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CHEMINS DE FER

42troiQUE la constructîoii des ohemins de fer soit très-coûteuse» surtjont pour un pays compaxativement peu^ peuplé comme Test *^le Canada, cette Province n'a pas néanmoins hésité un instante s'imposer les plus gradids sacrifices pour posséder des voies ferrées qui la missent en état de lufcter avec les chemins de fer de l'Union Américaine, de la même maxûère qu'elle lutte avec les Etats-Unis pour leur arracher au moyen de la voie du St. Laurent le commerce de l'ouest qu'ils voudraient accaparer. La tâche était difficile et onéreuse, puisqu'il s'agissait de lutter avec un peuple dix à douze fois plus nombreux et possédant des ressources si considérables. Mais k patriotisme a fait que chacun s'est dissimulé l'inunensité de la tâche, et s'est mis à l'cBuvre pour produire les résultats magnifiques que nous voyons aujourd'hui

C'est de cette manière que nous avons obtenu le grand chemin de fer qui doit traverser la Province dans toute sa longueur, en nous donpant une communication non-intenrompue par voie ferrée d'une extrémité à l'autre du territoire canadien. Cette grande voie s'appelle <* Chemin de JFer du Grand Tronc;" die aura 1,112 nulles d^ longueur lorsqu'elle «era terminée. Il s'y trouve actuellement 292 mUies qui sont en activité, &ii comprenant cette portion du Chemin de Fer du St. Laurent et de l'Atlantique située entre Portland et la frontière canadienne. Il devra être livré cette année (185ô) 29ô nouveaux milles, de manière qu'au 1er de Janvier 1856 plus de la nK)itié du Chemin de Fer du Grand Tr<mo sera terminée et en pleine opération. Les contracteufs sont en outre tenus de compléter toute la ligne avant le 1er de Janvier 1860, et ils auraient très probablement accompli leur marché longtemps avant cette date, sans la crise monétaire qui est «i profondément ressentie en Canada, aux Etats-Unis et en Angleterre. Us ont esi même temps à construire le Pont Victoria sur le St. Laurent, vis-à-vis la Cité de Montréal. Ce pont est à lui seul un ouvrage gigantesque et qui coûtera au moins <£2,00Q»0O0. Il est néanmoins commencé» et ce que Ton en voit fait croire que ce

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sera, comme l'a dit M. Bayard Taylor, ** un ouvrage qui rivàliseni ayec les Pyramides d'Egypte."

Après le Chemin de Fer du Grand Tronc»noiisponYon8eiterle6rand . Chemin de Fer Occidental (Great Western Railway)f qui a 228 milles de long et est maintenant en activité. Il a fallu un grand nombre d'années pour construire ce chemin de fer, vu les difficultés financières que la compagnie a rencontrées ; mais aujourd'hui elles sont surmontées, et cette voie ferrée promet d'être une des plus lucratives de l'Amérique. Elle s'étend depuis Windsor jusqu'aux Chûtes de Niagara, où elle communique par le moyen d'un pont de suspension en fer avec plusieurs des principaux chemins de fer des Etats-Unis.

n y a de plus : l^ le Chemin de Fer d'Hamilt(m et Toronto, qui a 40 milles de long et que la Compagnie du Grand Chemin de Fer Occidental vient de prendre % bail ; il sera tout probablement livré à la circulation dans les six premiers mois de cette année ; 2*. le Chemin de Fer de l'Ontario, Simcoe et Hnron, dont 64 milles sont actuellement en activité, et les 32 autres le seront apparemment ce printemps.

Dans le Bas-Canada, le Chemin de Fer du Grand Tronc passant sur la rive sud et à une grande distance des établissements si nombreux et si florissants du nord, les citoyens de Québec se trouvent à peu près isolés et ne peuvent en hiv^ communiquer avec les chemins de fer du sud que par une navigation plus ou moins périlleuse au milieu des glaces du St. Laurent. Ils se sont donc décidés à entreprendre un chemin de fer sur la rive nord, et ce chemin» dans un parcours de 157 milles, desservira une population industrieuse d'au moins 250,000 habitants. Ce chemin est sous contrat, et la construction n'en est arrêtée momentanément que par la crise financière actuelle. H aura pour embranchements : 1*. un chemin de fer de 19 milles de longueur destiné à approvisionner de bois de chauffage la Cité de Québec ; 2*^. le Chemin de Fer de Bawdon, l'Industrie et Lanoraie qui a 23 milles de longueur et est en pleine activité. A Montréal, le Chemin de Fer de la Eive Nord se trouvera en communication avec le Chemin de Fer du Grand Tronc et avec ceux des Etats-Unis par le moyen d'une partie du Chemin du Grand Tronc, du Chemin de Fer du St. Laurent au Lac Champlain, et Ae ceux de Montréal à Lachine et de Montréal à New-York.

