TRAITÉE DE MONTREAL AVEC LES INDIENS DAT
qu'elle était, fut une espece de comédie. Le chef des Algonquins, brave et beau jeune homme, dont les victoires sur les Iroquois avait beaucoup contribué à le: décider à la paix, avait accommodé ses cheveux en tète de coq, avec un plumet rouge qui en formait la crête et descendait par derrière; il s'avança vers l'Ononthio ile gouverneur) et lui dit : « Mon père, je ne suis point homme de conseil; mais j'écoute toujours ta voix; tu as fait la paix et j'oublie tout le passé. » Un autre s'&tait coiflé avec la peau de la tête d'un jeune taureau, dont les cornes lui pendaient sur les oreilles ; c'était un homme de beaucoup d'esprit, très ami des Français : «Il parla très bien et d'une manière fort obligeante. » Un chef outagami s’était peint tout le visage en rouge et avait mis sur sa tête une vieille perruque poudrée et mal peignée, qui lui donnait un air affreux et ridicule à la fois. Comme il n'avait ni bonnet, ni chapeau, et qu’en s’approchant du gouverneur, il voulut le saluer à la française, il ôta sa perruque, ce qui amena un rire universel qui ne déconcerta pas la gravité de l'Indien, après quoi il remit sa perruque et fit son discours. Après que chacun eut parlé, on apporta le traité, qui fut signé par trente-huit chefs; puis le grand calumet de paix : chaque signataire y fuma à son tour. On chanta le Te Deum. On servit ensuite trois bœufs entiers bouuillis dans d'immenses chaudières ; le repas fut gai ; le soir il y eut illumination, feux de joie, décharge de canons. Le lendemain, le gouverneur distribua aux chefs les présents du roi, et on se sépara après s'être promis de se rendre réciproquement Îles prisonniers. Les Iroquois s’engagèrent à rester neutres en cas de guerre entre la France et l'Angleterre.
1 + . ‘ ‘ ‘ Un certain nombre de Français prisonniers des Iroquois ne pro-
Le traité de Montréal éleva une barrière importante pour la défense des possessions françaises, et permit au Canada de résister pendant soixante ans aux attaques multipliées de l'Angleterre.
Pendant que ces importantes négocialions avaient lieu, le chevalier d'Iberville commençait à établir notre colonie de la Louisiane, où il mourait en 1706. Pour relier les deux pays, M. de Callières donnait à la ville de Détroit, fondée en 1685, tous les développements nécessaires, et en faisait un poste avancé qui assurait nos communications avec le pays des Miamis et des Hlinois, nos alliés, et de là avec la Louisiane, par le Mississipi.
Au moment où le Canada venait de conclure la paix de Montréal, la guerre de la succession d'Espagne éclatait en Europe ; le Canada devait être l’un des théâtres de cette guerre générale, M. de Callières mourut en 1703, lorsque les hostilités allaient commencer, il fut remplacé par le marquis de Vaudreuil, déjà gouverneur de Montréal, très estimé dans la colonie et fort aimé des sauvages. Louis XIV, en le nommant gouverneur du Canada, voulut récompenser un des mousquetaires qui avaient le plus figuré à la fameuse surprise de Valenciennes.
Guerre de la succession d'Espagne. — Traité d'Utrecht.
Lorsque la gucrre éclata entre Louis XIV et l’Angle-
fitèrent pas de la liberté qu’on voulait leur rendre; adoptés dans les tribus, y vivant sans aucun frein, ils simèrent mieux rester avec les
sauvages.
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