‹ Le Canada sous la domination française [microforme]Chapitre 39 sur 122 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Commencement de la guerre avec les colonies anglaises.

Aussitôt après la signature de la paix, et avant que la commission chargée de régler les frontières des deux colonies füt assemblée, les colons anglais, surtout ceux de la Virginie, envahirent notre territoire, non seulcment dans les terres qu'ils réclamaient comme dépendances de l’Acadie, mais encore sur des terres appartenant incontestablement à la France.

Une compagnie d'actionnaires anglais et virginiens s'était formée en 1748 pour coloniser la vallée de l'Ohio, et en 1750 le parlement anglais lui avait concédé 600,000 acres de terrain, dans lesquels la compagnie avait aussitôt envoyé ses agents et établi des colons. La vallée de l'Ohio était cependant une possession bien française; la Belle-Rivière avait été découverte en 1670 et 1671 par Cavelier de la Salle. qui en avait pris solennellement possession au nom de Louis XIV. Mais les colons anglais voulaient être les seuls maîtres de l’Amérique, et étaient décidés à ne respecter ni les traités ni

les droits acquis. En même temps le gouvernement anglais réclamait, comme dépendances de l'Acadie, tout le pays entre l'Atlantique, le Saint-Laurent et le lac Ontario, et prétendait réduire le Canada aux pays situés au nord du Saint-Laurent et des lacs.

Les Français opposaient aux demandes des Anglais l'article 9 du traité d’'Aix-la-Chapelle, qui stipulait que toutes choses seraient remises sur le même pied qu'avant la guerre ; or, avant la guerre, les Anglais ne possédaient l'Acadie que jusqu'à l’isthme, et ils navaient point d'établissements dans la vallée de l'Ohio. On discuta pendant cinq ans; mais les débats de la commission des frontières ne produisirent d'autres résultats que trois volumes in-#° de mémoires; il devint impossible de s'entendre, parce que, les arguments francais étant sans réplique, on n'y répondait que par des objections de la plus insigne mauvaise foi.

Le comte de la (ralissonnière croyait que l'isthme de l'Acadie et les monts Alléghanis étaient les vraies frontières et les boulevards nécessaires de la Nouvelle- France, et qu'il fallait absolument, pour le salut de la colonie, empêcher les colons anglais de franchir leurs anciennes limites et de s'établir dans les vallées de l'Ohio et du Saint-Laurent. Décidé à maintenir les droits de la France sur les pays contestés, le gouverneur se prépara à repousser par la force toute tentative des Anglais. Il fit construire ou augmenter deux forts sur l’isthme de l'Acadie, le fort des Gaspareaux et le fort Beauséjour !, et s’eflorca d'attirer les Acadiens sur le territoire français, afin de donner à cette frontière une population capable de la défendre. 11 éleva sur le Saint-Laurent, entre Montréal et le fort Frontenac, le

1 De leur côté les Anglais y élevèrent le fort de Beaubassin.

fort de maint le fort Détroit une gr les con elle se Frontt Josepl de Chi entre cours milita assuré olais ( postes par le le for peu p Men porta détacl pour

ordre solen M.

mêm ques) Le assez relàc cette Duq

eme!

Acadie.

itet le X pays

nglais ipulait e pied lais ne Is n'al'Ohio.

s de la autres devint ments

e par

me de s fronivellet de la ‘leurs ées de ir les UVETtative forts et le 1S sur atière sur le ac, le

GUERRE AVEC LES COLONIES ANGLAISES o1 fort de la Présentation, pour s'assurer du fleuve et maintenir les [roquois ; on construisit sur le lac Ontario le fort de Toronto, pour relier le fort Frontenac et Détroit. Il exista, dès lors, de Québec au Mississipi, une grande ligne de postes militaires, qui assuraient les communications entre le Canada et la Louisiane; elle se composait de Québec, Montréal, la Présentation, Frontenac, Toronto, Détroit, fort des Miamis, fort Saint- Joseph, Chicago, fort Crèvecœur sur l'Illinois et fort de Chartres sur le Mississipi. En avant de cette ligne, entre le lac Ontario et le Mississipi, et en suivant le cours de l'Ohio, on éleva une aatre série de postes militaires, destinés à fortifier notre frontière, à nous assurer la possession de l'Obio et à empêcher les Anolais de s'établir au delà des Alléghanis. Gette ligne de postes avancés commençait à Niagara et se continuait par le fort Presqu'ile, le fort de la Riviére-aux-Bœufs, le fort Machault et le fort Duquesne, qu'on éleva un peu plus tard.

M. de la Gaiissonnière réorganisa la milice et la porta à 12,000 hommes. En même temps, il envoya un détachement de 300 hommes dans la vallée de l'Ohio pour en chasser les traitants et les colons anglais, avec ordre de reprendre possession du pays d’une manière solennelle.

M. de Ja Jonquière, marin distingué, avait succédé à M. de la Galissonnière en août 1752; il mourut la même année, et eut pour successeur le marquis Duquesne, capitaine de vaisseau.

Le marquis Duquesne trouva la colonie dans un assez grand désordre, dont la cause principale était le relâchement général de l’administration française à cette époque. On trouve, dans la correspondance de Duquesne avec le ministre de la marine, des détails

ET Se ce —

ten reie

NE

é e a Yo ® “Q° œ , % LC WF Vo Ne N7 IMAGE EVALUATION — TEST TARGET (MT-3) PÉE = 4 I I ° 1e 1 1= IlLS.

lee IL (LS

pes

- D AN | 2 CN MW D N° AN A, AN ZN D >. C À LÔ IRAN A ‘ $ Y % % NN # ee LC N'7 OA PS Ë o) hic ps | Pons mx € |

Corporation

a ne

ga

pa ' ps *É ù n Le æ 2:

ta 7

if { Æ a :

PR Re FRS *

de D me à us «>

st FT

Page 1