Ce dernier chemin de fer a une longueur de 32 milles jusqu'à la * frontière canadienne, celui de Montréal à Lachine a 9 miDes, et celui .du St. Laurent au lac Champlain en a 43.

Comme prolongement du Chemin de Fer de la Bive Nord, il y aie Chemin de Montréal àBytown dont 1» longueur sera de 120 milles« G%

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chemin traversera un pays à bois d'une grande valeur, et se trouvera à^Bytown au centre même de cet immense commerce de Jbois de TOutaouais qui est une des plus grandes sources de richesses de la Province. Il n'y a que 13 milles de ce chemin qui soient livrés àrla circulation, et pour le reste la compagnie aura probablement à compter avec la crise financière actuelle, comme le fait la Compagnie du Chemin de Fer de la Eive Nord. Néanmoins, il est très probable qu'avec l'aide du gouvernement les deux lignes pourraient se construire dès à présent, et faire communiquer directement l'Outaouais avec le grand port de mer du Canada, en attendant que la ligne se prolongeât de Bytown à la baie Géorgienne sur le lac Huron.

Cette dernière entreprise s'exécutera avant longtemps, par l'action conjointe de cinq compagnies de chemins de fer, auxquels le Parlement provincial doit accorder dans sa présente session ^une charte pour cet objet. Ce sera un chemin de 250 à 280 milles de longueur.'

Si du lac Huron nous retournons à Bytown ou Cité d'Outaouais, nous voyons un autre chemin de fer se diriger sur Prescott, situé sur le St. Laurent; c'est un embranchement tant du Grand Tronc que de la grande ligne du lac Huron à Québec. Ce chemin qui est terminé a une longueur de 50 milles.

Treize milles au-delà de Prescott se trouve Brockville, d'où se dirige sur l'Outaouais un chemin de fer qui, lorsqu'il sera terminé, aura 160 milles de longueur. Dans le mois de Septembre prochain, il doit être livré 30 milles de ce chemin à la circulation publique.

En remontant encore le fleuve, nous arrivons à Cobourg situé à 140 milles de Brockville. C'est là qu'aboutit le Chemin de Fer de Cobourg et Peterborough qui a 28 milles de longueur et doit être terminé en ce moment. *

Plus loin, sur le lac Ontario, se trouve Port Hope d'où le Chemin de Fer de Port Hope à Lindsay a son point de départ. Ce chemin est en construction ; il aura 36 milles de longueur.

Le Chemin de Fer de l'Ontario, Simcoe et Huron, dont nous avoiis déjà parlé, se trouve à l'ouest de celui de Port Hope. Plus loin encore on rencontre le Chemin de Fer de BufFalo, Brantford et Goderich. C'est par cette voie ferrée de 160 milles de longueur que l'Etat de New- York communiquera avec le lac Huron ; ce qui lui exemptera une navigation de plus de 400 milles. Quatre-vingts milles de ce chemin sont livrés à la circulation publique et 40 autres milles le seront le printemps prochain.

La petite Ville de Niagara a aussi son chemin de fer qui la met en communication avec Chippawa. Ce chemin a 17 milles de long, et est la propriété de Samuel Zimmerman, Ecuyeri citoyen américaiiii résidant au Canada, " r- t

m G9BMIN8 DB FBR.

Après cela, eomment la ville de London, qui progresse si rapidexaent et est si justement fière de sa prospérité, n'aurait-elle pas sa voie ferrée ? Il est vrai que sou ofaemin de fer n'est pas encore terminé» mais il le sera probablement ayant le printemps de 1856. Il aura 30 milles de longueur, et mettra London en communication avec Fort Stanley.

