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LE COMITÉ CANADIEN DES ZOUAVES PONTIFICAUX

Exposé officiel.

Le Comité Canadien des Zouaves Pontificaux croit devoir résumer tous les renseignements et communiqués qu'il a donnés jusqu'ici aux autorités ecclésiastiques et à la presse sur ses actes, et publie aujourd’hui un exposé de son but et des conditions auxquelles devront se soumettre tous ceux dont les offres de départ et de service seront acceptées.

Ces conditions, le Comité n'hésite pas, pour les formuler, à faire usage de tous les renseigneruents qu’il a pu se procurer d'Europe, et

prend même à tâche de les présenter sous leur jour le plus défavorable afin de bien fixer sa responsabilité et n’exposer personne à de cruels désappointements.

10 Le Comité n’enrûle, ni ne recrute personne pour le compte d’une

uissance en guerre avec un pouvoir ami de la Grande Bretagne ; son Put est de régulariser et consolider le mouvement qui se fait parmi les catholiques du Canada en faveur de la cause du Souverain-Pontife Il n’accepte, de ceux qui se présentent pour offrir leurs services, que les personnes les mieux recommandées au double point de vue de la moralité et de la vigueur physique. Il se charge de défrayer leur voyage jusqu'à Rome, et prendra les moyens d'assurer leur retour, à tous ceux qui auront rempli leurs devoirs durant la période de leur service.

-20 Le Comité ne fait et ne peut faire de promesses à qui que ce soit; par conséquent, il ne saurait assurer aux engagés si, à Rome, ils formeront un corps distinct commandé par leurs propres officiers, ni s'ils pourront revenir avant l'expiration de leur engagement pour quelque cause que ce soit. Le Canada fait un don au Saint-Père, il ne saurait y mettre de conditions.

30 Cependant, afin de sauvegarder les intérêts de ceux qui partent, le Comité s'engage à faire tout en son pouvoir pour obtenir ces deux choses du Ministre des armes de Sa Sainteté, à savoir que les Canadiens soient tous réunis dans un même corps, et que ceux qui parmi eux auraient des chances d'avancenent dans l’organisation militaire du Canada puissent revenir quand il le faudra. Le Comité attend d’ailleurs de Rome de nouveaux détails à ce sujet et les publiera au

lus tôt.

d 4o Le Comité, d’après les renseignements qui lui sont parvenus, croit que l’engagement dans l’armée pontilicale est de deux ans; il pourrait être d'une moindre durée ; cependant, les candidats devront être prêts à faire ce sacrifice de deux ans, afin de n'être pas désapointés. x jé 50 Le Comité n'accepte les noms que de ceux qui sont franchement et parfaitemant décidés à servir comme simples soldats, et à obëir aveuglément à leurs chefs. L'affaire est et doit demeurer de dévouement tout pur. Cette condition est essentielle et doit être bien mürie par les candidats avant de se présenter.

60 Le corps sera composé de catholiques ; et le Comité en le composant ne fait pas de distinctions nationales entre ceux qui se présentent. Il accepte les hommes appartenant aux diocèses, autres que celui de Montréal, surtout, si, aux certificats exigés, ils joignent de quoi subvenir aux premiers frais du voyage.

7o Les demandes d'admission pour les personnes demeurant à Montréal doivent être faites en personne au bureaü du Counité établi au No. 38 de la rue St. Vincent.

La demande doit se faire le plus tôt possible, avant le 1er février, et étre accompagnée de certificats de moralité et de vigueur physique. Ces deux certificats doivent être datés et signés, l’un par le curé ou le confesseur, et l’autre par un médecin connu. Le Comité se réserve en outre de faire, quand il en sera temps, une dernière inspection médicale des hommes.

80. Les demandes d'admission pour les personnes domicihées ailleurs qu’à Montréal, doivent être faites sous le plus bref délai avant le ler février, par l'entremise du curé, et adressées à Montréal aux Secrétaires du Comité.

