LE GRAND OCCIDENT CANADIEN
Le but de cette brochure étant de donner aux émigrants les meilleurs renseignements au sujet de la possibilité de s'établir avantagousement au Canada, je crois utile d'ajouter ici quelques extraits d’une brochure écrite par un partisan de la colonisation. ;
Ce sera, en attendant mieux, une réponse à certain valet de plu- * me, qui appelle les colonisateurs ‘d’aimables farceurs et des faiseurs de
dupes.” À Il y a treize ans, Sa Grandeur Mgr. Taché, dont le nom et les ‘4 œuvres sont impérissables, écrivait dans son Æsquisse du Nord-Ouest : &
“ La largeur de ce pays, de l'ouest à l’est, est, en chiffres ronds, à de 1200 milles anglais, et sa longueur, du sud au nord, est de 1508 | tmilles, donnant l'immense superficie de 1,800,000 milles carrés. Ki :
l'on compare cette immensité de terrain à l'exiguité de celui qu'occu- k pent quelques-unes des plus puissantes nations du monde, on est frappé *
du contraste, et l'on se demande tout naturellement si ces vastes solitudes doivent toujours rester dans l'état où la Providence les a tenues jusqu'à ce jour. [solé dans ces déserts sans bornes, on se prend souvent à écouter si le bruit et l'agitation du monde d'outre-mer, si l’agitation plus fébrile, si l'ambition plus hardie de la grande république à voisine, si la création de la puissance du Canada ne produiront pas ici ;. un écho puissant. Nos belles et grandes rivières, nos lacs immenses ne É- 4 porteront-ils jamais que le léger canot d’écorce du sauvage ou la barge à aux lourdes rames du commerçant de fourrures ? Les ressources agri-
coles de ce pays, ses richesses minérales, les trésors que renferment ses 4 forêts ou ses eaux sont-ils destinés à n'être jamais connus ni appréciés $ à leur just: valeur ?” 4
Lorsque le véaérable apôtre de la Rivière Rouge demandait ce qu'allait devenir un pays aussi vaste, aussi productif, l'avenir devait bientôt lui répondre. En effet, dès l'année suivante, le Canada décidait de s'annexer les territoires du Nord-Ouest dont nos hommes G'Etat avaient pu entrevoir les inépuisables ressources. Aujourd'hui, c'est-à-dire après dix années seulement, le grand Occident Canadien est connu partout; et le bruit de cette découverte d’un monde ignoré trop longtemps a eu de l'écho jusqu'au delà des mers.
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qui avait abandonné des possessions, dont elle ne connaissait pas la valeur, au contrôle ézoïste d'une compagnie de négociants, sait aujourd'hui les apprécier. Et un de ses premiers hommes d'Etat, l’illustre Disraéli, a prononcé à ce sujet un discours qui eut du retentissement.
Nos voisins, qui ne semblaient pas même soupçonner l'étendue des richesses que nous possédions là-bas, se sont émus des révélations de la publicité, Ils ont compris qu'ils étaient monacés de la concurrence, sur les marchés étrangers, d'un rival qui deviendra puissant, et nous voyons déjà les principaux centres du commerce: New-York, Chicago, Milwaukee, Saint-Paul, s'inquiéter à bon droit de la révolution économique qui se prépare.
On estime qu'il se trouve dans les ‘ solitudes sans bornes” dont parlait avec enthousiasme lord Beaconsfield, à peu près 200,000,00€ d’acres de terre arable. La culture d’une partie seulement de ce territoire nous permettrait donc de lutter vec les Etats-Unis pour le commerce des grains. Calculons, en effet, ce que rapporteraient, par exemple, 5,000,000 d'acres de blé, avec un rendement de 25 minots par acre, et cela nous donnera une idée de l'avenir de ce pays, au point de vue agricole.
Durant le cours de l'été dernier, plusieurs délégués des différents points du Royaume-Uni ont visité le Canada, et tous furent émerveillés des ressources immenses de son ‘ Far-West.”
M. de Lalonde, chargé par la Société Centrale d'agriculture de la Seine-[nférieure d'étudier les conditions agricoles du Canada, disait en présence d’une assemblée d'élite :
‘ J'avoue que, comme agriculteur, le Far-West a été un spectacle merveilleux pour moi. Quelle prodigieuse fertilité et quelle immense étendue !
Je ne vous parlerai ni de Winnipeg qui avait 900 habitants il y a 14 ans, et qui est maintenant une des villes les plus importantes du Nouveau-Monde, ni d'Emerson, la nouvelle ville frontière, «ui vit en un au ses terres centupler de valeur; mais dans le désert que j'ai parcouru et que le chemin de fer sillonnera demain, que de richesses agricoles enfouies vont s'offrir aux colons, que de villes vont s'élever comme par enchantement sur ces rivières, aux bords de ces lacs encore sans noms! Est-ce que mon imagination va trop loin ? Les Mennoni-
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tes sont là pour me répondre et pour me dire ce que peuvent l'association et le travail.
“ Venus de Russie, il y a cinq ans à peine, presque sans argent, ils ont maintenant de magnifiques récoltes, de gros villages reliés par
des ponts et des routes. Ils sont riches, tous! Leursterres ont plus
que décuplé de valeur. Et quand vous leur demandez comment ils se trouvent au Maritoba, ils vous répondent tous par cette phrase bica rare : Nous sommes contents de notre sort et du gouvernement.”