JETÉE OUEST
Longueur totale de la jetée 2. 500 mètres
composée de deux alignements droits :
L un de 2.200 mètres de longueur, partant de Fancienne balise 1, située à terre à une trentaine de mètres en arrière de la laisse de la mer (à Torigine des travaux), ayant une direction N.E.1/4N. et faisant ainsi avec la ligne de Tancien rivage, côté Ouest, un angle d'environ lOl"* (exactement 100* 59' 10');
L'autre alignement, de 300 mètres de longueur, partant de l'extrémité du précédent et ayant une direction N.E.
Dans Tangle formé par les deux alignements, ceux-ci sont raccordés par une courbe de 400 mètres de rayon et de 80 mètres environ de développement.
A mesure que la jetée s'était avancée en mer, à partir du kil. 1, il s'était constamment produit en avant de son extrémité un certain approfondissement, de telle sorte que l'ouvrage s'est trouvé effectivement établi dans des profondeurs un peu plus grandes, d'environ 50 centimètres, que celles des fonds primitifs. Finalement, la jetée, à son extrémité, avait atteint les fonds primitifs d'environ 8", 50, et il existait en avant et au pourtour de cette extrémité une profondeur de 9 mètres.
La jetée a été exécutée autant qu'il était possible conformément au profil indiqué au marché Dussaud frères, le dit profil comportant, ainsi qu'il a été mentionné précédemment, un couronnement horizontal de 5 mètres de largeur,émergeant de 2 mètres au-dessus du niveau moyen de la Méditerranée, avec des talus à 45°. Toutefois, sur la longueur de 65 mètres de l'îlot en fer englobé dans les enrochements, la largeur du couronnement se trouvait être, comme celle du tillac même de Tîlot, de 20™, 50, avec raccord en deçà et au delà avec les parties voisines de la jetée courante.
La jetée était d*ailleurs constituée dans sa longueur comme il est indiqué ci-dessous :
Première partie. — Ayant son origine à la balise 1 et aboutissant dans les fonds d'environ 3 mètres, construite entièrement en enrochements naturels dans le massif desquels se trouvaient englobés Tancien appontement en bois de 220 mètres de longueur et, à la suite, Mètres. Fappontement sur pilots en fer de i80 mètres 400
Deuxième partie. — Constituée par un noyau sous-marin en enrochements naturels arasé à 3 mètres, en moyenne, au-dessous du niveau de la mer, et établi (par suite d'un certain approfondissement des fonds naturels résultant des courants) dans des profondeurs croissantes de 4 à 6 mètres, le dit noyau sousmarin enveloppé par des blocs artiQciels complétant le profil de la jetée 445-
Troisième partie. — Établie dans des fonds moyens de 5",50 et construite entièrement en enrochements naturels avec revêtement du talus en blocs artificiels ; dans le massif de la jetée s'est trouvé englobé l'îlot en fer de 65 mètres de longueur qui avait été érigé à une distance de 920 mètres de la balise 1 155>
Quatrième et dernière partie. — Établie dans des fonds de 6 à 9 mètres et construite entièrement en blocs artificiels i . 500
Longueur totale de la jetée 2.500
jetée est
Longueur totale de .la jetée comptée à partir de Tancienne balise 2 1 .900 mètres
(La balise 2 était située sur une perpendiculaire à la direction du premier alignement de la jetée Ouest menée par la balise 1, h une distance de 1.400 mètres de cette balise. Elle se trouvait sur la terre ferme, à une centaine de mètres environ en arrière de la laisse de la mer au moment de la mise en train des travaux de la jetée.)
La jetée présente un alignement unique partant de la balise 2 et se dirigeant vers un point situé vis-à-vis de l'extrémité du premier alignement de la jetée Ouest, à une dislance de 500 mètres. Son extrémité se trouve à une distance de- 700 mètres de la jetée Ouest, à très peu près vis-à-vis du point hectomélrique 17,5 de cette jetée.
La jetée a très sensiblement une direction N.1/4E. (exactement N.12"E.).
A son extrémité, elle avait atteint les fonds naturels de 5",50 d'alors; mais au-delà on trouvait des fonds de ô'^jSO.
A peu, près sur toute sa longueur, la jetée n'a été établie qu'avec un relief moyen de 1 mètre au-dessus du niveau de la mer.
