‹ Le canal de Suez (volume 3)Chapitre 26 sur 141 · ET LU EMBOUCHURES · texte numérisé non relu

ET LU EMBOUCHURES

Branche de Rosette

Mètres

Branche de Damiette

Mètres

Altitudes du plan d'eau moyen du fleuve au-dessus du niveau

de la Méditerranée Mètres

A Khartoum 369,95

A Assouan.

En amont de la cataracte.

En aval —

A l'île de Rodah (16* pic de Meqvaa)

Pentes du fleuve, par kilomètre De Khartoum à Assouan.

D' Assouan au Caire

En eaux moyennes

Pendant l'inondation

Pente kilométrique

En suivant les méandres du fleuve.

(La déclivité longitudinale du bassin de cette partie du fleuve est de 0,100. Transversalement, les dépôts d'alluvions ayant été plus considérables sur les bords immédiats du fleuve que sur les points plus éloignés de la vallée, les terres s'inclinent de chaque côté du fleuve, à partir des rives, les parties les plus élevées, désignées sous le nom de Sahel, dominant les plus basses de 0-,50à l-,00.)

Du Barrage à la mer : Pentes variant de 0",081 à 0-,093.

Marche des crues du fleuve

C'est vers le 20 juin que se célèbre la fête du Nokta ou de La Goutte, qui marque le début de la crue, signalée au Caire par les eaux qui verdissent.

Le maximum a lieu vers le 20 septembre.

Le fleuve commence à décroître, ordinairement, dans la première semaine d'octobre.

Le débit total du fleuve, pendant les six mois de juillet à décembre, est environ cinq fois plus considérable que le débit pendant les six mois de janvier à juin.

Classification de la nature des crues

Les variations de la hauteur de l'eau dans le fleuve sont indiquées au Caire par le nilomètre ou Méqyas établi à la pointe Sud de l'île de Rodah en fac du Vieux-Caire.

Ce nilomètre, dont la construction remonte au î" siècle de l'Hégire, cou-

Delta rendrait bien difficile la construction des barrages sur les deux branches du fleuve ; les fluctuations du niveau du Nil et de la mer Rouge obligeraient à isoler le Canal, du fleuve et de la mer, par des écluses qui, outre qu'elles augmenteraient les frais de premier établissement, seraient une gêne permanente pour la navigation et assujettiraient le canal à des chômages ; il était très douteux que des dragages pussent maintenir d'une manière permanente, dans les deux

siste en une colonne de marbre blanc, élevée au centre d'un puits carré d'environ 4 mètres de largeur, et portant 16 divisions représentant des coudées ou pics, subdivisées chacune -en 6 palmes de 4 kirats (doigts). La hauteur moyenne des divisions de cet ancien Méqyas, mesurées par les ingénieurs de l'Expédition française, est deO m ,54i, variant entre 0",535 et 0",550. La base de la colonne correspondait, bien probablement, au Tond du lit du fleuve.

Depuis l'Occupation française, une forte pièce de bois, portant 26 divisions représentant également des coudées ou pics, a été accolée à la colonne de marbre du Méqyas. Les 16 premières divisions et les divisions 23 à 26 ont chacune une hauteur de m ,54; les 6 divisions intermédiaires n'ont qu'une hauteur moitié moindre, c'est-à-dire de 0"\27 seulement. C'est ce nouveau nilomètre qui indique les hauteurs des crues en pics ou coudées. Sa base ou son zéro est au même niveau que le zéro de la colonne de marbre.

Enfin, en 1866, on a adjoint à ce nilomètre une échelle métrique dont le zéro correspond au 6 e pic de l'échelle précédente, lequel correspondait probablement alors au fond du lit. Les indications de cette échelle métrique donnent donc la hauteur de l'eau dans le fleuve, tout au moins au-dessus du fond qui existait en 1866.

