NOUVELLES DE ROME. ON DEMANDE DES HOMMES
Dès l'origine de l’organisation du Comité, Mgr. de Montréal avait écrit à Rome, à Mgr. Desautels, qui s'y trouvait momentanément, pour l’'irformer du mouvement qui s’opérait en Canada. Ïl le chargeait en même temps
e conslater auprès des autorités romaines si on recevrait volontiers un contingent d'hommes envoyés de cette distance, ou si l’on préférerait plutôt les sommes d'argent que coûterait leur expédition. Le Comité prévoyait bien le réponse que recevrait Sa Grandeur ; car il avait appris que l’enrôlement pour l’armée du Saint Père avait été prohibé en Autriche, et il avait remarqué ces paroles du Souverain Pontife adressées à l'Evêque de Nimes: «Ce sont suritout des hommes qu'il me faut.» Toute: fois la démarche de Sa Grandeur constituait un stür croit ‘ prudence, qu'il était bon de ne pas négliger dans ne entreprise aussi délicate, alors qu'il s'agissait d’expédier plusieurs centaines de jeunes gens à dix-huit cents lieues de leur pays, avec l'intention d'entrer irnmédiatement dans les rangs de l’armée jontificale. Quelle déception pour ces hommes et quelle douleur pour le Canada tout entier, si, arrivés à Rome, les autorités leur cussent annoncé qu'elles ne pouvaient les recevoir! Ce
seul motif était suffisant pour rendre extrêmement opportune la démarche de Mgr. de Montréal ; mais d’autres considérations la rendaient presque nécessaire pour coor donner, dans ce pays, toutes les bonnes intentions qui y existaient, et leur imprimer une direction uniforme, seule capable de donner au mouvement cet ensemble, cette ampleur qui ont si bien couronné ies eïïloris äu Comité. Quelques personnes, en effet, en Canada, et des mieux inspirées, croyaient sincèrement être plus utiles au Saint- Siège, mieux remplir ses secrets désirs, en envoyant à Rome les sommes considérables que coûteraient l’équipement et le voyage des Canadiens qu’en expédiant ces hommes eux-mêmes. Une dépêche télégraphique de Mgr. Desautels vint, le 24 janvier, trancher la question en faveur de l’action du Comité, et en même temps mettre fin à toutes ces pénibles incertitudes.
Cette dépêche modifiait aussi légèrement le projet du Comité quant au terme d'engagement qu’on avait fixé à un an, suivant les anciens règlements connus de l’armée pontificale. Mgr. Desautels annonçait que les hommes devraient s’enrôler pour deux ans. Appuyé sur cette autorité, le Comité se sentit plus fort et put travailler avec une plus grande assurance. Désormais, rien d’essentiel ne retardait l’organisation définitive, et, heureux de répondre enfin d’une manière complète et pleinement satisfaisante aux aspirations impatientes qui dévoraient notre jeunesse, le Comité publia dans tous les journaux, le 29 janvier, l'avis officiel qui suit: