INAUGURATION DU MONUMENT F£RD. DE LESSEPS A PORT-SAÏD
La proposition avait été approuvée à mains levées par l'Assemblée.
La statue de Ferdinand de Lesseps est l'œuvre de Féminent sculpteur Frémiet qui a arrêté également toutes les dispositions de Tensemble du monument.
La date choisie pour l'inauguration de la statue fut celle du 17 novembre 1899, jour anniversaire et premier trentenaire de l'inauguration de l'ouverture du Canal à la navigation.
Le Conseil d'administration a pris à sa charge toutes les dépenses que devaient entraîner les fêtes de l'inauguration du monument; et, tenant à donner le plus d'éclat possible à la grande manifestation qui se préparait, il a nolisé à la Compagnie des Messageries maritimes le magnifique paquebot Vlndus^h. bord duquel prirent place au nombre de 118 passagers les Administrateurs et leurs invités.
Nous empruntons au journal le Phare de Port-Saïd^ le récit de la cérémonie d'inauguration du monument.
Inauguration du Monument de Ferdinand de Lesseps
(extrait du Vhare de Port-Said Dir 18 novembre 1899)
Depuis deux jours le temps était menaçant et l'on pouvait redouter que le 17 novembre ne fut pas favorable pour la cérémonie d'inauguration de la statue érigée à Ferdinand de Lesseps par la Compagnie du Canal de Suez. La veille, une légère pluie avait dissipé le vent et, hier matin, un soleil radieux éclairait de ses rayons éblouissants la fête qui allait se célébrer à la mémoire de celui qui, par son génie, sa persévérance, son entrain et sa belle humeur qui le faisaient tant aimer dr tous ses collaborateurs grands et petits, a immortalisé son nom en créant l'œuvre la plus féconde du siècle et qui lui a valu avec la gloire immortelle attachée à son œuvre le surnom si justement mérité de- Grand Français.
Dès la veille, toute la ville était pavoisée, le boulevard du Port, la rue du Commerce, le quai Eugénie et les bîltiments de la Compagnie du Canal disparaissaient sous les drapeaux aux couleurs de toutes les nations et les décorations de feuillage.
Bien que la cérémonie ne dût commencer qu'à 9 heures du matin,
depuis 7 heures la jetée-promenade qui conduit au monument était déjà envahie par la foule des invités auxquels un service d'ordre dirigé par le kaimakan Schalch bey, commandant de la police, en facilitait l'entrée.
Les navires de guerre Cassardy français, le Rupert et le Nachville, anglais, r Atlante, italien, le Walkyrien, danois, avaient arboré leur grand pavois.
LIndus, des Messageries Maritimes, amarré en face de la statue de Lcsseps et sur lequel sont venus les invités de la Compagnie du Canal, avait, en dehors du grand pavois et à Toccasion du bal qui devait y être donné le soir, une décoration intérieure splendide.
Entre la jetée et Vlndm, la Compagnie du Canal avait fait placer un énorme ponton avec tribune installé sur chalands et recouvert par des lentes égyptiennes et pouvant contenir 4.000 personnes.
Tout était disposé de manière à ce qu'il n'y eut aucune confusion. Les places réservées pour les invités de marque comprenaient cinq rangées de sièges.
A huit heures, VIndus commence à tirer quelques coups de canon. Puis les musiques V Internationale et la Lyre font entendre alternativement les morceaux les plus entraînants de leur répertoire.
Vers neuf heures, la batterie égyptienne, instiillée sur la plage, tire une salve de 21 coups au moment où S. A. le Khédive quitte son yacht le Mahroiissa pour se diriger sur le ponton où il débarque à l'escalier d'honneur qui lui a été préparé et sur les marches duquel se tiennent des gardes de police.
Sur la jetée, à la droite de la statue, se tient la musique de la garde <|ui joue l'hymne khédivial sur le passage de l'embarcation du Souverain, qui est reru à l'escalier d'honneur par M. le prince d'Arenberg, Président et MM. les Administrateurs de la Compagnie du Canal, les .Ministres, le Gouverneur général du Canal, le Sous-Gouverneur de Port-Saïd, etc.
La fanfare des sapeurs-pompiers rangée sur le prolongement de la jetée à la gauche du monument, sous le commandement de leur capitaine, M. Simon, sonne aux champs et la musique Internationale entonne à son tour l'hymne khédivial.
S. A. le Khédive est conduit à la place qui lui a été réservée et s'entretient un instant avec la comtesse de Lesseps et quelques personnages présents.
A ce moment le coup d'œil est grandiose. Toutes les places sont occupées et chacun attend avec anxiété le commencement de la cérémonie.
Xous profitons de co calme pour nous rendre compte de la manière dont sont placés les invités et de l'efTet que produit la réunion de tant de personnalités venues pour assister à cette solennité qui nous remé-