Nous pouvons donc dire qu'actuellement il y a en Canada 1034 millQS de cl^emins de fer livrés à la circulation, et il y en aura 1500 à la fin de cette année (1855) si les con^acteurs du Grand Trono complètent leurs 295 milles.

Nous ne prétendons pas ici avoir fait mention de tous les chemins en construction. Nous n'avons fait qu'indiquer les principaux, afin de donner une idée des entreprises gigantesques que le Canada vient o\i est en voie d'exécuter.

On évalue à «3611,000,000 sterling le montant des sommes dépensées sur les lignes de chemins de fer du Canada. Que sera-ce lorsque tous les chemins de fer en construction ou projetés seront terminés ? Que sera-ce si le Chemin de Fer Septentrional du Pacifique se construit 1

Le Parlement provincial a en effet reçu au mois de Décembre dernier une requête de citoyens très respectables et très influents du Canada et des Etats-Unis, demandant une charte pour construire sous ce nom un chemin de fer qui remonterait la vallée de l'Outaouais jusqu'au lac Hurpn, d'où il se prolongerait jusqu'au Sault Ste. 1/Lme pour de là se reudre à la côte du Pacifique. Le Gouvernement américain a fait faire une étude de la route la plus courte et la plus pr«^tioable pour cet objet, et il parait que c'est par l'Outaouaîs que la ligne devrait passer. Ce chemin (lorsqu'il sera construit) devra faire fine véritable révolution dans les routes suivies par les bâtiments maintenant destinés aux Indes, à la Chine, à l'Australie, etc. En attendant que nous voyions ce grand ouvrage s'exécuter, faisons quelques rapprochements entre le nombre de milles de nos chemins de fer et celui des voies ferrées des Etats-Unis.

Au 1er de Janvier 1854, les Etats-Unis avaient 17,317 milles de chemins de fer terminés, le reste de l'Amérique en possédait seulement 1273 milles, et l'Europe toute entière 16,055. La part des Provinces anglaises de l'Amérique du nord était de 823 milles.

A la même époque, la population des Etats-Unis était d'environ 26,000,000, celle du Canada de 2,000,0Q0 et celle du Nouveau-Bfuiiawick et de la Nouvelle-Ecosse de 500,000 habitants.

IjC nombre de milles de chemins de fer était donc alors par rapport piax hnkbitants :

GmBMIiiS I>B v^n. IM

ATtx Bjbftt^-TInis r...>..^ comme 1 est à J$01 hftbitaai».

Dans les Provinces Anglaises, ** l << 3037 <*

Les Stats-Unîs se trouvaient donc avoir alors proportîonnellemenl deux fois autant de milles de chemins de fer que le Canada. Mais il est juste de remarquer que c'est depuis 2 à 3 ans seulement que les entreprises de chemins de fer ont fait des progrès rapides en Oa« nada, et il est probable que, dans les 2 années qui se seront écoulées depuis le 1er de Janvier 1854, le Canada aura presque complété au^ tant de milles de chemins de fer qu'il en possédait alors.

Au reste« voici conunent se répartissent les milles de chemins de fer des Etats-Unis :

Nombre de millet de chemina de fer.

Maine . , , , , 417

New-Hampshire 512

Vermont - , , 422

Massaohussetts 1283

Bhode-Islaud 50

Oomiecticut , 669

New-York... - 2345

New-Jersey - . . 408

Pensylvanie 1464

Delaware .--. .,, 16

Maryland 597

Virginie ,,.,,..,,, ^ ,,. 673

Caroline du nord 249

Caroline du sud .,-.,,..-.,,,.., 575

Géorgie ..,. , , 884

Floride , .., 54

Alabama .-,.-..- ^ ..., ^ -..-.. 221

Mississipi .-....,,....,,.,... , 155

Louisiane .,,.,..,, ,,.,,,,, 117

Tennessee- - ;, , . , , 388

Kentucky .,.,,,,,,., 233

Ghio -,.,., , . , , , 2367

Miohigan 601

Indiana .-...,, • 1 127

nimois ,...,,,,,.,, , 1262

Missouri .-.--......- 50

Wisconsin 178

Texas et lowa- ,

Ce tableau fait voir que, si les Etats de rUnion Américaine, au 1er de Janvier 1854, avaient proportionnellement le Rouble de milles de

