DE L'IMPRIMERIE DU CANADIEN
No. 2, rue Buade, vis-à-vis du Bureau de Poste
Enregistré conformément à l'acte du parlement du Canada en l'année 1871, par l'auteur, au bureau du ministre de l'Agriculture.
Sa
Au printemps de 1871, l'auteur publiait la première partie de son Histoire du Canada sous V Union; mais avant de livrer à la publicité la suite de ce travail, il aimait à connaître l'opinion du public sur l'utilité et le mérite de son œuvre. Il est heureux de dire que la presse et les autorités politiques et littéraires en ont porté un jugement favorable; on en verra cidessous une preuve suffisante dans les bienveillantes paroles qui lui ont été adressées, à ce sujet, par une de nos gloires nationales. Ces encouragements, partis d'un homme si profondément versé dans l'histoire de son pays, et aussi hautement apprécié dans la politique que dans les lettres, ne lui ont pas permis d'hésiterà compléter sa tâche laborieuse; il l'a accomplie dans la mesure de ses forces, avec patriotisme, modération et impartialité.
L'auteur aurait pu faire une histoire plus attrayante en ne racontant que les événements les plus intéressants; mais pour cela, il lui eut fallu laisser de côté nombre de faits et de détails nécessaires à celui qui veut connaître l'histoire intime de son pays. Ua
pareil sacrifice eut compromis sans cloute les résultats utiles qu'un lecteur sérieux doit attendre d'un ouvrage do ce genre. Aussi s'est-il plus appliqué à instruire qu a plaire. Tout en s'attachant principalement à l'histoire politique, il n'a négligé aucun des sujets qui se rapportent au progrès matériel et intellectuel du pays. Dans le cadre restreint qu'il s'est imposé, toutes les questions de chemins de fer, de canaux, de commerce, d'industrie, de colonisation, de même que les événements religieux, l'instruction publique, la littéiature et les institutions ont leur place comme la législation et les -luttes politiques.
L'auteur ose espérer que la jeunesse canadienne, à laquelle il a dédié ses humbles travaux, pourra, sans recourir aux nombreux documents officiels, la plupart difficiles à se procurer, trouver tout ce qui est propre à l'intéresse!'. Nos grandes figures politiques— La Fontaine, Baldwin, Morin, Taché, etc., — lui offriront de beaux modèles à étudier et à imiter. Elle aura une idée à pou près complète du Canada contemporain ; elle se convaincra que, sous la constitution de 1840, le progrès en toutes choses, malgré les luttes de partis, a été imîmense ; que l'Union, malgré ses injustices, a préparé les Canadiens à un avenir plus brillant, à une émancipation plus complète qu'a inaugurée en I8b'7 Tuniori fédérale des provinces anglaises de l'Améi-ique du Nord.
Voici la lettre flaLteusc que M. Etienne Parent a fait riionneur d'adresser à l'auteur :
«Ottawa, 27 mars 1871.
« Cher monsieur,
«Veuillez accepter mes remerciements pour la première partie de votre ouvrage n Le Canada sous r Union. «
« Je vous dirai qu'après avoir lu ce travail, et même l'avoir relu eu plusieurs endroits, je n'hésite pas à souscrire à tout ce qu'en a écrit la presse périodique. Vous avez commencé, et bien commencé l'œuvre difficile de pionnier sur une époque mémorable de notre histoire. Vous avez pu laisser quelques souches sur le terrain défriché, mais il vous sera facile de les faire disparaître dans une deuxième édition, qui, je n'en doute pas, vous sera demandée sous peu de temps.
" Ne perdez donc pas courage, et donnez-nous au plus tôt la suite de votre travail dont, non seulement la jeunesse, mais aussi l'âge mûr tirera le plus grand avantage, l'une en appréciant, l'autre en se ressouvenant.
« Veuillez accepter, avec mes encouragements, l'assurance de ma considération distinguée.
« E. Parent. »
LE CANADA SOUS L'UiNION