DESCRIPTION DE LA CHAINE DRAGUEUSE SCHMIDT
Le tourteau supérieur était pentagonal, le tourteau inférieur, octogonal.
Chacun des deux tourteaux avait ses angles garnis de coins en fonte blanche fixés par des clavettes.
Le tourteau inférieur était formé de deux fiasques en fonte entretoisées par des tubes et des boulons transversaux ; il était monté sur un arbre carré et fixé par des clavettes en bois qui gonflaient à Teau et qui étaient faciles à enlever en cas du remplacement de l'arbre; cet arbre tournait dans desferrures^ en fonte montées à l'extrémité des longerons de Télinde. Tous les assemblages étaient combinés de manière à rendre faciles le démontage, la réparation et le remontage.
Ce tourteau, avec ses grands rebords pour éviter le décapelage de la chaîne dragueuse s'est très bien comporté ; son grand diamètre rendait le piochage facile.
Indépendamment du clavetage des tourteaux, des colliers à vis de serrage servaient à les fixer et & les régler sur leur arbre.
Les maillons de mêmes formes que ceux des dragues du type n* 2 n^avaient qu'une longueur de 0*,40 d'axe en axe des boulons d'articulations ; les maillonsfemelles portaient une entaille où se logeait l'ergot du boulon, lequel était ainsi fixé, ce qui évitait l'usure des maillons femelles et des attaches des godets; les maillons mâles s'articulaient avec les boulons, et ils étaient muni? d'une bague en acier facile à changer après usure.
Les attaches des godets étaient disposées de manière à pouvoir s'adapter en un point quelconque de la chaîne dragueuse afin de permettre de faire varier le nombre des godets, de 12 à 14, suivant la nature du terrain.
Les maillons en bon fer forgé avaient les têtes renflées et les trous étaient garnis de bagues en acier. Les principales dimensions étaient les suivantes :
Longueur des maillons 0'*,40
Largeur — ,08
Épaisseur des maillons mâles ,03
— — femelles ,018
Diamètre des boulons ,038
Pour les rouleaux d'élinde on avait conservé les mêmes formes elles mêmes dimensions, mais on avait modifié leur mode de construction. Ainsi, pour éviter le travail d'ajustage des axes, les rouleaux étaient fondus sur leur axe, et pour que celui-ci eût une durée égale à celle du rouleau, il tournait dans des coussinets en bois montés sur des paliers en fonte.
L'élinde avait été aussi conservée avec ses dimensions et ses assemblages. Parmi les ferrures du bas, une oreille, venue de fonte, servait d'attache à la suspension du palonnier aux extrémités duquel se trouvaient deux poulies à gorge sur lesquelles s'enroulaient des chaînes qui étaient fixées aux longerons de l'élinde, une de leurs extrémités au sabot en fonte et l'autre à un collier ou frette. Ce nouveau type de palonnier permettait de travailler à toutes profondeurs en conservant les deux mêmes points de suspension de: l'élinde.
APPLICATION DE LA CHAINE SCHMIDT AUX DRAGUES DU TYPE N^ i
La transformation des dragues du type n* 1 fut la première application de la chaîne Schmidt. La nouvelle chaîne fut installée sur la drague n* 2 en juillet 1862, sur la drague n* 1, en mars 1863.
La machine conserva sa position primitive, et Ton installa de chaque côté, le plus près possible des murailles de la coque, des chaudières semblables à celles des dragues du type n" 4. La charpente en fer qui supportait Tappareii dragueur fut consolidée par des contreûches et un cadre en fer à cheval placé à la partie supérieure. L'élinde fut remplacée par une autre élinde également en bois, mais avec le nouveau type de suspension et de rouleaux.
La toile sans fin de transport des déblais fut remplacée par deux petits couloirs symétriques débordant la drague pour verser les produits des dragages dans des chalands, contenant des caisses à déblais élevées ensuite par une grue à vapeur spéciale, installée sur la berge.
A l'intérieur, la trémie possédait un papillon qui distribuait les matières, tantôt dans un couloir, tantôt dans l'autre, ce qui facilitait la manœuvre sans arrêter l'appareil dragueur. A l'extrémité de chaque couloir se trouvaient d'autres papillons manœuvres par un levier et dont l'objet était d'éviter la chute des déblais dans les chalands pendant la manœuvre à chaque remplissage de caisse.
Les dragues ainsi modifiées furent employées aux dragages des bassins de Port-Saïd. Les matières draguées étaient utilisées aux remblais du terre-plein de la ville. Les dragues pouvaient draguer jusqu'à 3",50 de profondeur afin d'augmenter le cube de la fouille et de diminuer ainsi les frais de transport de chalands de la drague à la grue.
On sait que les deux dragues n**l et 2 alors complètement usées, ont été retirées du service à la fin de 1863.