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COMMENCEMENT DES TRAVAUX DU COMITE

Immédiatement après la publication de ces lettres, le Comité se mit à l'œuvra et commença à poser les bases de l'organisation qu'il voulait former. Le 26 décembre, la lettre suivante fut adressée aux évoques du Canada pour les informer de l'existence du Comité :

Montréal, 26 décembre 1867.

Monseigneur,

Nous sommes chargés d'annoncer à Votre Grandeur qu'il s'est formé à Montréal, de l'assentiment de notre évêque, un Comité dont le but est de régulariser le mouvement de la jeunesse catholique du pays, qui demande à voler à la défense du Saint-Siège menacé, et de sauvegarder les intérêts de ceux qui partiront.

Ce Comité a. pour pré^dent, M. Olivier Berlhelet, pour vice-président, M. Louis Beaudry, pour trésorier, M. Alfred LaRocque, et compte parmi ses membres plusieurs des principaux citoyens de Montréal.

Vous nous permettrez. Monseigneur, d'ajouter que tout en favorisant de notre mieux les jeunes gens prêts à faire les sacrifices que comporte un pareil acte de dévouement et qui offrent des garanties de l'accomplissement de leurs devoirs, nous nous abstenons avec soin d'engager personne à s'enrôler.

De plus, nous devons dire, d'après des renseignements recueillis aux meilleures sources, que personne ne saurait soulever d'objections valides contre les démarches que nous voulons faire. Notre but est de protéger et aider ceux qui sont disposés à partir.

Voici de quelle façon nous comptons y arriver:

1» Faire des arrangements pour diminuer considérablement les frais de voyage ;

2° Faire partir ensuite les jeunes gens sous un chef qui pourra utiliser leurs loisirs en les préparant aux devoirs de leur nouvelle carrière ;

3» Leur assurer les services d'un prêtre aumônier qui les guidera et les encouragera à remplir leurs devoir; ;

4° Veiller aux intérêts de ceux qui s'absentent ainsi, et à leur retour assurer à tous ceux qui s'en seront rendus dignes une certaine protection.

il y a déjà deux cents hommes qui ont inscrit leurs noms en se déclarant prêts à marcher immédiatement ; un plus grand nombre encore offre ses service.«i ; il est ilonc do la plus haute importance de prendre les moyens d'induire tous les catholiques du Canada à se cotiser légèrement pour mettre de si belles dispositions à profit. Sans compter que l'on entend n'envoyer que le chiffre d'hommes que l'on pourra supporter pendant le temps de leur service avec les contribuiion$ du Canada.

Nous sommes convaincus que si la population répond à notre appel, ce pays j)Ourra sans trop d« sacrifices particuliers, prouver

d'une manière éclatante et pratique son attachement à la cause du Saint-Siège, qui est la cause universelle de l'ordre et de la civilisation.

Ne serait-ce pas, Monseigneur, une chose très-louable et très-désirable que chaque diocèse fut représenté dans la petite troupe de ces croisés du Canada?

Tel est. Monseigneur, le projet que nous nous sommes chargés le soumettre à Votre Grandeur, dans l'espoir que vous voudrez bien y donner votre approbation, nous flattant, dans ce cas, qu'il sera facile de former un comité dans votre diocèse qui aura le même but et travaillera de concert avec nous à le réaliser.

Agréez, Monseigneur, les profonds hommages de respect et de dévouement dont nous prions Votre Grandeur de vouloir bien accepter l'expression.

Vos très-humbles et très-soumis serviteurs,

Joseph Royal,

SÉVÈRE RiVARD.

Cette lettre, tout en annonçant à Leurs Grandeurs la formation du Comité, leur demandait aussi le puissant concours de leurs paroles et de leurs encouragements. Une action commune dans tout le pays, centralisée par une organisation identique, était essentielle, en effet, pour donner au mouvement l'ampleur et, la force dont il avait besoin et pour assurer son succès. Bien plus, c'est en vain que le Comité aurait travaillé, s'il n'avait pu, dans ses efforts, s'appuyer sur l'autorité des Evoques et invoquer le secours de leur voix. Le Comité est heureux de reconnaître ici que ses intentions ont été parfaitement comprises et que ses vœux ont été complètement exaucés. II reçut à sa lettre les réponses auxquelles il s'attendait. On accueillit partout avec la plus vive sympathie l'action du Comité de Montréal, er, on lui promit le concours le plus complet. Ce concours n'a pas fait défaut.

Voici quelques-unes des réponses reçues par le Comité et les lettres-circulaires publiées par les Evoques :

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