MARCHE DES TRAVAUX PENDANT LE SECOND SEMESTRE DE
Cube des déblais exécutés pendant le semestre. Cube renseigné à la fin de luin 1866
DIîiBLAIS
A BBC
DÉBLAIS
BOUS l'eau
Mètres cubes
Mètres cubes
Cubes totaux à la fin de Tannée 1866
Un troisième excavateur fut mis en activité au commencement de juillet, on s'occupait d'ailleurs activement du montage de deux autres excavateurs. Il ne fut pas jugé possible de monter le sixième de ces appareils parce qu'une partie notable de ses éléments devaient être absorbés comme rechanges pour les cinq en activité.
A la fin de juillet, la pose de la voie des excavateurs était terminée sur toute l'étendue du chantier de régie, de 60^,500 à 66*^,720. Le montage des excavateurs était également terminé, et ces appareils fonctionnaient régulièrement, travaillant jour et nuit au moyen de doubles équipes.
Pendant les deux mois d'août et de septembre, toute l'activité fut concentrée sur le chantier des excavateurs. On avait dragué d'abord à rtie profondeur d'environ 2™,40 afin de s'assurer une profondeur d'eau de 2 mètres. Mais comme, en définitive, les dragues de l'entreprise
i54 CREUSEMENT DU CANAL A LA TRAVERSÉE DU SEUIL d'eL GUISR
Borel Lavalley et C" appelées à se rendre dans la région sud du canal ne devaient avoir qu'un tirant d'eau maximum de l'^,20, on prit le parmi de relever les élindes des excavateurs de manière à ne draguer provisoirement qu'à une profondeur de 1™,80 et de pouvoir ainsi réaliser promptement une large rigole pour le passage du matériel des entrepreneurs. On se proposait, lorsqu'il serait possible de faire franchir la rigole par les dragues, de suspendre momentanément les dragages et de relever les élindes des excavateurs. On devait boucher en même temps les boghazs laissés momentanément ouverts dans les lacs Ballah pour soulager les berges ; le plan d'eau remonterait alors d'environ 30 centimètres et les dragues pourraient s'engager avec sécurité dans la rigole.
A la fin d'octobre, la rigole se trouvait avoir une largeur et une profondeur suffisantes pour permettre la circulation des plus grands appareils de l'entreprise Borel Lavalley et C*«. Malheureusement, le travail forcé que les excavateurs avaient dû exécuter, de jour et de nuit, pour arriver à ce résultat, avait grandement détérioré certaines parties de ces appareils, notamment les chaînes dragueuses; il fallut donc faire entrer les excavateurs, à tour de rôle, en réparation, ce qui entraîna naturellement une certaine diminution dans la production du chantier de dragages.
Maintenant que la largeur et la profondeur de la rigole étaient plus que suffisantes, les terrassements à sec, qui avaient été quelque peu ralentis pendant les derniers mois, avaient repris leur marche normale : le meilleur état des wagons, depuis les modifications qu'on y avait apportées, avait, enfin, fait sortir le chantier des conditions défavorables dans lesquelles il avait dû longtemps fonctionner.
Les deux chantiers de terrassements à sec et de déblais sous l'eau marchèrent donc désormais de front.
Dans les derniers jours de novembre, l'entreprise Borel Lavalley «t C*« put diriger de Port-Saïd sur Ismaïlia les premières dragues destinées aux chantiers du Sérapéum. Ces dragues traversèrent le Seuil sans rencontrer le moindre obstacle.
