‹ Le canal de Suez (volume 2)Chapitre 116 sur 152 · DESCRIPTION SOMMAIRE DES GRUES · texte numérisé non relu

DESCRIPTION SOMMAIRE DES GRUES

Le principe de la grue Combe avait été, à rencontre de la grue du type Couvreux où le déplacement horizontal de la charge était obtenu par la rotation de la grue entière, de réduire au minimum le poids inutilement déplacé : le déplacement y était en effet limité à la charge même et à son support direct.

La charge était soutenue, directement soulevée et dirigée au moyen d'une bigue en bois qui, tout en conservant la facilité de tourner, était reliée à un fort bâti en charpente consolidé à sa partie supérieure par deux longs tirants en fer et sur lequel s'appuyait tout le système et se reportaient tous les efforts.

La bigue recevait son mouvement de rotation au moyen d'une chaîne sans fin à laquelle elle était attachée à peu près au milieu de sa longueur et qui tournait sur des galets disposés symétriquement sur le pourtour d'une couronne directrice semi-circulaire. Elle ne pouvait donc effectuer, au plus, qu'une demi-révolution. Elle était reliée à la charpente, savoir : à sa partie inférieure au moyen d'un axe tournant sur une crapaudine ; à sa partie supérieure, au moyen d'un deuxième axe placé sur le prolongement vertical du premier, tournant dans des paliers fixés sur le bâti et rattaché au sommet de la bigue par des boulons.

Sur le plancher du bâti étaient établies deux machines à vapeur alimentées par la même chaudière et destinées à imprimer à la charge, Tune son mouvement d'ascension, l'autre son mouvement de rotation.

La machine destinée à l'enlèvement des caisses était horizontale et de la force de 12 chevaux; elle actionnait un gros treuil en fonte à l'aide d'un mouvement d'engrenages à double harnais.

La machine donnant le mouvement de rotation était une petite machine actionneint par doubles engrenages le demi-cercle des galets de mouvement.

Les ferrures de la grue se composaient notamment : d'une part, d'un chapeau en tôle couronnant la tête de la bigue et portant une poulie et d'un second chapeau en tôle couronnant la charpente et portant également une poulie et son axe; d'autre part, d'un palonnier en fer avec ses crochets, chape et boulons, et du système de bascule pour les caisses.

L'effet utile des grues, telles que les spécifiait le modèle produit par le constructeur devait être d'élever un cube de terre de 2"*'",15 à 10 mètres de hauteur et de le transporter à une distance linéaire maximum de 15 mètres.

Dispositions spéciales de la grue sur chariot. — La grue sur chariot ne différait de la grue sur bateaux qu'en ce qu'elle était disposée pour fonctionner sur rails.

A cet effet, tout l'appareil était porté sur quatre galets en fonte reposant sur deux doubles files de rails. Ces galets étaient à double face de roulement avec boudin intermédiaire qui s'engageait entre les deux rails d'une double file ; la distance transversale entre les boudins de deux galets était de 4'",30, distance qui séparait les deux doubles files de rails ; la distance d'axe en axe entre les galets d'une même file était de 5'",60.

Les galets étaient adaptés sous les extrémités des quatre grandes longrines jumelles extrêmes soutenant les solives du plancher. Ces longrines devant supporter tout le poids de l'appareil étaient d'un plus fort équarrissage que

DU DÉBCT DES TRAVAUX

celles de la grue sur bateaux. En outre, deux fortes poutres transversales en chêne, placées aux extrémités des longrines et reliées avec elles et aux premières solives par des boulons, servaient à en maintenir Técartement et à rendre plus rigide la base de Tappareil.

Enfin, tout le système moteur (chaudière, machines, treuil, bâti de support.) était placé à 1 mètre plus loin vers l'arrière que dans la grue sur bateaux.

Grandes dragues de la Société des Forges et Chantiers de la Méditerranée et de la maison E. Gouin et G''

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