‹ Le Canada, ses institutions, ressources, produits, manufacturesChapitre 1 sur 28 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ce n'est que depuis quelques années que l'on a commencé à apprécier en Europe Timportance et les ressources du Canada. Jusqu'alors on avait accoutumé de ne voir dans ce pays qu'une siïnpîe colonie de la Grande-Bretagne, sans se rendre compte de ce qu'elle valait et surtout de ce qu'elle vaudrait. Les plus hardis allaient jusqu'à croire que l'Angleterre consentirait quelque jour à lui allonger sa chaîne, et à lui permettre généremement de contribuer au paiement des dépenses de la mère-patrîe en lui accordant une faible représentation au sein du Parlement anglais. Mais qui pensait qu'en 1855 ïe Canada serait assez grand, assez fort pour avoir déjà revendiqué et obtenu le contrôle plein et entier de ses affaires, se faire respecter de la métropole, et n'avoir guère pour le rattacher à elle d'autres liens que ceui que la volonté ou l'intérêt lui imposerait ?

Néanmoins, à l'henre qu'il est, on coiôprend partout en Angleterre que le seul moyen de coùsei*ver entre les deux pays Cette union qnî les intéresse à un si haut point, c'est de traiter la colonie non plu» ea enfant ou en pays conquis, mais avec ces égards que le Canada a droit d'exiger par sa position, ses ressources et l'importance qu'il a acquise avec le temps. Aussi lui laisse-t-on son entière liberté d'action, se contentant d'une espèce de suzeraineté,, qui lui vaut plus que la plus forte armée, et l'on se conserve ainsi en temps de paix un précieux débouché pour les manufactures anglaises et en temps de guerre avec le pays voisin une j)osition militaire très-avantageuse.

Telle est la position actuelle du Canada, telle l'apprécient les

hommes d'état de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. MaJa

comme les hommes d'état ne forment que le petit nombre, et comme

d'ailleurs l'Exposition Universelle de l'Industrie doit appeler à Paris

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ÎV INTRODUCTION. \

tout ce que le monde possède d'hommes éclairés et savants, il importe que le Canada qui a pris place parmi les nations libres soit bien connu et bien apprécié ; il importe qu'on sache ce qu'il a été, et qu'en voyant ce qu'il est, on comprenne par ses progrès qu'il entend vivre et mérite l'attention et l'étude des hommes sérieux.

C'est la tâche que s'est proposée l'auteur, en se rendant à l'appel de la Commission Executive du Canada pour l'Exposition de Paris. Il a essayé, comme le demandait la Commission, de faire connaître " d^une manière pratique et avec clarté et précision le Canada et ses ressources, sa formation géologique, sa configuration géographique, ses produits naturels, ses manufactures, son commerce, et ses institutions sociales, politiques et d^ éducation^ Il s'est appuyé sur les documents officiels, et, à leur défaut, a puisé aux meilleures sources pour présenter les faits avec exactitude et donner des statistiques véridiques. Son seul regret est de n'avoir pas eu un délai plus considérable que celui accordé par la Commission, pour mettre la dernière main à cet Essai et profiter des documents statistiques que le Gouvernement publie d'ordinaire en Janvier et Février.

NoTJE. — L'auteur croit deyoir ici témoigner sa reconnaissance à Messieurs A. C. Buchanan (Agent-en-Chcf du Département de l'Emigration), J. W. Dunscomb (Percepteur de la Douane ^e Québec), le Révérend M. Edmond Lange vin (Secrétaire de Sa Grâce l'Archevêque de Québec), Napoléon Oasault (député), le Dr. J. B. Meilleur (Surintendant de l'Instruction Publique dans le Bas-Canada), CoUins et Ford (du Département des Terres), pour l'empressement avec lequel lU lui ont fourni les documents qui pouvaient être à leur disposition.

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LE

CANADA

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