MARCHE DES TRAVAUX PENDANT LB d" SEMESTRE DE 1867
Cubes des déblais exécutés pendant le semestre. Cubes renseignés à la fin de 1866
Cubes totaux à la fin de juin 1867
DÉBLAIS
A SEC
Mètres eabes
DÉBLAIS
BOUS L BÀU
Mètres cubes
[Le cube total des déblais à faire à sec pour l'ouverture complète
CHANTIER DE RÉGIE d'eL FERDANE 155
de la tranchée au-dessus de la cote 18™,00 était évalué, d'après les profils, à 180.000 mètres cubes. Ce cube était donc complètement réalisé à la fin de juin 1867; mais le cube effectif exécuté était, en réalité, plus élevé, tout à la fois parce que, en beaucoup d'endroits, on était descendu au-dessous de la cote 18™, 00 et aussi en raison de quelques remaniements de terres qui avaient été indispensables pour l'établissement des voies et rampes de décharges. En ce qui est des déblais sous l'eau, on se rappelle qu'ils avaient été évalués à 180.000 mètres cubes; il restait donc encore à exécuter 6.474 mètres cubes pour atteindre ce {ïhifTre.]
Dès les premiers mois de l'année, les déblais à sec étaient fort avancés, et l'on avait commencé à dresser les talus définitifs de la tranchée. A partir de juin, tous les efforts furent reportés sur l'enlèvement des déblais déposés sur berge provenant des dragues et des excavateurs qui travaillaient à l'amélioration de la rigole. On achevait à moments perdus le dressement des talus définitifs de la tranchée.
L'utilité avait été reconnue, même après le passage des grandes dragues de l'entreprise Borel Lavalley et C»«, de continuer à élargir la rigole. Il eût été impossible en effet à l'entreprise, lorsqu'elle en viendrait, en conformité du marché spécial du 27 mars 1865, à l'exécution des dragages dans le Seuil, de faire circuler librement dans un chenal n'ayant que 7 mètres d.e largeur à la cote 15™, 50 les gabares à clapets chargées de porter les produits des dragages dans le lac Timsah. Suivant accord avec MM. Borel, Lavalley et G'«, le travail d'élargissement de la rigole fut continué par la régie.
A la fin de mars, les déblais sous l'eau pouvaient être considérés comme terminés dans l'étendue du chantier de régie au point de vue des engagements pris vis-à-vis de l'entreprise Borel Lavalley et G'*, la rigole ayant en moyenne une largeur de 25 mètres avec talus à 5 pour 1 du côté Asie et 2 pour 1 du côté Afrique. Afin d'améliorer encore la situation, on continua néanmoins les dragages avec des excavateurs; ceux-ci ne devaient cesser leur travail qu'à l'arrivée des dragues.
Au commencement de mai, les dragages furent repris avec une nouvelle activité au moyen des 5 excavateurs, tant dans l'étendue du chantier de régie que sur les 2 premiers kilomètres du lot Gouvreux dont la régie s'était chargée ; et cela par suite de circonstances déjà mentionnées à propos de l'entreprise Gouvreux et que nous rappellerons brièvement :
• Pour que la date du l®*" octobre 1869 Cixée par le 3® acte additionnel passé le 13 avril 1867 avec MM. Borel, Lavalley et G'% comme date de l'achèvement de la totalité des travaux du canal ne fût pas dépassée, il fallait que les entrepreneurs pussent faire passer leurs dragues dans le lac Timsah et installer leurs chantiers de dragages dans le Seuil pour le 20 mai.
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i56 CREUSEMENT DU CANAL A LA TRAVERSÉE DU SECIL d'eL GUISR
En ce qui était de la possibilité de faire entrer les dragues dans I» lac Timsah pour la date indiq\iée, elle ne paraissait pas douteuse. (La première drague n'est pourtant entrée dans le lac que le 20 juin. Le pertuis déversoir construit par MM. Borel, Lavalley et C** et destiné au remplissage du lac n'avait commencé à fonctionner que le 12 décembre précédent.)
