ESCALIER CHAMPLAIN, A QUEBEC
de nous, pour un vague amoncellement de nuages au ras de l'horizon.
lacs, la navigation du Saint-Laurent s'étend actuellement sur un parcours de 2,700 kilomètres, et constitue le plus grand débouché de l'Amérique du Nord.
On voit tout de suite l'importance considérable de cette voie de communica-
tion, pour l'exportation en Europe des produits du grand Ouest américain. En
Nous sommes ici en plein royaume de légendes et d'histoires fantastiques. Les habitants du bas Saint-Laurent n'auraient pour caractère distinctif de leur origine que leur penchant irrésistible vers le mystérieux, que cela suffirait encore, et au delà, pour faire reconnaître en eux, à première vue, des fils de la vieille Armorique. En effet, leurs ancêtres sont venus de la Bretagne, et plusieurs des sites canadiens, si mélancoliques qu'on ne peut les oublier, durent leur rappeler les landes sauvages et désolées, couvertes d’ajoncs et de genèêts, du pays natal, ces landes mêmes qui parlent à l'imagination des temps fabuleux de l'histoire, où les grands menhirs des druides montent la garde, tandis que, tout près, l’Atlantique laisse échapper les bruits majestueux des espaces infinis.
De la Pointe des Monts, qui marque l'embouchure du Saint- Laurent, jusqu’à Québec, la première ville importante du Canada, on compte environ 80 lieues. Peu à peu, à mesure que l’on remonte ie cours du fleuve, les traces d'habitation deviennent plus nombreuses sur les deux rives, elles-mêmes plus resserrées (4).
Bientôt, à gauche, c’est une localité d’un mouvement tout moderne, Rimouski, où les paquebots font escale pour y déposer les malles qui de là sont transportées rapidement à destination par le chemin de fer. Plus loin, à droite. c’est Tadoussac, ravissant village situé à l'entrée de la rivière Saguenay, et l’une des stations balnéaires les plus en renom dans le pays. De là, les bateaux à vapeur remontent le Saguenay jusqu'à Chicoutimi, autre jolie petite ville, toute bruissante d'activité, et qui est devenue depuis peu, de simple bourgade qu’elle était il y à à peine quelques années, le siège d’un évèché, d’un séminaire, et de plusieurs établissements industriels très prospères. À quelques heures en amont est le lac Saint-Jean, arrosant cette superbe vallée du même nom que l'incomparable fertilité de son sol à fait surnommer le « grenier du Canada ».
La rivière Saguenay partage, avec le Niagara, la gloire d’être l'une des curiosités les plus merveilleuses du monde entier. Cette célébrité, elle la doit au pittoresque et à la sauvagerie grandiose des paysages qui se déroulent sur ses bords. « Le Saguenay, dit un auteur canadien (2), est un gouffre, profond parfois de mille pieds, taillé en plein granit, au sein d'énormes entassements de montagnes, par un terrible cataclysme qui doit remonter à des milliers d'années... Il y a comme du délire dans cette création. Les montagnes paraissent avoir été jetées là au hasard, comme dans outre, il n’est peut-être pas inutile de fre observer ici que les steamers qui font le service des ports canadiens avec Liverpool parcourent la voie la plus courte entre l’ancien monde et le nouveau. Cette diminution de distance donne à Québec l'avantage d'une différence de 770 kilomètres sur New-York.
(1) Voir J.-T. Muimnean, The Dominion of Canada, collection Bædeker, 1894. (2) Arthur Bures, Le Saguenay et la vallée du luc Saint-Jean.
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une épouvantable mêlée, où les combattants sont restés debout, foudroyés sur place. »
Et cela, sur un parcours de 48 lieues, sans le moindre vestige de végétation, au milieu d’un silence de mort, à peine traversé, de temps à autre, par le cri strident et lugubre d’un oiseau de proie qui, bien haut, plane dans les airs. Par degrés, une sorte d’angoisse lourde et âpre vous étreint, et l’on se prend involontairement à soupirer après une éclaircie qui laisserait voir, à travers quelque déchirure de montagne, soit un pan de verdure, soit seulement un arbre ou un bouquet de fleurs des champs. Mais toujours
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