez recevoir par mon entremise, pour vos bonnes paroles et votre précieux cadeau, les remerciements sincères de tout le détachement des Zouaves Pontilicaux Canadiens.
Jai lu votre lettre à mes amis, leur émotion a été vive ; j'ai vu plus d'une larme briller à la paupière de ces enfants qui iraient avec gaité alFronter la mort au-devant des ennemis de notre bien-aimé Pontife Pie IX.
Nous vous remercions tous, vous et votre noble sœur, pour la pieuse et délicate attention que vous avez eue de nous mettre sous la protection de Notre-Dame de Fourvières ; nous nous affligions de ne 1 avoir pu faire nous-mêmes, lors de notre passage à Lyon. Mais nous voyons maintenant que nous y avons gagné.
Nous vous remercions tous cordialement aussi pour votre rrécieu.x cadeau, et ne sachant que faire pour exprimer notre gratitude, nous avons voulu que cette médaille précieuse fut elle-même le monument de notre reconnaissance: c'est-à-dire, que d'un commun accord, nous avons voulu qu'elle fut envoyée au pays pour être suspendue en ex volo à la chapelle de rarchiconfrérie de la Cathédrale de Montréal, où nous nous sommes consacrés à Notre-Dame des Victoires, au moment de quitter notre patrie.
En disposant ainsi de votre don si magnifique, nous payons à la Vierge une dette de reconnaissance que nous ne savions comment payer, et nous le plaçons dans un lieu qui nouF semble le plus convenable, dans un des sanctuaires de Marie les plus vénérés de notre cher Canada.
Nos parents et amis vous béniront, lorsqu'allant prier à ce sanctuaire, ils verront de leurs yeux le monument de votre générosité pour nous ; et nous, nous le verrons avec une bien douce joie au retour à la patrie.
Veuillez, etc., etc.,
Jos):ph Taillefer.
Rome, mars 18G8.
En môine temps que la publicalion de cet avis, le Comité procéda à l'organisation du second détachement, dont le chiffre fut fixé à vingt-trois hommes outre l'aumônier. Ils furent convoqués à Montréal pour le 12mai.Le 14,aumatin, ils assistèrent à une messe basse à la chapelle de Notre- Dame de Pitié. Dans Faprès midi, à une heure et demie, on leur donna, dans la Cathédrale, la bénédiction du Très-Saint Sacrement. M. le Chanoine Fabre leur fit, avec sa verve ordinaire, une allocution appropriée à la circonstance. Puis, après un acte de consécration à la Sainte Vierge, et les prières de l'Itinéraire, ils se mirent en route et se rendirent aux chars accompagnés par les membres du Comité
el une assez grande foule de parents et d'amis. M. Sévère Rivard, l'un des membres du Comité, les accompagna jusqu'à New-York. M l'abbé J. Michaud, prôtre de St. Viateur, fut l'aumônier chargé de la conduite de ce détachement, qui se composa des hommes dont les noms suivent :
Eugène Poulin, Sle. Famille do l'Ile d'Orléans.
Elzéar Poulin, Ste. Famille de l'Ile d'Orléans.
Florian Lebel, Kamouraska.
Ephrem A. Hrisebois, Soutli Durham.
François Xavier Côté, Sle. Geneviève de Baliscan.
Adélard Loranger, Yamachiche.
J. Napoléon Iludon dil Beauli.ni, Yamachiche.
Auguste Séguin, Montréal.
Benjamin Pierre G''linas, St. Aimé.
Anastase Plamondon, St. Césaire.