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La réclame ainsi faite, le conférencier commence ses démarches personnelles auprès des personnages LL - influents; il lance ses invitations; on veille au place- | ment des cartes d’entrée dont le prix varie d’un franc vingt-cinq à une piastre, un dollar.
Le grand jour arrive enfin. Le conférencier est présenté à l’auditoire par quelque personnage important ; il fait son introduction tête nue et debout devantsa table. 11 s’assied enfin et déroule ses récits en les encadrant dans les données requises de la géologie et de la zoologie que le caractère de la salle peut demander.
Voici le canevas d’une conférence ainsi délivrée devant un auditoire de choix réuni dans l’hémicycle du collège Sainte-Marie à Montréal.
Le retour
Afrique. Matabélé-Zoulouland, Go Bu:1°/ayo, 24 décembre 1883.
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Il fallait donc obéir et quitter le champ de bataille et la chapelle de Bulawayo, pour longtemps! J’y avais passé cinq ans et demi.
Le retour ! ce mot qui d'habitude résonne avec tant de charmes au fond du cœur, n’avait pour moi qu’un attrait mêlé de douleur. |
Revoir des contrées dorées de souvenirs aimés ; revoir des lieux que j'avais parcourus avec des compa-
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gnons vénérés que la mort a depuis fauchés au champ du dévouement; revoir des sites féeriques où l’imagination s'était livré pleine carrière, revoir des parents, des amis chéris, revoir la patrie absente ! ah! toutcela faisait vibrer les fibres de mon cœuret versait dans tout mon être un plaisir délicieux qu’on ne peut connaître qu'au fond des déserts de l'Afrique. Mais, quitter l'œuvre à laquelle m’attachaient cinq années de labeur et la pensée du devoir, et l’amour du salut des âmes : cela navrait mon cœur, et les larmes, toutes prêtes sous ma paupière, refoulaient la joie dans ma poitrine.
Le Père Engels, d’ur regard froid et mélancolique, semblait comprendre les divers sentiments qui se combattaient en "oi. — Le bon F. Hedley, ce serviteur fidèle, ce généreux soldat de Jésus-Christ, vieilli par le travail et les souffrances et qui depuis des années avait partagé ma vie, ne contenait pas son émotion en me voyant partir, et je dus me faire violence pour ne pas éclater en sanglots en l’embrassant. « Au revoir», lui dis-je; je ne pus en dire davantage. Je serrai la main du pauvre lépreux Jan Schepers, et je lui donnai ma bénédiction au nom de Dieu qui lui avait fait trouver le salut dans le malheur. Les bons serviteurs Tchantchana et Umsindo et Newata, eux aussi, vinrent me saluer une dernière fois. Une pauvre vieille femme, une betchouana malade, pleurait mon départ dans le secret de sa hutte. MM. Peterson et de la P*’* et
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Thompson me dirent un « au revoir » mêlé de regrets. Leur voix tremblait. Et le ciel où de gros nuages allaient s’accumulant semblait s’harmoniser avec l’émotion pénible qui nous dominait.
Tout était prêt. Pour couper court au sentiment, je montai précipitamment dans le wagon; j’éloignai de moi mes trois chiens, le beau et fidèle Black et la vaillante Vlam et le pétillant petit Pop.
Le fouét retentit ; les 14 bœufs pressèrent le joug et le lourd véhicule se mit en marche. Le frère Nigg et moi, nous étions en route pour la colonie. Devant nous s’étendait un chemin de 70 jours. — A la garde de Dieu !
Un camp au désert.
26 décembre 1883.
Sous le dais séculaire d’un figuier sauvage, nous avions rangé nos deux wagons. Au pied du géant du désert, nos six zoulous avaient allumé leurs feux de bois. Sur le granit du rocher dans lequel le figuier avait forcé ses racines, nos noirs étendirent leurs peaux de bêtes et leurs couvertures. Les pieds rangés autour du feu et la tête soulevée sur leurs oreillers de bois, ils jasaient, jacottaient en surveillant le brouet de blé cafre et d’entrailles de mouton qui mitonnait sur la cendre chaude. Nos bœufs fatigués ruminaient et respiraient avec effort. Nos vaches et nos chèvres, attachées aux roues des chariots, se
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couchaient l’une après l’autre dans le sable refroidi et humaient avec délice l’air pur du soir. C’est le repos mérité après une rude journée.
Le vieux William Tainton qui a perdu ses trois frères au service de la reine, le bon frère Nigg ruiné par le climat du Zambèze et moi, bruni seulement aux ardeurs de ce soleil de plomb, nous contemplons en silence ce spectacle féerique, auquel le reflet de la lune et la lueur blafarde du feu de nos Cafres prête une lumière infiniment molle et un charme que nul pinceau ne saurait idéaliser.
Autour de neus, le scarabée géant A/euchus Sacer roulait sa motte en silence, ou frappait la pierre pour appeler du secours, ou bourdonnait en s’envolant.
Le chacal glapissait sur la piste de notre troupeau, et l’hyène lui répondait du fond des gorges profondes, en faisant retentir les échos lointains de sa voix rauque et sépulcrale.
À deux pas du feu des Cafres chauffait notre propre diner,
Le fumet en était royal ; car, nous avions ce soir-là : rôti de mouton et poulet tendre, soupe aux macomanis, râble de wildebeest, œufs de pintade aux tomates, sauce à la moelle de girafe. Le pain était frais. C’était du biscuit fait sous la cendre de mimosa. Un verre de vieux Constantia, longtemps sauvé, couronna la fête.
Le bon frère Nigg nous servit un délicieux moka au lait d2 chèvre et 1u miel de boulongwani, le vieux et
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