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MANUFACTURES ET CONSTRUCTIONS DE VAISSEAUX

Comme pays manufacturier, le Canada ne fait que de commencer à avoir de l'importance. Le Canada anglais est plus jeune de plus d'un siècle que les Etats-Unis, et jusqu'à dernièrement, sa population s'est presque exclusivement occupée des travaux des champs. Il a pourtant fait, depuis ces dernières années, des procrrès considérables dans les manufactures, plusieurs de ses articles ayant obtenu des prix à la grande Exposition de Londres, et d'autres ayant été mentionnés favorablement.

De toutes les manufactures en bois de construction la plus importante est la construction des vaisseaux, qui se fait sur un grand plan, principalement à Québec.

L'auoTnentation a été très grande dans cette espèce de commerce ou d'industrie, en conséquence d'une commande plus

considérable, et de la réputation de symétrie, de solidité et de vitesse qu'ont acquise les vaisseaux construits en Canada. En l'amiée 1853, il a été construit à Québec quarante-huit vaisseaux collectivement du port de 49,000 tonneaux, et évalués à £500 OOo' faisant, en une année, une augmentation de vingt-deux vaisseaux' et de £340,000 en valeur. Un grand nombre de ces vaisseaux étaient du port de 1000 à 1800 tonneaux, et quelques-uns d'eux ont fait des trajets remarquablement courts. Le " Boomerang'' a fait un des voyages les plus expéditifs qui aient jamais été faits par un vaisseau à voiles, en allant à l'Australie et en revenant laissant en arrière le meilleur voilier Américain qu'il y eût alo ^ sur l'océan. Le " Shootinj Star,'' de 1520 tonneaux, et le ''Arthur the Greaf,'' de 1600 tonneaux, construits par M. Lee Canadien-Français, de Québec, sont au nombre des plus beaux na\nres qui soient maintenant au service de transport de Sa Maiest ' • l'un d'eux, le « Shootmg Star,'' a fait le plus court trajet dont n' soit fait mention, de Plymouth à Malte. Plusieurs de ces vaisseaux ont été vendus sur le pied de £13 10s. par tonneau, et mal<rré la diminution d'activité dans ces aflfaires, les quilles de trente" vaisseaux, du port de 800 à 2000 tonneaux, ont été posées l'hiver j dernier. Il serait impossible de donner ici un état de l'aucmien- I tatîon dans la construction des vaisseaux sur les eaux intérieures En 1817 deux vaisseaux a vapeur furent construits sur le \^ I Ontario, et l'année suivante, il en fut lancé un sur le lac Eri ' {Présentement, dos milliers de vaisseaux à vapeur et à voiles traversent les eaux des cinq grands lacs et le fleuve St. Laurent et parmi les premiers, il y en a qui sont décorés dans un style et avec un goût qui leur donnent pleinement droit au nom' de ni!«J« flottants. ^

Après un terni» d'apathie et de mauvaise direction, les manufactures de fer et de cuivre ont pris une meilleure position ' Les forges de Marmora, dans le comté de Hastings, possédant deavantages singuliers, sont passées, comme on l'a déjà remarqué^ aux mains d'une compagnie anglaise, riche en fonds, et avec toutes les améliorations désirables dans le mécanisme. La couche est exploitée facilement et le minerai est d'une excellente qualité

Les forges des Trois-Rivières, sur le St. Maurice, sont en opération depuis un grand nombre d'années, et à l'heure qu'il est, elles emploient 300 travailleurs. Le propriétaire a obtenu une médaille, comme prix, à la grande Exposition. Les exportations des articles de cette branche de l'industrie canadienne ont été jusqu'ici peu considérables. Le fer magnétique du lac Supérieur et d'ailleurs a été examiné récemment par des savans venus d'Angleterre, qui en parlent très favorablement, et l'on dit que la qualité générale du fer en barres ne le cède pas à celle du meilleur fer de Suède, par la ténacité et la ductilité. On a aflBrmé que le meilleur fer du lac Supérieur l'emporte sur tout fer connu quelconque, sa ténacité dernière ou finale étant de près de 90,000 Jbs. au pouce carré, tandis que celle du meilleur fer de Russie n'est que de 79,000 Ibs.

Si pourtant le Canada ne produit que peu de fer, au moment actuel, la consommation qu'il en fait est considérable. Il fabrique des locomotives de chemins de fer, du calibre le plus approuvé, et toutes les variétés d'ustensiles de fonte, des engins à vapeur pour aller sur la terre et sur l'eau, et les garnitures ou agrès de toutes les espèces de mécanisme. Ses pompes à incendies égalent celles de tout autre pays, et elles ont remporté le premier prix à la grande Exposition. Il fabrique des chars et wagons de chemins de fer ; et ses voitures de plaisir ne sont surpassées, quant à l'élégance du dessin, à la solidité et au fini, par aucune de celles qu'on voit dans quch^ue autre pays que ce soit. Il fait des outils tranchants de toute variété, et il y en a beaucoup qui sont préférés par l'artisan et le bûcheron à ceux de manufacture européenne. Il se fait dans la province une grande quantité de machines et d'instrumens aratoires, et le Haut-Canada est presque sans rival pour la fabrique des poêles de cuisine, et d'ornement ; même pour les caractères d'imprimerie, les planches stéréotypes, les instrumens de mathématiques et de chirurgie, les piano-fortés, et autres instrumens de musique, il peut concourir honorablement avec d'autres pays.

Le Canada a fait peu de progrès dans la fabrique du coton, mais il manufacture en grand des étofies de laine et des étofies mêlées, et d'une assez bonne qualité pour lui avoir mérité des prix aux expositions de New York et de Londrea

Dans la fabrique des pelleteries, et autres articles pour lesquels son territoire du uord fournit des avantages particuliers, le Canada n'a pas de rival, et le beau grain de son bois propre à l'ébénisterie, et particulièrement de son noyer noir, l'a rendu fort de requise dernièrement dans les marchés Européens.

En omettant les manufactures moins importantes, il reste à dire un mot des moulins à farine et à scies de la province, qui fournissent aux premiers besoins du pionnier du désert, et produisent les principaux articles d'exportation de la colonie. Le Canada possède peut-être les plus grands moulins à scies du monde, surtout parmi ceux qui se trouvent sur les rivières Outaouais et Saguenay. Les rapports du recensement de 1851, quoique très imparfaits, donnent 158 moulins mus par la vapeur, et 1473 moulins à eau, produisant '772,612,'770 pieds de bois de sciage par année, outre 4,590,000 madriers. Ces rapports mentionnaient 1153 moulins à farine, dont 45 étaient mus ])ar la \-apeur, employant un capital de plus de £1,000,000. Plusieurs comtés, pourtant, n'avaient pas envoyé de comptes-rendus, et la statistique qui a généralement trait à cette importante branche d'industrie et à l'argent qui y est employé, est très imparfaite dans les rapports publics, les seules sources de renseignemens où l'écrivain peut puiser.

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