Mais, en ce qui était de Tétat de la rigole, dont les dimensionsavaient été fixées par l'acte additionnel du 27 mars 1865, on n'était pas aussi sûr que la situation serait suffisamment satisfaisante pour éviter toutes réclamations de la part des entrepreneurs : la rigole, en efTet, dans toute l'étendue du Seuil, par suite de causes diverses précédemment énumérées, était loin d'avoir conservé les dimensionsob tenues par les premiers travaux d'élargissement et d'approfondissement ; les talus s'étaient allongés, réduisant ainsi la largeur au pla* fond, la profondeur d'eau avait diminué et des bancs s'étaient formés au milieu du lit. D'énergiques efforts devaient donc être faits, à la fois par M. Gouvreux et par la régie, pour arriver à obtenir le plus promptement possible une situation satisfaisante, c'est-à-dire pour arriver,, malgré les circonstances défavorables contre lesquelles on avait à lutter, à mettre et maintenir la rigole dans les conditions de largeur et de profondeur stipulées par le l*'^ acte additionnel et dont MM. Borel, Lavalley et G*« exigeaient la réalisation avant de faire pénétrer leurs dragues dans le lac Timsah. Tous les appareils mis en action fonctionnèrent de seize à dix-huit heures par jour.
Pour le curage et l'élargissement de la rigole par le chantier de régie, entre 60^,500 et 69^,00, il y avait en service pendant le mois de juin, indépendamment des 5 excavateurs, les 2 petites dragues du canal d'eau douce, appartenant au Gouvernement égyptien et mises par lui à la disposition de la régie, une ancienne petite drague de la Compagnie, prêtée également à la régie par l'entreprise Borel Lavalley et G'«, et 4 dragues à manivelles mues à bras d'hommes. L'entreprise avait également prêté à la régie 2 anciennes dragues petit modèle des Forges et Ghantiers; mais les réparations considérables que ces dragues avaient nécessitées et surtout le retard de leur arrivée sur le chantier n'avaient pas permis de les utiliser avant les derniers jours de juin; l'une d'elles, après quelques jours de marche, avait même dû. être arrêtée pour modifier la trémie qui laissait retomber les 2/3 de ses produits dans le puisard, de telle sorte que l'on n'obtenait quel™, 50 de profondeur à l'axe du papillonnage tout en draguant à 2™,50^
Les cinq excavateurs avaient bien fonctionné. La partie de rigole sur laquelle ils avaient été installés, de 63^,00 à 69^00, était à la fin de juin complètement achevée.
1. L'entreprise Borel Lavalley et C'% indépendamment des 3 dragues mentionnées, avait encore prêté à la régie une autre ancienne petite drague de
CHANTIER DE RÉGIE d'eL FERDANE
Les deux dragues du canal d'eau douce avaient également donné de bons résultats. L'une de ces dragues, dont la chaîne dragueuse, défectueuse, dut être complètement modifiée, travaillait à l'amélioration de la rigole, à El Ferdane. L'autre drague, ainsi qu'il sera expliqué plus loin, travaillait au chantier VI à curer la gare et à préparer l'entrée •dans le lac Timsah de la première grande drague de l'entreprise Borel Lavalley et C*® ; on dut, sitôt cette grande drague passée, interrompre son travail pour la mettre en réparation et y adapter un couloir de côté, celui qu'elle avait précédemment à l'arrière ne lui permettant pas d'être utilisé maintenant pour l'amélioration de la rigole.
En même temps que l'on travaillait à l'amélioration de la rigole, un -chantier de dragages en régie avait été installé dès les premiers mois de 1867 pour l'agrandissement de la gare d'eau existante à l'extrémité de la rigole, au point où celle-ci devait déboucher dans le lac Timsah •et d'où partait le canal de jonction conduisant à Ismaïlia. Les dragages se faisaient, comme il est dit plus haut, avec l'une des trois petites dragues à vapeur qui avaient été commandées pour le curage du canal d'eau douce. Le premier travail entrepris avait eu pour but d'adoucir Je tournant brusque que formait au Nord, la jonction des deux canaux; il était terminé à la fin de mars, et les plus grandes embarcations pouvaient désormais passer très facilement d'un canal dans l'autre. On procéda ensuite à l'approfondissement de la gare dans la partie Sud, vers la digue de séparation d'avec le lac, afin que les grandes dragues, qui devaient être remisées, toutes montées, dans la gare pour être prêtes à entrer dans le lac dès que l'on serait en mesure de rompre la xiigue, ne fussent pas exposées à s'échouer au moment de cette opération.
[On rappelle que la première grande drague est entrée dans le lac le 20 juin.]