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NOUVEAU TRACÉ DU CANAL DE COMMUNICATION D'APRÈS UNE ÉTUDE DE

Dans le courant de Tannée 1856, pendant que la Commission internationale — ainsi qu'il est expliqué plus loin — s'occupait de l'examen de l'avant-projet des ingénieurs du Vice-Roi et de l'étude des bases d'un projet définitif, M. Linant Bey dressa, d'après les données générales de son avant-projet, un projet détaillé du Canal d'eau douce (Rapport de MM. Conrad et Linant Bey, du 1 er janvier 1857).

Dans cette nouvelle étude, le tracé du canal jusqu'à Gawarni, à l'entrée de l'Ouady-Toumilat, était conservé.

Mais, à partir de Gawarni, deux tracés à suivre s'étaient présentés : l'un établi sur le côté Sud de l'Ouady (c'était le tracé de lavant- projet); l'autre sur le côté Nord.

Le premier tracé pouvait, par suite de la hauteur du terrain, passer dans le désert, en laissant au Nord les terres cultivées de l'Ouady ainsi que les dunes qui les bordent;

mais ce tracé avait à traverser des dunes considérables et un terrain peu propre à, l'agriculture; de plus, comme les dunes qui bordent partout la vallée du côté du Sud sont formées par les sables qu'apportent les vents du Sud, le Canal se trouverait promptement obstrué. D'autre part, si le tracé était établi au bas des dunes, dans les terres cultivées, en suivant le petit canal existant (vestiges de l'ancien canal de Ptolémée), il se trouverait passer par une cote trop basse, et il faudrait faire en remblai une grande partie du Canal, ce qui était toujours un inconvénient à éviter; si l'on se décidait à construire une écluse à Gawarni, pour, de ce point au lac Timsah, faire un autre bief plus bas que le précédent, on aurait l'inconvénient de ne plus pouvoir arroser, sans élever les eaux, toutes les terres qui se trouvent dans le haut de l'Ouady, depuis Gassassine jusqu'au lac Timsah ; en outre, on arriverait ainsi sur ce dernier point avec une cote ne donnant pour la rigole de Suez qu'une différence de niveau de6 œ ,23,et, par conséquent, une pente trop faible.

L'autre tracé, traversant l'Ouady à Gawarni et passant à Abascé pour aller longer les terres cultivées, au nord de la vallée, jusqu'au lac Timsah, avait l'avantage de tenir le canal dans des terrains plus élevés, formés d'argile, de sable et de gravier et très favorables ainsi au creusement du canal; d'être à l'abri des ensablements et partout en déblai; de pouvoir maintenir partout les eaux assez hautes pour permettre de ne faire qu'un seul bief de Bulbeïs au lac Timsah, ce qui donnait entre ce dernier pointet Suez une plus grande différence de niveau, et, par conséquent, une plus grande pente pour le canal de dérivation; enlin, ce tracé traversait les terrains qui, de Ras-el-Ouady jusqu'au lac Timsah, pouvaient être cultivés, les eaux du canal pouvant facilement les arroser, ce qui n'avait pas lieu avec l'autre tracé.

Tous ces avantages avaient conduit M. Linant Bey à adopter de préférence le tracé par le versant Nord de

AVANT-PROJET L1NAKT BEY ET MOtfGEL BEY (1855) 23

l'Ouady, et ce, d'accord avec M. Conrad, président de la Commission internationale, venu spécialement sur les lieux, sur l'invitation du Vice-Roi, pour coopérer h l'étude définitive du projet du Canal d'eau douce que devait exécuter directement le Gouvernement égyptien.

Les seuls inconvénients que présentait le nouveau tracé étaient les suivants :

1° On coupait l'Ouady ; mais c'était à remplacement même d'une digue, dite de l'Abascé, construite par Méhémet-Ali et séparant les terrains de l'Ouady de ceux du dehors ;

2° Les terrains de l'Ouady, d'une contenance d'environ 2.000 feddans, étaient arrosés, à la fois, par les eaux du canal longeant la partie Sud de la vallée sous les dunes, par les eaux d'écoulement de l'inondation du bassin en amont de la digue de l'Abascé et pénétrant dans l'Ouady par de petits déversoirs pratiqués dans cette digue, enfin par le canal de l'Ouady venant de Zagazig et passant au Nord de la vallée : ces eaux, à l'exception de celles du canal de l'Ouady qui servaient à arroser pendant l'étiage, n'arrivaient que pendant l'inondation. Il suffirait pour assurer le passage de ces eaux, indispensables aux arrosages des terrains de l'Ouady, et pour que le Canal d'eau douce ne fût pas tributaire, de pratiquer sous le canal deux syphons, ce qui était facile, puisque le canal serait entièrement en remblai.

Par la nouvelle combinaison adoptée, on n'avait, comme il est expliqué ci-dessus, du Nil au lac Timsah, que quatre biefs. Au lac Timsah, la chute était rachetée par trois écluses.

Chaque bief était limité par un sas écluse pour le passage des bateaux, avec un barrage comprenant toute la section du Canal dans le bief, et laissant le plus de débouché possible pour les hautes eaux.

Le plafond du Canal avait dans chaque bief, comme à Tavant-projet, une pente de 3 centimètres par kilomètre.

Le nouveau profil en long du Canal présentait, en résumé,

les dispositions générales indiquées dans le tableau cidessous.

(Les cotes qui figurent à ce tableau sont rapportées à un plan supérieur passant à 30 mètres au-dessus du couronnement du quai de Suez. D'après les documents de l'époque, la cote du niveau moyen de la Méditerranée, par rapport à ce plan, était 32 m ,05, ce qui correspondait à la cote 17,95 par rapport au plan de comparaison adopté plus tard, passant à 20 mètres au-dessous du quai de Suez.

Il y a lieu, d'ailleurs, de mentionner ici, au sujet de la cote du niveau moyen de la Méditerranée, par rapport au plan passant à 20 mètres au-dessous du quai de Suez, que le profil en long du Canal maritime, dressé en 1859, indiquait pour cette cote 17 n, ,68; qu'un nouveau nivellement général fait en !86i a donné la cole 18,20; enfin, qu'à la suite de nouveaux nivellements faits de 1871 à 1876, on a définitivement adopté la cote 18,30.)

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