Enfin, sur les différentes parties de sa longueur, la jetée s'est trouvée constituée comme il est indiqué ci-dessous :
Première partie, — Ayant son origine à la balise 2 et s'étendant jusqu'aux fonds de 2™,50; construite entièrement en enroche- Mitres menlts naturels 270
Deuxième partie. — Établie dans des profondeurs croissanteâ de 2™,50 à environ 4™,50; construite en blocs artificiels, avec couronnements en enrochements naturels 230
Troisième partie. — Établie dans des fonds de 4™,50 à 5"^,80 ; construite entièrement en blocs artificiels i .400
Longueur totale de la jetée 1 . 900
EXÉCUTION DES TRAVAUX DE DRAGAGES ENTRE PORT-SAÏD ET LE SEUIL D*EL GUISR
ENTREPRISE W. AITON
MARCHÉ DU 13 JANVIER 186i RÉSILIÉ LE 6 DÉCEMBRE DE LA MÊME ANNÉE
Précédents
PREMIÈRES SOUMISSIONS POUR TRAVAUX DE DRAGAGES PRÉSENTÉES PAR DIVERS ENTREPRENEURS
Aussitôt après la résiliation du traité Hardon, en février 1863, des propositions de marchés à prix ferme pour Texécution de travaux de dragages ont été adressées à la Compagnie.
Dans les premiers jours d'avril de ladite année, M. Schmidt, ingénieur de matériel et des ateliers de la Compagnie, qui, par la nature de ses fonctions, avait été en situation de se rendre bien compte du parti à tirer du matériel de dragages que possédait alors sur place la Compagnie, présenta une soumission pour Texécution à la tâche, dans le délai de trois ans, de 10 millions de mètres cubes de dragages, au prix de 1 fr. 35 le mètre cube : les travaux faisant Tobjet de la soumission comprenaient les dragages à faire sur toute l'étendue du lac Menzaleh et des lacs Ballah jusqu'à une profondeur de 3 mètres au-dessous du niveau moyen de la Méditerranée ; la Compagnie devait remettre gratuitement au soumissionnaire tout le matériel de dragages dont elle disposait alors en Egypte, et qui consistait dans les 24 petites dragues provenant de la régie Hardon avec tout le matériel accessoire de grues, chalands et caisses à déblais.
Cette soumission, reproduite le mois de juin suivant après avoir subi, dans certaines de ses dispositions, des modifications qui, en toute hypothèse, avaient été jugées indispensables, fut finalement repousséc par la Compagnie par suite des considérations suivantes :
ENTREPRISE W. AITON 59
Dans le moment même où était produite la soumission en question, une importante maison de construction de Paris se montrait disposée à faire des propositions pour le dragage à 8 mètres d'une partie du canal, mais elle déclarait en même temps qu'il lui serait impossible de donner suite à son projet, si elle devait avoir à subir la gêne que ne manqueraient pas de se causer mutuellement deux entreprises, dont Tune creuserait à 3 mètres et l'autre à 8 mètres dans une même partie de canal. La maison de construction dont il est question ci-dessus n'était pas la seule qui manifestât rintention de concourir aux dragages du canal : un constructeur anglais se présentait également, annonçant son intention de faire des ouvertures à un de ses compatriotes, grand entrepreneur de dragages. M. Couvreux (qui, précédemment, du temps de la régie Hardon, avait déjà fait des propositions de marchés de tâche), avait aussi annoncé son intention de se mettre sur les rangs. Il était très probable que d'autres propositions viendraient encore. Dans ces conditions, la Compagnie n'avait pas cru devoir donner suite à la proposition Schmidt. Sa principale objection contre le marché proposé était que tous les marchés qu'elle pourrait être conduite à conclure, dans un avenir peut-être prochain, pour donner au canal toute sa profondeur, se trouveraient subordonnés à Texécution dudit marché. En outre, la présence simultanée ou du moins l'extrême voisinage sur les mêmes chantiers de deux personnels et de deux matériels accomplissant des travaux de même nature, et soumis à des directions différentes, amènerait presque inévitablement des conflits, bien des difficultés, bien des incertitudes sur la responsabilité propre à chacun. Enfin, il était à craindre, comme cela, du reste, avait été déjà annoncé, que la perspective de tels embarras n'éloignât les entrepreneurs sérieux et n'entravât d'une manière très regrettable la liberté d'action de la Compagnie.
Par les mêmes considérations, la Compagnie repoussa
60 DRAGAGES ENTRE PORT-SAÏD ET LE SEUIL d'el GUISR
également une autre soumission qui lui fut présentée le mois de juillet suivant par une association de plusieurs de ses chefs de section pour l'exécution, au même prix de 1 fr. 35 le mètre cube de la soumission précédente, des dragages, jusqu'à 3 mètres de profondeur, de toute la partie du canal maritime comprise entre Port-Saïd et Kantara.
MARCHÉ GOUVREUX DU i" OCTOBRE 1863 POUR LE CREUSEMENT DU CANAL