La nature des crues peut se classer comme suit, d'après les indications du nilomètre de Rodah :

Pics

I Mauvaises 17

Passables 18

Bonnes 22

Très bonnes 22 1/2

Inondations 24

La crue est dite soultani ou royale lorsqu'elle atteint son niveau moyen le plus favorable, soit 22 pics :

Hauteur des é liages : 5 pics 1/2 à 8 pics; très exceptionnellement,

10 pics en 1879.

Hauteur des crues : 19 pics à 25 pics ; très exceptionnellement,

crues moindres: 17 pics en 1877, 18 pics en 1888; crues plus fortes: 26 pics en 1874, . et en 1878.

Débits du fleuve

Les débits indiqués ci-dessus par la Commission internationale varient, suivant les années, d'une manière assez notable.

C'est ainsi qu'à l'étiage de 1878, survenu après la crue extraordinaire ment mauvaise de 1877, le débit quotidien observé n'a été que d'environ 25 millions de mètres cubes; et que, dans cette même année 1878, où la crue a dépassé légèrement le 26* pic, le débit s'est élevé a environ 860 millions de mètres cubes.

branches du Nil, sur toute leur largeur, une profondeur de 8 mètres ; le passage de Tune à Vautre écluse, à travers un fleuve qui, pendant les crues, avait une vitesse de 1 mètre par seconde, serait pour les grands navires une opération difficile, et entraînerait de fréquentes avaries; enfin le grand développement du Canal et les six écluses dont il serait coupé élèveraient outre mesure le prix du halage.

En résumé, concluait la Commission, le Canal de Suez à Alexandrie par la base du Delta ne satisferait que très incomplètement aux besoins de la navigation de transit, et il exigerait des dépenses énormes de premier établissement et d'entretien. En admettant qu'on pût réussir à l'achever, il ne pourrait pas se conserver parce qu'il porterait en lui- ' môme le germe de sa propre ruine, aussi bien que celle -d'une partie de la Basse-Egypte.

TRACÉ PROPOSÉ PAR LA COMMISSION (PLANCHES III, X ET Xi)

Après avoir démontré que les divers tracés indirects proposés présenteraient, aussi bien que tous autres tracés qu'on pourrait imaginer dans le même ordre d'idées, de telles difficultés au double point de vue de la traversée du Nil et du système hydraulique et agricole de l'Egypte, qu'on devait considérer de pareils projets comme impraticables, la Commission faisait remarquer que le tracé direct présentait atr contraire, avec une abréviation de parcours des deux tiers (147 kilomètres au lieu de 400 kilomètres) les plus grandes facilités d'exécution et la certitude d'une conservation facile.

Dans le projet de tracé direct de MM. Linant Bey et Mougel Bey, la direction générale du tracé se justifiait par la configuration naturelle des lieux ; on avait d'ailleurs, dans l'intérêt de la navigation, évité autant que possible les sinuosités et l'on n'avait admis que des courbes à grand rayon. La Commission proposait donc d'adopter ce tracé, avec une seule modification consistant à reporter l'embouchure du Canal dans

PROJET DE LÀ COMMISSION INTERNATIONALE (i85b) 49

la Méditerranée à 28 kilomètres et demi plus à l'Ouest, en un point de la côte où, d'après des sondages récents exécutés d'après ses instructions, on trouvait les profondeurs de 8 et de 10 mètres à 2.300 et 3.000 mètres de la plage, et où la côte étant notablement plus avancée au large que celle de la baie de Péluse, l'appareillage des navires se trouverait beaucoup plus facile par tous les vents du large. Cette modification avait bien pour résultat d'allonger le parcours du canal d'environ 7 kilomètres; mais cet inconvénient était racheté par les avantages de la nouvelle position du port d'embouchure et par l'économie, qui serait réalisée, de moitié environ dans l'ensemble des dépenses de cette partie spéciale des travaux.

Les détails du tracé définitivement adopté par la Commission étaient résumés dans le tableau ci-dessous :

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