90. Chaque candidat, dont le nom sera accepté, recevra une lettre ui l'en informera ; il devra aussitôt que possible se présenter au bureau u Comité pour rendre sa démarche finale et complète.

100. Les candidats qui auront ainsi rendu leur démarche finale et complète, devront se tenir aux ordres du Comité qui en disposera, jusqu'à leur départ “our la plus grande efficacité de la cause qu'ils vont servir.

110. Le + ee s'effectuera en corps discipliné, sous les ordres d'un aumônier et de chefs choisis par le Comité et dignes de la confiance et du respect de tous.

Le Comité, soucieux de sa responsabilité, prend en ce moment tous les moyens suggérés par la prudence pour rendre le trajet jusqu'à Rome aussi sûr, aussi bien organisé, aussi exempt de dangers et de difficultés que possible.

120. Le nombre d'hommes qui partiront n'est pas fixé ; le comité a reçu plus de 350 demandes positives, et peut compter sur un chiffre

lus que double de celui-là, si la souscription des fonds nécessaires le ui permet.

De fait, l'importance du corps dépend entièrement de la question d'argent. C’est pourquoi, le Comité A on respectueusement la cause à tous les catholiques du Canada et sollicite leur coopération la plus active.

Les souscriptions de fonds doivent se faire au plus tôt entre les mains du Trésorier du comité, M. Alfred LaRocque, à Montréal.

Le Comité ne saurait terminer cet exposé sans rappeler aux catholiques combien, dans les circonstances actuelles, il importe que tous les pays du monde soient représentés dans la phalange de soldats chrétiens autour du chef de l'Eglise. L'effet moral qui en résultera et qui en est même déjà résulté, devra produire un bien incalculable. C'est un exemple salutaire d’unité dans la foi donné à l’univers entier ; c'est l'éclatante démonstration que les liens entre chaque fidèle et le Vicaire de Jésus-Christ sont réels, indissolubles et plus forts même que la vie. Les simples dons d’argent n’ont pas, ne peuvent pas avoir une telle signification. Il en coûte sans doute de sacrifier son superflu ; mais quand on voit les populations ne pas se contenter de ce sacrifice, se lever partout au cri de détresse poussé par le chef auguste de l'Eglise, et envoyer à son secours l'élite de leurs fils, la fleur de leur jeunesse; ce spectacle prouve plus que tous les arguments possibles la divinité de la croyance qui suscite de l’Orient à l'Occident, du Midi au Septentrional, des dévouements aussi unanimes et aussi absolus,

D'un autre côté, quand un peuple sait que son honneur et sa foi sont engagés dans une grande cause, qu'il verse son sang pour la faire triompher, aucun sacrifice ne lui coûte plus, et son attachement à cette cause n’en est que plus solide et plus inébranlable. Encore une fois, les simples dons d’argent envoyés directement à Rome ne sauraient avoir ni cette portée, ni cet enseignement catholique et si salutaire dans les temps où nous vivons.

(Signé,) O. BERTHELET,

Président du Comité des Zouaves Pontificaux.

Joserx Royaz,

SÉVÈRE RivaRD, Secrétaires du Comité, Montréal, c2 14 janvier 186$.

A partir du 12 janvier 1868, le Comité ouvrit un bureau au No.38 rueSt. Vincent, pour la réception et l'examen des candidats et l'expédition des affaires et des détails de l’organisation en général. Ce bureau était sous la surveillance et le contrôle des Secrétaires et de l’n des membres du Comité ; de plus, deux zouaves, MM. Adolphe Forget et Toussaint Labelle, avec un dévouement bien digne d’éloges, n’ont cessé, depuis le 12 janvier jusqu’au départ du premier détachement, dont ils formaient partie, de se tenir au bureau à la disposition du Comité. Ce bureau, à partir du 15 février, date du rendez-vous des zouaves à Montréal, fut transporté dans les salles de l’Institut-Canadien-Fran çais, où le Comité se tint ea permanence jusqu’au départ du premier détachement.

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