1^6 CHEMINS BB FBB.

chemins de fer des Provinces anglaises de l'Amérique du nord, il n'en est pas ainsi pour chaque Etat pris individuellement. Au contraire, à cette époque là il n'y avait. que sept Etats de l'Union qui eussent plus de milles de chemins de fer que c^s Provinces, et 20 autres en possédaient moins qu'elles ; et sur ces 20 Etats, il s'en trouvait certainement 17 au-dessus desquels le Canada doit être placé pour son nombre de milles de chemins de fer. Il est très probable que la proportion sera beaucoup plus favorable au Canada en 1860, alors que nos lignes principales seront terminées. \

Il existe en effet en Canada, comme nous l'avons déjà dit, une' détermination bien arrêtée d'avoir aussitôt que possible un réseau complet de chemins de fer, afin de lutter avantageusement avec les Etats- Unis, et cette détermination s!est montrée au grand jour par les sacrifices personnels que se sont imposés les habitants de cette Province. Les sacrifices individuels ne peuvent guère être évalués, mais ceux que les corps publics ont faits, au nom des populations de qui ils relèvent, sont suffisants pour donner une idée de ce que pourrait faire la Province s'il en était besoin. Voici donc quel était, au 1er de Janvier 1854, le montant des souscriptions ou contributions des municipalités du Haut-Canada en faveur des compagnies de chemins de fer :

Ville de Niagara ôei5,000

" Port Hope 50,000

« Cobourg 75,000

" Brantford 25,000

" Ste. Catherine 12,500

" Bytown 50,000

" Prescott 25,000

" Woodstock 100

Township de Hope. .^ 15,000

Brantford * 12,500

Bertie 10,000

" Canborough 2,000

^ " Wainfleet 5,000

Middleton 1,250

" Moulton et Sherbrooke 5,000

Stanley 2,500

Village de Chippawa 5,000

. " Paris 10,000

Comté de Grey 4,000

" Bruce et Huron 125,000

Lincolr. et Welland 12,000

Oxfofd 5,000

" Lambton 4,000

** Perth 22,000

CHBMINS BE FBB. 157

Et dans le Bas-Canada, les contributions des municipalités se montaient à la même époque aux sommes suivantes :

Cité de Montréal deiOO,000

Cité de Québec 100,000

Ville des Trois-Eivières 12,500

Village de L'Assomption 5,000

Comté de St. Maurice 50,000

Townships de Test 100,000

Mi^tnicipalités au-dessus de Montréal 65,000

Voilà donc à peu près un million de louis que les municipalités du Haut et du Bas'-Canada ont souscrits pour les chemins de fer. La Province, de son côté, a accordé sa garantie à deux ou trois lignes de chemins de fer, et en dernier lieu à la Compagnie du Chemin de Fer du Grand Tronc, qui est ainsi assuré de <£3,000 par mille.

Depuis que ce qui précède est écrit, nous avons reçu un tableau du nombre de milles de chemins de fer dans les différentes contrées du globe, au 1er de Janvier dernier. Le voici :

' MUles.

Sur tout le globe 40,344

Dans l'hémisphère oriental 17,020

" " occidental 23,324

Aux Etats-Unis 21,528

Dans la Grande-Bretagne 7,774

En Allemagne 5,340

En France 2,480

Dans les Provinces anglaises de l'Amérique du

nord 1,327

EnBelgique 532

En Eussie 422

A Cuba 359

En Italie 170

Aux Indes 100

En Suède 75

En Espagne 60

A Panama 60

Dans l'Amérique du sud 60

En Norvège ., 42

En Afrique 25.

Ce tableau place les Provinces anglaises de l'Amérique du nord immédiatement après la France, qui n'a pas le double de milles de chemins de fer que possèdent ces Provinces. D'un autre côté, il nous fait voir que, dans l'année 1854, l'augmentation de milles de

158 CHBBONS VK FBB.

ehemuiB dé fer anx Etats-Uiiifl a été d'un peu plus de S4 par 100, et en Gknada et dans les autres Proyinoes anglaisée de rAméiique du nord de 63 par 100.

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