LETTRE DE MGR. D'OTTAWA
Ottawa, le 10 janvier 1868, Monsieur,
J’ai reçu la lettre que vous m'avez adressée concernant l’œuvre des zouaves pontilicaux. Les occupations accablantes des fêtes m'ont seules empêché de vous exprimer de suite mes bien sincères félicitations pour le zèle que vous déployez pour l’une des œuvres les plus grandes et les plus nobles des temps modernes. Soyez persuadés qu’en la poursuivant encore avec le même zèle, vous pouvez compter sur l’approbation et la reconnaissance de tous les vrais catholiques. Déjà une vingtaine de nos jeunes gens, obéissant à vos généreuses inspirations, sont venus demander au R, P. Dandurand des certificats de bonne conduite pour pouvoir s'engager dans cette sainte milice ; bien d'autres seront satisfaits de suivre leur exemple, Malheureusement, dans un diocèse nouveau comme celui d'Ottawa, les ressources pévuniaires ne sont pas au niveau de la pureté et de la noblesse des sentiments.
J'ai l'honneur d'être, Messieurs, Votre trèshumble et obéissant serviteur, J. E., Ev. D'OTTAWA.
MM. J, Royal, 8. Rivard, Membres du Comité des Zouaves Pontificaux.
CIRCULAÎRE,
Archevêché de Québec, 11 janvier 1868,
Monsieur le Curé,
Vous connaissez les services éminents rendus récemment à la cause de l'Eglise par les braves volontaires de tous les pays qui, au moment du danger, étaient allés s’enréler dans les troupes pontiticales. Le Canada avait l'honneur de compter deux de ses nobles enfants parmi ces jeunes héros; et ce n’est pas sans ur légitime orgueil que vous avez appris combien ils se sont distingués sur le champ de bataille, où ils ont recueilli de glorieuses blessures.
Un grand nombre de ces courageux soldats ont trouvé la mort en combattant contre les ennemis de l'Eglise; mais un nombre plus considérable encore s'offre pour aller les remplacer, et brülent du désir de sacrifier leur vie pour opposer une barrière aux nouvelles invasions dont on menace le St. Siége,
Le Canada ne veut pas demeurer en arrière dans cette manifestation de dévouement à l'égard du Chef de l'Eglise. Vous avez appris par les journaux le mouvement qui se fait à ce sujet à Montréal, Quant au diocèse de Québec, trois de ses enfants sont déjà partis pour se joindre aux défenseurs du Vicaire de Jésus-Christ, Un grand nombre d'autres, animés de la même ambition, parmi ceux surtout qui ont suivi les exercices militaires, viennent chaque jour offrir leurs services, et seraient prêts à partir immédiatement pour Rome, s'ils avaient les my be de s'y rendre.
ai lieu de croire que les fidèles du diocèse tiendront à honneur de se faire représenter en proportion de leurs ressources, dans les rangs de cette milice sacrée. Ils s'estimeront heureux de faire les sacrifices nécessaires pour obtenir ce privilége, car il s’agit non-seulement de payer les frais de voyage (d'aller et de retour) des jeunes gs qui seront choisis pour grossir de la sorte les phalanges des soldats de l'Eglise, mais encore ceux de leur équipement et de leur soutien,
ndant les deux années qu'ils sont supposés devoir être attachés à
’armée pontificale,
A cette iin, je vous prie d'annoncer qu’une colleete sera faite dans
votre paroisse d'ici au 3 février prochain. Cette collecte faite à domicile
aurait sans doute plus de succès ; mais si les circonstances empéchaient
elle eût lieu de cette manière, vous la remplaceriez par une collecte üans l’église, annoncée au prône huit jours d'avance,
Il se trouve dans chaque paroisse des pa tro que la divine Providence a favorisées davantage des dons de la fortune, Vous jugerez
ut-être à propos de les inviter à encourager d’une manière spéciale
a bonne œuvre proposée à tous. Vous pourriez leur citer l'exemple de tant de familles chrétiennes en Europe qui ont réclamé la faveur d'entretenir, chacune à leurs frais, un des généreux volontaires de la milice du St, Siége.
Dans tous les cas vous voudrez bien envoyer le produit de votre collecte à l’Archevêché, à l'adresse de M. Gauvreau, d'ici au 15 du dit mois de février, au plus tard.
Je prie le Dieu des armées qu'il bénisse les paroles que vous adresserez à votre peuple, pour l’inviter à favoriser par de généreuses contributions la plus noble et la plus sainte des causes,
Je demeure avec un bien sincère attachement, Monsieur le Curé, Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
+ C. F,, ARCHEVÊQUE DE Quésec.